Loick Peyron : Terre…

Loick Peyron retires from the Transat Bakerly back to Le Pouliguen on Pen Duick II. Photo : Christophe Launay

Les mots de Loick font du bien. On connait tous son talent sportif mais moins son talent d’écrivain ou de dessinateur… A parcourir aussi sur sailing legends

Les bottes sont rangées, pas loin de la cheminée…noël arrive si vite. Pen Duick II est sagement amarré dans le port du Pouliguen. Mardi, nous le ramènerons dans les bras des ses fidèles serviteurs à l’ENVSN. Désolé, mais le coeur n’y était pas pour écrire quelque chose depuis notre demi tour au milieu de l’Atlantique.

Le cerveau en jachère, embrumé par une météo maussade, des vents contrariants et une mer chaotique, n’avait pas envie de s’épancher. Certes, j’avais moins de chemin à faire vers New York, mais j’ai senti que le bateau souffrait trop. Ce premier stigmate, discrète cicatrice sur le pont mais réelle blessure, était un signe. Alors faire demi tour s’imposait comme la plus sage et douloureuse décision. Mais cette frustration, marinée pendant ces 10 derniers jours dans une saumure humide, a disparu sous la chaleur de l’accueil des copains du Pouliguen.

J’ai cette chance de choisir mes souffrances, donc aucune raison de m’en plaindre. Et l’érosion des souvenirs ne laissant en mémoire que les bons, je commence déjà, en dérushant les images filmées, à avoir envie d’y retourner… c’est bon signe !

Histoire géniale à préparer et à tenter, je ne retiens que ces moments de partage avec mon fidèle Jean Bapt, avec l’équipe de l’ENVSN, Isabelle, David, Gwen, Lulu et les autres qui auraient bien voulu aussi visiter New York; avec l’association Eric Tabarly, Gérard, Jacqueline, et tous les amis du projet « Sailing Legends »…

Tellement heureux de lire aujourd’hui ces commentaires passionnés, générés par ce coup de projecteur sur Eric et ses bateaux légendaires.

Ces 25 jours passés à bord de Pen Duick II m’ont confirmé cet amour de la mer, des bateaux et des gens qui vont dessus, je ne sais pourquoi, mais je ne m’en lasse pas. Toutes ces choses que seuls les marins connaissent, ces moments difficiles sans témoin, les oreilles aux aguets et la truffe en l’air, appréciant ce temps qui glisse sous la coque et disparait dans le sillage, ce vent qui gonfle et cette mer qui enfle, toute cette énergie vitale que l’on veut retrouver au plus vite quand les vicissitudes terriennes, trop vite, imposent leur rythme.

Dans une semaine c’est Chicago, où je vais rejoindre avec un immense plaisir mes collègues d’Artemis Racing pour la prochaine étape des ACWS. Vitesse, quand tu nous tiens…

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