Multi50. Mise à l’eau d’Arkema 4. Entretien avec Lalou Roucayrol et Quentin Vlamynck

Multi50 Arkema 4 Première navigation

Le nouveau Multi50 Arkema 4, dessiné par Romaric Neyhousser et en construction chez Lalou Multi a été mis à l’eau le 23 septembre dernier. rait être mis à l’eau fin août. Doté d’une carène puissante, il a été pensé pour être polyvalent, efficace en inshore comme en offshore. Entretien avec Lalou Roucayrol, patron du chantier, et Quentin Vlamynck, son skipper.

Course Au Large : Comment décrire le nouveau Multi50 Arkema 4 ?
Lalou Roucayrol : On a essayé d’avoir le bateau le plus polyvalent possible en travaillant beaucoup sur l’aérodynamisme, qui offre le plus gros gain de performance. On va plus loin que l’Ultime de Gitana avec l’ensemble du bateau caréné, comme entre le bras arrière et la poutre avant. L’ensemble des manœuvres passent sous le pont. On a descendu le cockpit pour être plus protégés, descendant du même coup le centre de gravité global du bateau. Le bras avant nous arrivera au-dessus des épaules. On aura des emplantures de bras plus fermes pour éviter la torsion des bras directs. On a travaillé les liaisons avec des caissons sur lesquels viennent s’implanter les carénages.
Quentin Vlamynck : On a cherché à avoir plus de protection, à travailler sur l’aéro et à aller plus vite sur le long terme tout en étant plus fluides sur les manœuvres en grands prix. On a rajouté une zone de cockpit pour être plus à l’aise et bien protégés. Le but est d’avoir une zone de travail sèche au large. Les bateaux vont de plus en plus vite et mouillent de plus en plus. Pour les grands prix, on aura une surface plus grande avec le roof qui est démontable et que l’on peut retirer en gardant un petit pare-brise. À l’arrière, le cockpit, positionné très bas, permet d’être tout de suite dans le bateau. L’intérieur est très compartimenté pour aller vers l’avant ou vers le moteur. Au final, on va avoir une zone de vie à l’arrière mais aussi dehors, par terre devant les winchs où on a de l’espace. Je pourrai y glisser un pouf pour y dormir un peu, comme j’ai pu le faire en Mini. Cela permet d’être plus près des winchs. On verra comment cela se passe.

Vous avez opté pour des bras en « X » ; c’est plus compliqué pour mettre du carénage…
Lalou : On a demandé des bras en « X » contre la volonté de l’architecte, Romaric Neyhousser. Nos bateaux sont des Orma, comme ceux d’il y a 15 ans. Un cockpit avec un plan de travail à l’arrière permet de gérer plus facilement les manœuvres dans les grands prix. On peut avoir 4 winchs à l’arrivée des drisses et les distribuer facilement. Avec ce cockpit simplifié, on gagnera rapidement en cohésion d’équipage.
Quentin : Cela nous donne une zone de travail derrière qui reste protégée et qui permet de tout regrouper. Certes, c’est plus compliqué en aéro, mais cela nous a permis de baisser le centre de gravité au max. Avec 5 personnes, c’est un poids de 500 kg. En grand prix, cela peut faire la différence, c’est pas mal. Sur l’offshore, on peut mieux matosser à l’arrière.

Vous avez innové sur la construction ?
Lalou : Le bateau a été réalisé en préimprégné. Tous les carénages ont été faits en hélium, la résine recyclée d’Arkema. C’est l’objet du partenariat de mettre en œuvre leurs produits. C’est une résine qui peut être complètement réutilisable en copeaux ou par pyrolyse. Ce sont des sujets qui me passionnent. J’ai toujours construit mes bateaux chez CDK, notamment avec Hubert Desjoyaux. C’est par ma connaissance des matériaux que je suis devenu skipper de bateaux de course. C’est ce que j’essaie de transmettre aux jeunes que nous formons aux composites. Cela leur apprend comment est fait le châssis de leur bateau. Ils peuvent par la suite mieux le comprendre.