Martin Fisher nous explique la jauge de l’AC75

21/11/17- The 36th America's Cup class boat concept of the AC75.

Comportant plus de 60 pages, ce texte de jauge est allé très loin dans le détail. Le but : éviter ce qu’il s’est passé pendant la dernière Coupe sur la jauge de l’AC50 où il y eu plus de 90 interprétations. « C’était une situation assez déstabilisante pour les design team et il y a eu beaucoup d’incertitude. Avec cette jauge très détaillée, cela donne plus de sécurité pour les design team qui savent précisément ce qu’ils peuvent ou ne pas faire.» précise Martin Fisher, coordinateur du Design Team chez Luna Rossa que nous avons interrogé pour nous expliquer les points clés.
Le concept d’AC75 tel qu’il a été conçu est d’en faire un monocoque volant capable d’aller aussi vite que les AC50, de voler à toutes les allures, de pousser l’innovation assez loin sur les voiles pour que cela serve dans l’industrie nautique et de redonner également toute sa place au navigants à bord.

Partie 1. Les termes a maîtriser
Partie 2. Les systèmes de foils
Partie 3. La Soft Wing, l
‘énergie à bord

Les termes à maîtriser
Avec ce nouveau concept de monocoque à foils, plusieurs nouveaux termes apparaissent : Pour les foils, la partie horizontale est appelée foil wing et la partie verticale ou courbée est appelée foil arm, la connexion entre la partie horizontale du foil et la coque. Cette partie est OneDesign, fabriquée dans le même chantier et livrée aux équipes. Le nom du chantier n’a pas été rendu public pour l’instant.  Chaque équipe peut construire un maximum de 6 foil arm ou bras, 6 foils wings, 20 flaps avec pour chacun une modification limitée à 20%. Pour le safran, il est limité à 4.
L’autre notion est celle du foil flap. Le volet qui se situe sur le foil, comme ceux que l’on peut retrouver sur des Moth.
Le FCS, est le Foil Cant système, qui est un système électrique et électronique qui permet de gérer le cant, l’incidence du foil vers l’ avant ou vers l’arrière. Il est OneDesign et livré aux équipes qui auront donc tous le même. Toute la partie Cant et la connexion avec le foil wing et la coque est strictement Onedesign, comme les câbles qui sont fournis. Rien n’est abouti sur le système pour l’instant mais les Néo-zed et les Italiens travaillent dessus depuis 3 mois.
Pour le mât, les plans sont fournis mais chaque équipe s’occupe de sa fabrication où elles veulent. Seule la coque doit être fabriquée dans le pays d’origine du challenger.

Hull IGS : Pour jauger le bateau, il faut fournir un dessin en 3D. Comme pour toute jauge, il y a des limitations sur la flottaison, la position du centre de volume, etc. Tout cela sera contrôlé à partir d’un dessin en 3D. IGS est un format standard de fichier de CAD. Le Hull IGS est le dessin extérieur de la coque. C’était déjà presque le cas pour les AC50, où il fallait présenter le fichier 3D du moule à partir duquel était faite la coque. La procédure sera donc d’envoyer son dessin 3D, puis les jaugeurs prendront quelques mesures pour valider la coque construite et compareront avec les données du fichier.

Matériaux
Comme pour la précédente édition, des limitations sont apportées quant à la raideur des fibres, la force de rupture. « Les chiffres que l’on a donnés correspondent aux matériaux que l’on utilise dans la Coupe. Il y a par exemple des fibres de carbone qui sont très raides mais qui cassent facilement. » Cela aurait pu être le problème des équipes de mesurer la fragilité de leurs matériaux mais « Si on laisse tout ouvert, tout le monde pousse les matériaux à leur limite. Avec ces chiffres, on veut éviter des morts. C’est de la sécurité. »

Méthode de construction
Dans la Coupe, on met des limitations sur l’utilisation des autoclaves. Ce sont des limitations. Idem pour les peintures et revêtement qui restent identique aux AC50.

Le poids du bateau
Il pèsera 7,4 t avec l’équipage de 11 équipiers plus un invité qui avec leur équipement devront peser au total entre 1,12 et 1,15t. Soit autant que chaque foil qui pèseront 1,175t. Le guest devra être dans une zone situé dans les 2 derniers mètres du bateau. « On veut que les régates soient proches. Le moment de redressement et le poids sont des éléments importants pour la puissance des bateaux. C’est pour cela que l’on a mis des limites strictes sur le poids et le range dans lequel évolue le centre de gravité. Sa position a une grande influence sur le moment de redressement en dynamique. Tout cela est fait pour que la performance des bateaux soit comparable. »