Mini-Transat. Ambrogio Beccaria : « L’homme de la course »

AMBIANCE LE MARIN Photo: C. Breschi

Ambrogio Beccaria a confirmé qu’il était bien un marin talentueux en finissant 3e de cette Mini-Transat avec son bateau de série et premier dans sa catégorie après avoir gagné également la première étape. « L’homme de la course » pour François Jambou.
Les bonnes conditions météos ont certes favorisé son Pogo 3 une bonne partie de la course lui permettant d’accélérer sans mollir, il n’empêche qu’il a fait les bon choix et imposer son rythme tout du long. On se souvient qu’il y a 2 ans Tanguy Leglatin nous écrivait déjà dans Course Au Large qu’Ambrogio était très bon. Le jeune italien qui veut faire carrière dans la course au large s’annonce déjà comme le digne héritier de Giovanni Soldini. Chapeau.


A bord de Geomag,il a franchi la ligne d’arrivée de la deuxième étape de la Mini-Transat La Boulangère ce vendredi à 17h 31 min 48 secondes (heure de métropole) au Marin. Son temps de course est de 13 jours, 01 heure, 58 minutes et 48 secondes. Sa vitesse moyenne depuis Las Palmas de Gran Canaria est de 8,53 nœuds (sur l’orthodromie). Son temps de course cumulé sur les deux étapes est de 21 jours, 21 heures, 50 minutes et 55 secondes.

Non content d’avoir dominé la course de bout en bout en série, Ambrogio a aussi tenu tête aux tous meilleurs protos et terminé 3e au scratch. Déjà vainqueur de la première étape, le marin italien, qui participait à l’épreuve pour la deuxième fois consécutive, sort grand vainqueur de cette 22e édition (avant jury). Voici ses premières réactions.

« Je travaille pour ça depuis cinq ans »
« Je suis très ému. Je travaille pour ça depuis cinq ans. Ca y est, c’est fait ! Je ne réalise pas encore, c’est vraiment un rêve qui se réalise. J’ai été tout le temps en tête mais sur l’eau ça n’a pas été facile. »

« Un mix entre douleur et plaisir »
« La première semaine a été très intense. Je ne pensais pas qu’on pouvait pousser aussi loin ! Je me suis dit qu’on était vraiment un groupe de fous quand même, pour aimer se faire mal à ce point. En fait c’est un mix entre douleur et plaisir. Ça a été beaucoup de souffrance physique. On a été une semaine sous l’eau, on n’est pas des poissons, le corps humain n’est pas fait pour ça. Heureusement la suite de la course a été un peu plus calme, je ne sais pas comment j’aurais tenu sinon… J’ai pu penser à l’homme et pas seulement au bateau qui était un dictateur (rires). »

« Je me mettais la pression… »
« C’était plutôt bon signe d’avoir le statut de favori au départ. Mais la contrepartie, c’est que je me mettais aussi beaucoup la pression. Mais j’ai fait avec cette pression. Je venais pour gagner et j’aurais été déçu de ne pas y parvenir. C’est génial d’arriver ici au Marin. Je ne sais pas pourquoi mais c’est beaucoup plus beau qu’il y a deux ans (Ambrogio avait terminé 26e série en 2017, NDR), il y a sûrement quelque chose en plus (rires) ! »

« Je ne pensais pas qu’il serait possible de rivaliser avec les meilleurs protos »
« Nous sommes partis dans beaucoup de vent et de mer. Tout le monde s’est fait un peu peur à Las Palmas. Mon coach dit souvent qu’il faut être le premier à réduire la toile mais aussi le premier à envoyer. Alors j’ai attaqué fort et le bateau a été incroyable dans la brise, c’est un avion ! J’ai mis du rythme. Mon bateau est simple, je pense qu’ils se sont plus fait peur en proto. Je ne pensais pas qu’il serait possible de rivaliser avec les meilleurs protos. » ​​​​​​​

« En 20 secondes tu peux perdre la victoire »
« J’ai fait un gros départ à l’abattée où j’ai plié mon bout-dehors qui est toujours là par miracle ! J’ai eu peur. Je me suis dit que ça pouvait très vite mal tourner. En 20 secondes tu peux perdre la victoire. Même si je savais que j’avais beaucoup d’avance, je n’oubliais pas qu’en course au large tout peut arriver à n’importe quel moment et te faire repartir à zéro. »

« J’ai toujours ces petites inquiétudes quand je suis sur l’eau »
« Quand j’ai réalisé que j’allais gagner, j’ai complètement lâché prise. J’ai fait des bords à l’envers en approche de la ligne, du grand n’importe quoi. Au point que ce matin je me suis demandé si mes concurrents n’étaient pas revenus. C’est plus fort que moi, j’ai toujours ces petites inquiétudes quand je suis sur l’eau. »

« Je veux aller encore plus loin »
« Je suis tombé amoureux de ce sport et je veux aller encore plus loin. C’est sûr que cette victoire donne encore plus envie de vivre de nouvelles aventures, j’ai hâte ! »