@ CHRISTOPHE BRESCHI

Dans les titres improbables pour un article de Course au Large, c’est souvent la Mini Transat qui nous en gratifie. Et c’est tant mieux. La course au large c’est aussi de la passion et du plaisir. On n’est pas obligé de foncer à 46 nds tous les jours ou d’aller mettre un bonnet aux Kergelen comme François Gabart. Il y a d’autres plaisirs sur l’eau comme de croiser une baleine et de naviguer avec une boule à facettes. Julien Bozzolo a créer le concept. On dit souvent que la Mini Transat est un laboratoire d’innovation pour la course au large. Julien Bozzolo en apporte encore la preuve à sa manière.

Son arrivée a été remarquée avec un final de luxe : boule à facette et musique disco. L’accueil sur les pontons fut à la hauteur de son passage de ligne. Julien Bozzolo a honoré son pari qui était de ne pas finir dernier de la Mini-Transat La Boulangère à bord de son Super Calin. Les derniers bords qu’il a tiré en compagnie de son pote Thomas Béchaux ont finalement tourné à son avantage. Mais l’essentiel était ailleurs, dans la satisfaction d’être allé au bout de son rêve avec ses moyens… sans compter quelques rencontres impromptues qui ont pimenté le voyage.

Les mots de Julien Bozzolo à son arrivée au ponton :

« J’avais prévu de faire marcher la boule à facettes à chaque fois que je doublerais un concurrent, mais l’occasion ne s’est pas présentée souvent. Cette deuxième étape a été très difficile. Le premier soir, j’ai fait une manœuvre qui m’a ruiné ma course : bilan, une voile déchirée, le bout dehors endommagé et le moral dans les chaussettes. L’escale à Mindelo devenait nécessaire. Ça m’a permis aussi de reprendre le dessus avant d’embrayer sur ce qui pour moi était ma troisième étape, qui s’est avérée particulièrement réussie. J’ai passé d’excellent moments avec Thomas. On a fait une  transatlantique idéale, un peu ensemble au début, cinq à six jours de solitude, puis de nouveau quelques jours ensemble sur la fin.

Il y a un moment dont je garderai le souvenir : je me suis retrouvé juste à côté d’une baleine qui est sortie de l’eau à quelques mètres du bateau. Passé le premier moment de frayeur, je l’ai observée, j’ai même affalé mon spi pour rester à ses côtés. Elle est restée jouer un bon moment à passer sous le bateau, à pousser des petits cris. Je lui ai mis de la musique disco, elle a eu l’air d’apprécier et puis elle est repartie d’un coup, comme ça. C’était une pause un peu magique pendant cette traversée.»