« Montée en puissance » » laborieuse »

Charles Caudrelier - BOSTIK
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Ce lundi soir, Charles Caudrelier sur Bostik mène toujours la flotte des douze solitaires devant Eric Drouglazet (Crédit Maritime-Zerotwo) et Jeanne Grégoire (Banque Populaire). A la vacation radio de ce midi, on comprenait néanmoins qu’il fallait prendre avec des pincettes de précision les distances au but, pour l’instant non signifiantes alors que la flotte est relativement groupée. Après un peu plus de 24 heures de course, Cuba est encore loin, bien loin. Gildas Morvan, qui a glissé son Cercle Vert sur les talons du trio de tête, préfère s’en amuser : «on a du faire 70 milles depuis le départ et il n’y a pas si longtemps on voyait encore Belle-Ile». On l’aura compris, ce qui manque le plus aux concurrents depuis dimanche soir c’est le vent. Pétole molle sur la trajectoire. Et derrière les mots des skippers, on percevait le bruit significatif des voiles qui claquent en se demandant de quel côté porter… Yannick Bestaven (Aquarelle.com) en a même fait une pertinente démonstration en direct : «mon pilote bipe, il ne sait plus où est le vent, je suis en train de faire un 360 ! » Un seul instant d’inattention et Aquarelle.com ne savait plus où donner de l’étrave. Après avoir obtenu quelques secondes pour remettre le bateau dans le bon sens, Yannick a préféré en sourire : « c’est comme ça depuis hier soir et là Skandia en a profité pour me grappiller quelques mètres. Il faut que je me méfie de Samantha !». Un peu en retrait de la flotte sur Coutot Roehrig, David Raison confirmait : «les voiles dégoulinent d’humidité. J’ai bien du mal à faire porter le spi ». Du vent pour personne et l’Atlantique à traverser pour tous. Sur Atao Audio System, Dominic Vittet livrait des chiffres révélateurs : «la force du vent oscille entre zéro et quatre nœuds grand maximum». Trop peu pour tirer la quintessence des Figaros Bénéteau, dont les vitesses ont rarement dépassé 4,5 nœuds entre dimanche soir et ce lundi midi. Seul point positif ou presque de cette situation, «même en cas de boulette, le risque de voir les autres beaucoup s’éloigner est minime au regard des vitesses très faibles de chacun », explique Jeanne Grégoire qui a réussi à hisser son Banque Populaire au troisième rang de la flotte. Jeanne confiait pourtant avoir « beaucoup dormi », alors que d’autres comme Yannick Bestaven ont passé toute la nuit à régler, barrer, changer de voiles : « le résumé de la situation c’est voiles qui claquent, vent qui tourne, spis qui tombent et remontent et toute la garde robe du bateau qui y passe pour essayer de grappiller un peu dans l’Ouest. Bord à bord avec Skandia et le Total de Marc Emig, le boulot ne manque pas pour moi !».