Podium with Swiss skipper Bernard Stamm, Eric Bellion (FRA), skipper Comme Un Seul Homme, and Jean Le Cam (FRA), skipper Finistere Mer Vent, during Finish arrival of Alan Roura (SUI), skipper La Fabrique, 12th of the sailing circumnavigation solo race Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on February 20th, 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee Globe Arrivée de Alan Roura (SUI), skipper La Fabrique, 12ème du Vendee Globe, aux Sables d'Olonne, France, le 20 Février 2017 - Photo Olivier Blanchet / DPPI / Vendee Globe

Le benjamin de la course âgé de 23 ans dont la barbe lui donnait des airs de vieux loup de mer a bouclé son 1er Vendée Globe. Un bel exploit pour celui qui bricolait encore sur son bateau la veille du départ. C’est le plus jeune participant de ce Vendée Globe et de toute l’histoire de la course a terminer son tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, à bord de son IMOCA de 2000, La Fabrique. Le jeune Suisse de 23 ans a coupé la ligne lundi 20 février à 9h 12min 32sec, bouclant ainsi la boucle en 105 jours, 20 heures, 10 minutes et 32 secondes à la vitesse moyenne de 9,6 noeuds. Soit une moyenne de 11,16 noeuds sur la distance réelle parcourue (28 359 milles). Il termine 31 jours, 6 heures, 34 minutes et 46 secondes après le premier, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII).

Après une enfance bercée au clapotis du Léman puis une adolescence traversée sur l’Atlantique et le Pacifique, Alan s’est très tôt lancé le défi d’accomplir ses rêves de course au large. À 13 ans, il choisit d’arrêter sa scolarité pour poursuivre son apprentissage à l’école de la vie et s’acheter son premier bateau. À 20 ans, il participe à sa première course en solitaire, la Mini Transat 2013 (traversée de l’Atlantique en solitaire, à bord d’un voilier de 6.50m). L’année suivante, il récidive au chapitre du solo sur le parcours légendaire de la Route du Rhum. En 2015, il part en double sur la Transat Jacques Vabre. Trois chemins riches d’enseignements qui le mèneront au départ du 8ème Vendée Globe, où la valeur n’a jamais attendu le nombre d’années. Alan Roura, qui fête son prochain anniversaire le 26 février, est le plus jeune participant dans l’histoire du Vendée Globe. Son bateau, Superbigou a été imaginé et construit par son compatriote Bernard Stamm en 1997, lequel a signé deux victoires dans le tour du monde en solitaire avec escales.

Le départ
Après les fortes émotions du départ, Alan Roura est entré dans la compétition au sein de l’arrière-garde de la flotte. Lors de la descente de l’Atlantique, malgré les moments stressants à cause des nombreux cargos, le marin suisse a choisi une option payante à l’ouest des Canaries. Cavalant au portant à une moyenne de 16 nœuds, il s’offre le plaisir de doubler Rich Wilson ( Great American IV), Kojiro Shiraishi ( Spirit of Yukoh ) et Romain Attanasio (Famille Mary – Étamine du Lys) lors du passage du cap Vert. Au passage du Pot au noir La Fabrique subit une avarie de l’antenne Fleet et, durant plusieurs jours, il ne dispose alors plus de tous les fichiers météo. Il doit se rapprocher des côtes brésiliennes, afin de télécharger les indispensables logiciels nécessaires à la réparation du système. Un détour qui lui vaudra une importante perte de terrain sur ses concurrents.

Découverte du grand Sud
Alan Roura découvre les conditions musclées des mers du sud, avec des vents atteignant les 50 nœuds et une houle imposante, lorsqu’il doit faire face à un problème concernant la fixation de son safran tribord. Après une nouvelle séance de réparation, le jeune homme accélère pour revenir dans le peloton. Le 20 décembre, le skipper de La Fabrique en termine avec l’océan Indien et lorsqu’il franchit la longitude du cap Leeuwin à Noël, il entre dans le Pacifique en douzième position. Alors qu’il navigue dans un petit groupe de cinq bateaux, le 2 janvier le marin informe son équipe qu’il a heurté un OFNI et que son safran tribord est cassé. L’incident a provoqué une voie d’eau à l’arrière du bateau qu’il faut colmater avant de changer le safran. Arnaud Boissières (La Mie Câline) et Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) s’échappent devant le jeune suisse ralenti par son avarie. Le marin ayant également perdu son rasoir dans la bagarre, on le découvre sur les images avec une barbe qui s’allonge au fil des milles ! Alan double le cap Horn le 16 janvier, après 71 jours de course.

Les dernières épreuves
Après une enfance bercée au clapotis du Léman puis une adolescence traversée sur l’Atlantique et le Pacifique, Alan s’est très tôt lancé le défi d’accomplir ses rêves de course au large. À 13 ans, il choisit d’arrêter sa scolarité pour poursuivre son apprentissage à l’école de la vie et s’acheter son premier bateau. À 20 ans, il participe à sa première course en solitaire, la Mini Transat 2013 (traversée de l’Atlantique en solitaire, à bord d’un voilier de 6.50m). L’année suivante, il récidive au chapitre du solo sur le parcours légendaire de la Route du Rhum. En 2015, il part en double sur la Transat Jacques Vabre. Trois chemins riches d’enseignements qui le mèneront au départ du 8ème Vendée Globe, où la valeur n’a jamais attendu le nombre d’années. Alan Roura, qui fête son prochain anniversaire le 26 février, est le plus jeune participant dans l’histoire du Vendée Globe. Son bateau, Superbigou a été imaginé et construit par son compatriote Bernard Stamm en 1997, lequel a signé deux victoires dans le tour du monde en solitaire avec escales.
Après les fortes émotions du départ, Alan Roura est entré dans la compétition au sein de l’arrière-garde de la flotte. Lors de la descente de l’Atlantique, malgré les moments stressants à cause des nombreux cargos, le marin suisse a choisi une option payante à l’ouest des Canaries. Cavalant au portant à une moyenne de 16 nœuds, il s’offre le plaisir de doubler Rich Wilson ( Great American IV), Kojiro Shiraishi ( Spirit of Yukoh ) et Romain Attanasio (Famille Mary – Étamine du Lys) lors du passage du cap Vert. Au passage du Pot au noir La Fabrique subit une avarie de l’antenne Fleet et, durant plusieurs jours, il ne dispose alors plus de tous les fichiers météo. Il doit se rapprocher des côtes brésiliennes, afin de télécharger les indispensables logiciels nécessaires à la réparation du système. Un détour qui lui vaudra une importante perte de terrain sur ses concurrents.

Découverte du grand Sud
Alan Roura découvre les conditions musclées des mers du sud, avec des vents atteignant les 50 nœuds et une houle imposante, lorsqu’il doit faire face à un problème concernant la fixation de son safran tribord. Après une nouvelle séance de réparation, le jeune homme accélère pour revenir dans le peloton. Le 20 décembre, le skipper de La Fabrique en termine avec l’océan Indien et lorsqu’il franchit la longitude du cap Leeuwin à Noël, il entre dans le Pacifique en douzième position. Alors qu’il navigue dans un petit groupe de cinq bateaux, le 2 janvier le marin informe son équipe qu’il a heurté un OFNI et que son safran tribord est cassé. L’incident a provoqué une voie d’eau à l’arrière du bateau qu’il faut colmater avant de changer le safran. Arnaud Boissières (La Mie Câline) et Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) s’échappent devant le jeune suisse ralenti par son avarie. Le marin ayant également perdu son rasoir dans la bagarre, on le découvre sur les images avec une barbe qui s’allonge au fil des milles ! Alan double le cap Horn le 16 janvier, après 71 jours de course.

Les dernières épreuves
Le 29 janvier lors d’une manœuvre sur La Fabrique, un winch s’est détaché de sa base, nécessitant encore une grosse session de bricolage. A l’équateur au 3 février, après 89 jours de course, Alan Roura rentre dans l’hémisphère nord pour un finish dans l’Atlantique qui met ses nerfs à rude épreuve, car les prévisions évoluant constamment, les choix de route sont difficiles. Il décide de faire un crochet à l’ouest pour contourner les conditions anticycloniques. Les tous derniers jours, Alan Roura est très ralenti dans une zone de hautes pressions. « Se retrouver bloqué, si proche du but, c’est vraiment atroce. Je n’avance pas, j’ai eu jusqu’à 24 cargos autour de moi dans la nuit, ils passent à 200 mètres de moi, c’est horrible !» se désole Alan, peu avant de terminer la boucle. Le skipper de La Fabrique, qui achève son premier Vendée Globe, est déterminé à revenir en 2020 avec un bateau plus performant et tire sa conclusion de cette expérience « Il y a une part de peur mais au moins j’aurais fait un beau Vendée Globe. Je me serais battu du mieux que je pouvais. Je peux rentrer la tête haute. »

Retour sur son aventure qu’il a livré en conférence de presse.
« Le jour du départ était incroyable. Il a fallut du temps pour comprendre ce qui se passait. Là c’est pareil, je suis encore à l’ouest. Ce matin j’étais encore tout seul et là je suis devant une foule. C’est un jour magnifique car c’est la fin de notre projet, qui a été monté avec de la débrouille. C’est une victoire pour tous les gens qui ont participé à ce projet. C’est une fierté d’avoir passé la ligne d’arrivée avec ce bateau. »

La Fabrique, ex Superbigou
« Pour un premier Vendée Globe, partir avec ce bateau était un choix intelligent car il était fiable, mais aussi stupide car il est dur à naviguer. Il n’est pas simple à manier. C’est comme si je faisais le Paris-Dakar avec une 4L. C’est fiable mais tu te traines. »

« Mon bateau est une légende de la course au large. Il dégage un truc, il est beau. Il est rond. Il est doux. Un bateau ça doit être élégant. Bernard (Stamm) a toujours été mon idole. Je me suis dit que mon Vendée Globe c’était avec ce bateau car il allait m’emmener au bout. Il pourrait aller au musée, mais il a prouvé qu’il n’était pas encore prêt à être rangé. »

Dans la cour des grands
« Le Vendée Globe c’est l’aventure, la casse, les pleurs, les rires. Je revois les vidéos de l’édition 2000 avec Michel Desjoyeaux, Ellen MacArthur, qui m’ont donné envie de faire ça. Avec ce que j’avais pu lire et entendre, je n’ai pas été surpris de ce qui m’arrivait. Mais tant que tu ne l’as pas vécu tu ne peux pas te rendre compte. Douzième c’est incroyable. »

« Pour réussir le Vendée Globe, il faut prendre le départ, terminer, et le gagner. Pour moi tout est gagné. »

Triptyque de Noël
« La rencontre de Noël avec Eric (Bellion) et Enda (O’Coineen) s’est faite un peu par hasard. On s’est dit que ça serait cool de se dire bonjour. On a tous eu nos moments de galère et on s’est retrouvés dans cette zone. On n’est pas partis pour gagner le Vendée Globe mais pour raconter une aventure. On a tous agit en marin sur ce moment. Tout le monde a été assez intelligent pour faire ça. Et résultat, on a eu un Noël avec 3 bateaux qui se rencontrent. »

Avarie de safran
« La veille, je me suis dit, Alan si tu pètes, il ne faut pas que ça soit là… Mon safran était cassé, la mèche était abimée. J’ai mis mon bateau à la cape. Je me suis posé, j’ai réfléchi. J’ai mis le safran à l’eau, je me suis pendu à l’arrière du bateau et j’ai réglé ça en une heure après un effort incroyable. Ça parait simple mais ça ne l’était pas. C’est un moment où tu te dis, je suis un marin. »

Vivre l’aventure
« On a eu un Vendée Globe magique dans l’histoire, avec une performance des leaders, Jean le Cam qui se tire la bourre avec Yann Eliès et nous, notre petit groupe. »

« Ce n’est pas simple tous les jours parce que t’es tout seul. Même en prison tu vois des gens. Là, tu prends 3 mois dans une cellule humide Il faut être cinglé, et à la fois c’est tellement bon. Tous les jours tu te dis que c’est dur, mais aussi que tu ne pourras peut-être par revivre ça. La solitude est dure mais c’est ce qu’on vient chercher. »

« Toutes les journées en course sont belles. On est là pour ça. Tu te dis, mais pourquoi je fais ça? Et quand tu poses le pied à terre tu oublies tout et tu te dis que tout a été magique. »

L’expérience d’une vie
« Le Vendée Globe est une course de marin. Je n’ai pas beaucoup de courses à mon actif mais je suis sur les bateaux depuis l’âge de 2 ans. Pendant tous les moments compliqués, j’avais mes souvenirs de gamin, comment on faisait pour réparer. On ne s’invente pas marin. J’ai ramené le bateau aux Sables en gérant des situations de crise, et c’est ça la course au large. »

« Je ne me suis jamais pris pour un pro de la course au large. Ça n’a jamais été mon métier. C’est une passion, c’est ce qui me fait rêver. Je reviendrai dans de meilleures conditions. Il n’y a pas que le bateau, il y a tout ce qui va autour. Une carrière en voile peut s’arrêter du jour au lendemain. C’est un milieu qui est très dur car ça ne fonctionne qu’avec des sponsors. Je ne suis pas venu pour être le plus jeune mais parce qu’on m’a laissé la chance d’y aller. Ce n‘est pas simple à 23 ans de monter un projet comme ça. Va vendre un projet en disant que tu vas assurer derrière. »

Et maintenant?
« J’ai envie de revenir et je vais me battre pour ça. C’est ce que je sais faire et ce que j’aime faire, trouver des sponsors, un bateau. Mon premier Vendée Globe est fini et il y a une part de tristesse. Je suis content d’avoir terminé et de voir tout le monde mais demain matin, je vais me lever, et je fais quoi? Je veux revenir en 2020 avec un bateau performant. Je veux prendre le temps de m’entrainer. Avec du temps et du budget, il y a moyen de faire quelque chose. »

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