Mark Slats blessé, VDH dans le Pacifique

PPL Photo Agency - Copyright Free for Editorial use only Credit: Jean-Luc Van Den Heede/PPL/GGR *** 2018 Golden Globe Race: Onboard Jean-Luc Van Den Heede's French Rustler 36 yacht MATMUT during the 2018 Golden Globe solo non-stop round the world race.

Jean-Luc Van Den Heede est entré dans le Pacifique et continue de creuser l’écart avec ses concurrents qui ne sont plus que 7 en course dans la Golden Globe Raceet dispersés sur quelques 4800 milles de l’Océan Indien. 50 ans après, le week-end dernier, le Français de 73 ans a suivi le chemin du Suhaili, le bateau de Sir Robin Knox-Johnston en choisissant un raccourci par la route entre l’Île Stewart et la pointe Sud de la Nouvelle Zélande en naviguant de nuit entre les rochers à fleur d’eau de Foveaux.

On a appris que Mark Slats s’était blessé après que son bateau se soit couché par 2 fois. Il a été blessé par une boîte à outils qui a été projetée dans la cabine et est retombée sur lui, lui cassant probablement une côte. Le Hollandais courageux n’a pas porté attention plus que ça à sa blessure mais plutôt au changement soudain des conditions. Il a rapporté que les vents sont montés soudainement à 30-35 noeuds et qu’une houle de 3 mètres venant du Sud tapait avec violence sur le navire. La Direction de Course a pris la situation en main, et passera un nouvel appel de sécurité à Mark qui se rapproche de la porte de Hobart.

Abhilash Tomy, qui a subi une lourde opération du dos Jeudi dernier suite à son sauvetage dans les Mers du Sud, devrait se rétablir totalement. Le Capitaine Sharma lui a rendu visite à l’Hôpital Naval INHS Kalyani et a tweeté “Cette légende navale a maintenant un dos d’acier. Les médecins sont totalement conquis par son sens de l’humour”.
Tomy a répondu “Sir Platinum. Ma quote s’est juste envolée !”

Gregor McGuckin qui a démâté dans la même tempête a aussi fait l’actualité à son retour en Irlande aujourd’hui. Relatant son épreuve à bord d’Hanley Energy Endurance qui s’est couché 3 fois à intervalles rapprochés, il a admis : “Nous étions dans le pire endroit au plus mauvais moment” “La mer était énorme – des creux de 15 mètres et le plus gros problème était que je devais garder le bateau vent arrière sans empanner pour éviter de chavirer”.
Quand il a su par le PC Course des Sables d’Olonne qu’Abhilash Tomy était blessé à quelques 90 milles au Nord, il a fabriqué un gréement de fortune pour le rejoindre. “Je pensais que je pourrais être le premier sur place – mais je priais pour ne pas l’être !”

C’est difficile aussi de progresser dans les zones de calmes !
Depuis cette tempête, les conditions météo dans l’Indien sont plus clémentes, mais cela peut aussi être source d’ennuis comme l’a précisé Marks Slats aujourd’hui. “Les derniers 14-15 jours ont vraiment été les plus difficiles. Tout le monde pense que les tempêtes sont les plus dures mais les zones de calmes sont pires. C’est bien plus fatiguant. C’est plus de travail. Ça a commencé vers le 30 Septembre, le vent est tombé mais il y avait encore beaucoup de mer. Après 3 jours ça s’est calmé, mais quand vous naviguez sous spi, vous êtes occupé jour et nuit.
Juste avant, j’avais été à l’eau pour nettoyer la carène. J’ai été surpris de voir le nombre de bernicles accrochées à la coque sous l’eau. J’ai d’abord gratté le bateau avec un couteau, puis avec du papier émeri en finissant avec un tampon à récurer. Je suis sorti de l’eau transformé en glaçon et j’ai mis le spinnaker. J’ai navigué avec pendant 100 heures. Je n’ai donc pas dormi pendant 100 heures, juste des petites siestes de 15 minutes.
Je suis aussi devenu en quelque sorte un scientifique. Il y avait toutes sortes de méduses autour du bateau. Très spéciales. Dans les calmes, j’ai tout d’un coup vu une baleine tout près du bateau, vraiment super cool. Elle s’est juste approchée pour jeter un rapide coup d’oeil puis s’en est allée.
Maintenant j’ai un vent de NE. Naviguer au près, c’est vraiment ennuyeux. Le bateau ralentit et puis il accélère à nouveau. Dormir devient très compliqué parce que je suis réveillé par les vagues. Parfois c’est calme pendant 15 minutes puis vous avez des vagues à nouveau et le bateau qui part dans tous les sens.
Je peux vous le dire “rien n’est gratuit”. C’est ennuyeux. Par chance, je fais des progrès. Je ne vais pas si vite, mais je fais une moyenne de 5 noeuds. J’ai navigué pendant 5 jours au près serré. Hier le vent a tourné à 5 noeuds Est, presque pas de vent, puis au Nord, puis retour à l’Ouest. Pour la première fois en 15-16 jours, j’ai du bon vent maintenant. Je ne sais pas pour combien de temps. J’ai du vent de Sud maintenant, suis au près, navigue avec un vent établi, c’est super agréable.
Une dépression vient de passer. Beaucoup de pluie donc hier soir, j’ai été très occupé toute la nuit à remplir les jerrycans et les sceaux avec 70 litres d’eau. C’est bien de pouvoir boire juste un peu plus. J’ai même pris le luxe de me laver les dents à l’eau douce ce matin -quelque chose que je n’avais pas fait depuis l’Atlantique.
Je n’ai pas hâte d’être à la Porte de Hobart (dépôt de film). J’aurai préféré continuer à naviguer. Ca paraît peut être bizarre, mais je suis ici dans mon petit monde.Ca paraît bizarre mais c’est sensé de juste vouloir continuer. Mais comme je n’ai plus de carte de Hobart (perdue dans la tempête), ce sera certainement excitant !”

De l’eau, de l’eau partout
Uku Randmaa (One and All), l’Estonien en 3ème position a aussi recueilli une bonne dose d’eau de pluie hier, mais il est plutôt concentré sur le fait que DHL Starlight, le bateau de Susie Goodall se rapproche de lui. Uku est attendu au Point de dépose de pellicules, le BoatShed.com Hobart film drop, entre les 27-28th Octobre avec Goodall 2 jours après.
Susie, qui s’inquiétait du peu d’eau de pluie collectée ces dernières semaines, en a eu plus qu’elle n’aurait parié le week-end dernier, quand elle a laissé un hublot ouvert la nuit sur le pont. “J’ai eu plus d’eau dans le bateau que pendant toute la course et maintenant tout est mouillé” a-t-elle raconté à l’organisation de Course aujourd’hui.
Istvan Kopar, l’Américano-Hongrois, progresse bien lui aussi passant de la 5ème à la 6ème place, à 7 milles derrière le Finlandais Tapio Lehtinen, mais les petits problèmes continuent bien que pas trop graves. Avec une radio SSB en panne, il ne peut avoir ni les prévisions météo, ni les heures précises pour la navigation céleste. A la place, il se fie à une horloge mécanique. La semaine dernière tout paraissait lui tomber dessus dans son message : “UN AUTRE JOUR DANS LA GGR ALORS QUE MA FAMILLE ET MA MAISON ME MANQUENT TERRIBLEMENT ET JE ME POSE DES QUESTIONS SUR MA SANTÉ MENTALE”.

A l’arrière de la flotte, le Russe Igor Zaretskiy et l’Australien Mark Sinclair semblent faire une compétition pour voir lequel des deux derniers finira par faire durer cette aventure le plus longtemps possible.
A quelques 5000 milles derrière le leader Jean-Luc Van Den Heede, ils n’ont pas vraiment avancé et se retrouvent derrière le fantôme virtuel du Suhaili qui les aurait dépassés. Tous deux sont restés au Nord des 40èmes rugissants depuis leur passage du Cap de Bonne Espérance et commencent seulement à serrer les dents en se dirigeant Sud avec des vents d’Ouest contraires.

Les Awards
Are Wiig a reçu une médaille de marin de la Norwegian Sailing Association. Il a réussi à se remettre d’un retournement à 360 ° et d’un démâtage à 400 milles au sud du Cap de Bonne Espérance et à naviguer sur son voilier OE32 Olleanna sous gréement de fortune, plus de 400 milles nautiques jusqu’au Cap.
Le skipper irlandais Gregor McGuckin a été élu navigateur du mois par les lecteurs du magazine Afloat pour s’être sorti d’une telle situation et avoir porté secours à son compatriote Abhilash Tomy

Dernières positions à 16:00 UTC le 15.10.18
Skipper Distance restante VMG Ecart par rapport au leader
1 Jean- Luc VDH (FRA)
Rustler 36 Matmut 10930 6.6 knots 0
2 Mark Slats (NED)
Rustler 36 Ohpen Maverick 13704 6.7 knots 2774
3 Uku Randmaa (EST) Rustler 36 One and All 14346 5.1 knots 3416
4 Susie Goodall GBR) Rustler 36 DHL Starlight 14648 4.6 knots 3710
5 Tapio Lehtinen (FIN)
Gaia 36 Asteria 15030 6.0 knots 4100
6 Istvan Kopar (USA)Tradewind 35 Puffin 15037 7.0 knots 4107
7 Mark Sinclair (Aus)
Lello 34 Coconut 16955 3.6 knots 6025
8 Igor Zaretskiy (RUS)
Endurance 35 Esmeralda 17060 2.2 knots 6130
CHICHESTER CLASS
1. Loïc Lepage (FRA) Nicholson 32 Laaland