Nicolas Lunven
DR

Frédéric Rivet (Novotel Caen, 2e bizuth, 17e au général) : « J’ai déjà pas mal navigué, mais franchement cette étape est un des meilleurs moments que j’ai jamais vécu en mer. Rarement j’ai pris autant de plaisir. On a passé trois jours de mer à jouer en permanence, à essayer de reprendre des places, on se prend très vite au jeu et c’est génial, vraiment ! Côté niveau je me suis rassuré, même si bien sûr les cadors de la série ont 4 ou 5 ans d’avance. J’ai eu un grand moment quand à un pointage j’étais 4e, mais c’était trop court ! Cette super expérience est j’espère le début d’une longue histoire. J’ai repéré quelques trucs à observer les autres, à tenter de comprendre. Je pense par exemple qu’il faut que je gère mieux mon sommeil, car la dernière nuit j’étais explosé. Mais encore une fois c’était un grand moment et le classement bizuths me parait assez révélateur, il y a une belle bagarre… »

Aymeric Belloir, (Cap 56, 5e bizuth, 31e au général) : « Pour une entrée en matière, c’était copieux ! Il y avait des coups à jouer en permanence, c’était incroyable. Si je devais retenir une seule chose ce serait qu’il faut en permanence se remettre en question, je m’y attendais mais pas à ce point. Côté résultat, je suis parfaitement dans mes objectifs d’une place dans les 30 au général et tenter d’accrocher le podium bizuth. J’ai eu des moments de blues, comme en arrivant en Angleterre où je me demandais ce que je faisais là, mais aussi des moments magiques, un lever de soleil mystique en Mer Celtique, entre autres.»

Nicolas Lunven (Bostik, 1er bizuth, 11e au général) : « Je suis très, très content de ma course, tout s’est bien déroulé et paradoxalement, j’ai peut être bien fait d’être rappel sur la ligne de départ de Caen car comme je me suis retrouvé dernier au départ, j’ai navigué totalement libéré. Physiquement cette course est dure, les dernières heures ont été très éprouvantes. Des coureurs comme Michel Desjoyeaux et Fred Duthil sont vraiment impressionnants et je pense qu’il y en a d’autres qui ne se sont pas exprimés encore. Etre en tête des bizuths c’est un peu une surprise, mais une bonne ! Côté hallucinations, un moment j’ai vu Erwan mon préparateur sur le bateau en pleine course alors qu’à priori je suis en solitaire donc là je me suis dit qu’il était grand temps d’aller dormir ! »

Quentin Le Nabour (Votre nom pour le Figaro, 13e bizuth, 47e au général) : « Je viens de dormir dix-sept heures d’affilée ! J’avais prévu une tente, mais Patrick Elies de l’organisation m’a accueilli dans une cabine de son bateau et ça fait du bien. Moi je fais tout seul, à l’ancienne, avec un copain qui fait office de préparateur. Je pense que j’ai un peu mieux compris comment marchait le bateau sur cette étape. Le niveau est très élevé et c’est difficile mais pas inabordable et j’ai pris du plaisir sur l’eau

Vincent Biarnes (Côtes d’Armor, 3e bizuth, 21e au général) : « Il s’est passé tellement de choses au niveau stratégique ! Tu ne comprends pas toujours pourquoi les gars de derrière reviennent et psychologiquement, c’est intéressant de gérer ça. J’avais eu un mail de Jérémie Beyou qui disait « ne lâche rien, ne lâche rien. » On le dit souvent, mais j’y ai beaucoup pensé sur cette étape. Il faut garder le moral et être toujours d’attaque. A part un petit quart d’heure où j’ai pété les plombs dans la pétole, j’ai toujours été d’attaque. C’est positif, je n’ai jamais été désespéré au fond du trou. J’ai beaucoup observé les concurrents aux jumelles, c’était intéressant pour cela d’être en milieu de paquet. J’ai compris des choses qu’il faut que je travaille, sur les réglages de nuit par exemple… ou encore sur le rangement du bateau. Car on passe notre temps à ranger, à ferler des spis et en équipage je n’ai pas l’habitude ! Maintenant, il faudrait une étape de vitesse pure pour voir si je peux tenir la cadence des tout bons. »

Thierry Duprey Du Vorsent ( Domaine du Mont d’Arbois, 4e bizuth, 24e au général) : « Le fait de naviguer en flotte c’est passionnant, on se prend vite au jeu. J’en suis encore à la phase de découverte. Je passe beaucoup de temps à observer les autres. Juste avant l’arrivée, j’étais devant Cercle Vert et Gédimat. Je me suis dit : ça ne va pas tenir et ça n’a pas loupé. Mais ce qui m’a bluffé, c’est la façon dont Gildas se déplaçait sur le bateau, sa manière de procéder. A aucun moment il ne s’énerve, tout est posé, calme. Du coup, tout se fait dans un bon tempo et tout doucement il est passé devant. C’est à la fois bluffant et en même temps agréable à regarder. Mais ce qui m’a vraiment joué des tours sur cette étape, ce n’est pas le sommeil, que je gère bien (je m’accorde 10 minutes toutes les deux ou trois heures) c’est ma gastro-entérite. Le seau, ce n’est pas ce qu’il y a de plus génial comme toilettes ! Ou alors, faut bien choisir son seau… mais je ne vais pas entrer dans les détails.(…). »

Jean Philippe Le Meitour (Construction Dorso, 13e bizuth, 48e au général) : « Sur cette étape, j’ai vécu le moment présent. J’ai vécu de bons moments, de super couchers de soleil. J’ai eu des dauphins qui m’ont accompagné juste avant le lever du jour à l’arrivée, c’était des moments forts. Je sais que le niveau des concurrents est très élevé. Nous ne sommes que 5 ou 6 amateurs. Je me considère vraiment comme tel, car même si je navigue depuis longtemps, mon métier, c’est dentiste. Cette solitaire est un rêve de gosse. C’est une chance d’être là, il ne faut pas le nier. Il n’y a pas beaucoup de sport où l’on accepte les amateurs. Cette chance, je la partage avec mes enfants. C’est mon fils qui prépare le bateau (Brice). Il a 19 ans, il navigue beaucoup lui aussi. »

Nigel King (Nigel King Yachting, 9e bizuth, 36e au général) : « Je m’attendais un peu à une étape comme ça. C’était assez dur, les positions changeaient tout le temps. Tactiquement, je n’ai peut-être pas navigué aussi bien que je l’aurais souhaité. J’ai fait quelques petites erreurs mais c’était du à la fatigue. Je pense que le plus dur est de savoir quand aller dormir. J’ai réalisé à quel point on pouvait aller loin dans la fatigue, à quel point on peut se dire que c’est la fin du monde et que tout va mal. Il y a eu des moments où je me suis dit que je n’étais pas assez bon pour faire ce genre de chose et que je n’arriverais pas à gérer la fatigue et le stress. En général, une fois qu’on a dormi, tout va beaucoup mieux, tous les problèmes sont résolus ! »


Echos des pontons

Remise des Prix de la première étape Caen – Crosshaven

Pour la 5ème année, le Royal Cork Yacht Club, plus ancien club nautique du monde, fondé en 1720, accueillera, ce soir, la remise des prix de cette 1ère étape riche en rebondissements. Une réception dans un lieu chargé d’histoires de marins et de mer, en présence de l’Admiral du Royal Cork Yacht Club, Hugh Mockler, du Lieutenant de Vaisseaux Nicolas Junot commandant du PSP Flamant de la Marine Nationale, de Madame Françoise Letellier, Vice – Consul de France en Irlande et des 50 skippers de La Solitaire Afflelou Le Figaro 2007. Les concurrents récompensés seront : les 3 premiers du classement d’étape au temps Afflelou : Frédéric Duthil (Distinxion), qui recevra également le prix de la bouée Radio France, Nicolas Troussel (Financo), Michel Desjoyeaux (Foncia), le premier du Classement Bénéteau des bizuths: Nicolas Lunven (Bositk). Liz Wardley (Sojasun), le prix de la meilleure progression Argos et Gérald Véniard, le Grand Prix Suzuki.

Tous à bon port

Les 50 Figaro Bénéteau sont tous amarrés au ponton du Royal Cork Yacht Club. Le dernier concurrent en course, Jimmy Le Baut (Port Olona-Arrimer) est arrivé vendredi soir vers 23h40, plus de 12 heures après Fred Duthil, vainqueur à Crosshaven. Samedi matin, James Bird qui n’avait pu prendre le départ, après avoir talonné à la sortie du sas de Ouistreham, est lui aussi arrivé à Crosshaven, en convoyage. Le skipper britannique est prêt à prendre le départ de la deuxième étape lundi.