La Mini Transat reste une institution dans le milieu de la course au large. L’idée vient des Anglais mais la France se l’est bien appropriée. Elle fêtera ses 40 ans cette année. Créée pour redonner aux marins une place prépondérante dans le résultat d’une course, la Mini Transat imaginée par un navigateur britannique Bob Salmon est née, il y a de ça 40 ans, au départ de Penzance. Vingt-sept marins participaient à cette première édition disputée dans une quasi clandestinité. Depuis, le nombre de candidats n’a cessé de grandir, la course a gagné en notoriété, mais l’esprit pionnier reste.

En 1976, le monde de la course au large est en ébullition. L’OSTAR, la fameuse course transatlantique en solitaire entre Plymouth et Newport a été à deux doigts d’être remportée par Alain Colas sur un quatre-mâts géants de 72 mètres, pourvu de nombre d’assistances électriques. En réaction, les Britanniques décident de limiter la taille maximum des bateaux à 60 pieds (18m28). C’est ce qui convainc quelques Français de lancer la Route du Rhum en 1978 qui continuera d’être sans limitation de taille.
Face à ces querelles, Bob Salmon propose quant à lui de revenir aux sources : un homme face à l’océan. Une évidence s’impose : plus le bateau sera petit, plus la part du marin sera importante. Il décide donc que seuls des bateaux de 6,50m de longueur maximum pourront participer à sa course. Le parcours sera simple : un convoyage obligatoire de Penzance aux Canaries, puis la course proprement dite sur la route des alizés jusqu’à Antigua. Un concept à la vitalité étonnante est né.

Quelques dates clés :

1977 – La première édition : c’est Daniel Gilard qui l’emporte à la barre de Petit Dauphin, un Serpentaire. Pour cette première édition, Bob Salmon, organisateur et coureur arrivera bien après les premiers aux Antilles qui procèderont à un auto-pointage sur la ligne d’arrivée. Par la suite, la première étape comptera pour le classement final.

1985 – Changement de main : après quatre éditions, Bo Salmon renonce à organiser l’épreuve. C’est un journaliste français tombé amoureux de cette course, Jean-Luc Garnier, qui va reprendre le flambeau de l’épreuve, remporté cette année-là par un certain Yves Parlier. Brest puis Concarneau seront les ports de départs des éditions 85 – 87 – 89.

1991 – La révolution technologique : cette année-là, aux côtés des amateurs qui se pressent au départ de Douarnenez, Michel Desjoyeaux déjà auréolé d’un palmarès conséquent en course au large se présente au départ à bord d’un prototype truffé d’innovations. Mât aile profilé, quille basculante, spi asymétrique monté sur un bout-dehors mobile seront vite adoptés par les Ministes avant de devenir la règle sur d’autres séries comme les IMOCA du Vendée Globe. C’est Damien Grimont qui remportera l’épreuve.

1993 – La course tronquée : lors de la traversée du golfe de Gascogne, une profonde dépression cueille la flotte et génère des vents particulièrement violents. La première étape sera annulée après la disparition de Pascal Leys, un des favoris de la course. Thierry Dubois remportera la deuxième étape et la course.

1999 – Victime de son succès : pour la première fois, la Mini Transat refuse du monde. Plusieurs concurrents sur liste d’attente ne pourront pas prendre le départ faute de place. Cette année-là, le mauvais temps provoque de nombreux abandons et incitera la Classe Mini à durcir ses critères de qualification.

2001 – Changement de cap : c’est une double révolution. Pour la première fois depuis qu’elle est française, la Mini Transat ne part pas d’un port breton mais de La Rochelle. C’est aussi une nouvelle destination qui est proposée aux concurrents, Salvador de Bahia au Brésil. Six éditions durant, la course suivra le même parcours.

2011 – Les « gros nez » changent la donne : architecte, constructeur et coureur, David Raison s’impose sur son Magnum, un prototype à l’allure radicalement différente. Avec son étrave ronde, il gagne en puissance et en vitesse sur les prototypes classiques. Une nouvelle révolution est née.

2013 – Retour aux origines : c’est Douarnenez qui devient l’organisateur pour deux éditions sur un parcours qui revisite les origines de la course, puisque de nouveau, ce sont les Antilles qui deviennent la destination finale.

2017 – Une histoire à écrire : rendez-vous le 1er octobre dans les pertuis pour le départ de la première étape entre La Rochelle et Las Palmas (Gran Canaria). 84 solitaires seront-là pour écrire une nouvelle page de la course.