Mise à l’eau de Sodebo Ultim 3 de Thomas Coville

Mise à l'eau de Sodebo Ultim 3 Thomas Coville Photo : Frédéric Morin / Sodebo

Après avoir été dévoilé le 2 mars, le trimaran Sodebo Ultim 3 a été mis à l’eau et mâté à Vannes devant le chantier Multiplast. L’occasion de se rendre compte réellement de la place du mât située sur sa plateforme avec la casquette devant. Une vraie innovation par rapport aux autres ultimes.
Le trimaran est parti rejoindre rapidement le port de la Trinité où l’équipe va effectuer des tests dès demain. Viendront ensuite les premières navigations suivies d’un programme de transats et de tours du monde à bord de ce trimaran au concept inédit.

Thomas Coville, skipper de Sodebo Ultim 3 : « La mise à l’eau est un moment fort et symbolique dans la vie d’un bateau. Jusqu’à maintenant c’était une idée, un concept, on va enfin introduire les éléments extérieurs, la vraie vie, le vent, l’eau, la nature, naviguer, voler. De la technique on passe au vivant. Avec ce bateau atypique, je suis assez enthousiaste et impatient de me voir réagir à d’autres sensations dont ma manière de barrer le bateau. La beauté du geste c’est d’avoir accepté de ne pas tout savoir.  »

« Au moment de la mise à l’eau, le bateau prend sa forme et sa dimension. Il passe de conceptuel à vivant. On vit cela dans l’entreprise quand les produits qu’on a imaginés pendant des mois sont mis en rayon » Patricia Brochard, Co-Présidente de Sodebo.

Lentement, les trois coques du trimaran géant Sodebo Ultim 3 ont émergé de leur hangar et beaucoup se sont dit: « Pourquoi n’a-t-on jamais fait ça avant ? Comment ce bolide peut-il être le premier du genre équipé d’un cockpit de manœuvre situé en avant du mât ? » Cette architecture inédite donne au trimaran de 32 mètres de long sur 23 mètres de large l’allure stupéfiante d’un vaisseau intergalactique. Mais l’objectif de l’entreprise était ailleurs. Pour inventer cet Ultim innovant, la stratégie du team Sodebo, emmené par Thomas Coville, a reposé sur un concept et une méthode.
Le concept – avancer le centre névralgique du bateau en avant du mât – est l’aboutissement d’un raisonnement qui, sur le papier du moins, paraît aussi logique que limpide.

La méthode répondait à l’impératif de garder le contrôle de la mise en œuvre du concept. Elle consistait à confier au team Sodebo le soin de piloter l’ensemble du processus de conception-construction en coordonnant les apports des meilleurs experts de chaque spécialité.

Ce qui se voit « comme le nez au milieu de la figure », c’est bien entendu l’emplacement de la nacelle de commande. Il est le fruit des cogitations du cabinet d’architecture navale bañulsdesign. Cette équipe a conduit un raisonnement apparemment simple : il faut partir de la voilure. Comment améliorer le rendement de ce « moteur » tout en optimisant son interaction avec les coques, le « châssis » ? Deux guides balisaient les tentatives de réponse : les notions de vitesse « active », celle qui dérive des actions directes de l’équipage sur les réglages, et de vitesse « passive », celle que doit maintenir le trimaran, en configuration solitaire, quand son pilote se repose. Cette dernière s’obtient essentiellement en diminuant tous les freins, en particulier aérodynamiques. On peut y parvenir en réduisant la hauteur du mât, mais on perd alors de la surface de voilure, donc de la puissance moteur. Descendre la grand-voile au ras du pont -ce qui impose d’avancer la nacelle de commande en avant du mât- permet en théorie d’entrer dans un extraordinaire cercle vertueux : centrage des poids, amélioration du rendement de la voilure par l’augmentation de la rigidité de la plateforme, amélioration de l’aérodynamique par effet de plaque et diminution de la traînée, abaissement du centre de gravité etc. D’une logique à priori imparable, cette formule a vite séduit Thomas et les dirigeants de Sodebo. Restait à la mettre en œuvre.

Mise à l’eau de Sodebo Ultim 3 Thomas Coville Photo : Frédéric Morin / Sodebo
Mise à l’eau de Sodebo Ultim 3 Thomas Coville Photo : Frédéric Morin / Sodebo

Ce qui ne se voit pas, ce sont les vingt mois de travail acharné du bureau d’études Sodebo, emmené par Yves Mignard, pour intégrer les productions d’un design team composé de neuf groupes de spécialistes du dessin des coques, des bras de liaison, des appendices, des voiles, des calculs de structures, des équipements mécaniques, hydrauliques, électroniques etc. Puis, au sein du chantier Multiplast à Vannes, pour diriger l’assemblage d’un puzzle aussi grand que quatre courts de tennis, dont les pièces viennent aussi bien de Bretagne que d’Italie.