Lalou Roucayrol : La course au large, c’est du théâtre antique!

MULTI50 ARKEMA - SKIPPER LALOU ROUCAYROL (FR) - 2018

Lalou Roucayrol fait partie des favoris en Multi50. une course qu’il a terminé 2 fois 2ème et qu’il aimerait bien gagner. Très bien préparé, paré « au combat », le skipper du Multi50 Arkema s’attend à un match intense et accroché face à cinq concurrents affûtés.
Lalou, allez-vous vous présenter sur la ligne de départ de la Route du Rhum avec un niveau de préparation optimal ?
« Oui ! Nous sommes dans une préparation optimale pour cette Route du Rhum en Multi50. Le bateau est dans une très bonne configuration, à la hauteur de l’événement et nous pouvons en être fiers. Nous avons eu un gros renouvellement des équipes cette année, avec notamment l’engagement de Quentin Vlamynck comme boat captain. Il y a eu un moment de calage en début de saison mais nous sommes ici à Saint-Malo avec une équipe professionnelle, rôdée et complémentaire. À titre personnel, j’ai inclus dans ma préparation des séances de sophrologie avec Julien Quesnoy. Cela me permet d’avoir une meilleure maîtrise de mon corps, de mes besoins physiques, de la gestion des phases d’endormissement et de réveil. »
Dans quel état d’esprit vous engagez-vous dans votre quatrième Route du Rhum ?
« Je ne suis pas impatient ou excité. Je ressens plutôt de la sérénité. Je suis tranquille par rapport à l’échéance, tout en étant conscient de l’engagement que demande cette course. »

Cet engagement est énorme en Multi50…
« Oui, participer à la Route du Rhum n’est jamais anodin. L’implication est telle en Multi50 que nous arriverons épuisés à Pointe-à-Pitre. Nos bateaux sont exigeants, volages, potentiellement dangereux. Les maîtriser n’est pas une mince affaire. La Route du Rhum est un véritable sprint. Pour gagner, il faut être à fond tout le temps ! En partant de Bretagne au mois de novembre, nous savons que la météo sera très compliquée… J’ai la chance de pouvoir me reposer sur une cellule de routage dédiée, composée de Karine Fauconnier, Éric Mas et Quentin Vlamynck. »
Quel sera votre programme d’ici au départ, dimanche à 14 h ?
« Nous allons justement entrer dans le dur au niveau de l’analyse météo et stratégique. Je vais aussi m’accorder des moments de tranquillité et de repos. J’ai la chance inouïe d’avoir un partenaire comme Arkema qui respecte énormément les besoins de l’équipe et comprend que nous sommes soumis à une forte pression dans les jours qui précèdent le départ. »

Soyons clairs : vous visez la victoire ?
« On s’est donné les moyens de gagner mais il faut rester humbles face aux éléments et aux concurrents. Le plateau est extrêmement relevé et homogène. Cela nous promet une très belle course de haut niveau, il va y avoir du jeu, je m’attends à une bagarre acharnée. »
Toutes vos participations à la Route du Rhum ont généré des histoires fortes ? Ce quatrième engagement ne devrait pas déroger la règle…
« Je m’attends effectivement à un beau scénario qui s’écrira avec ses joies et ses peines. C’est la magie de notre sport mécanique qui inclut des histoires humaines incroyables. La course au large en solitaire, c’est un peu du théâtre antique. »

Côté météo, Karine Fauconnier est en charge du routage :
« Les conditions au départ seront bonnes avec un vent de Sud/Sud-Est de 15 à 22 nœuds. Ce vent de terre sera instable mais la mer sera plutôt calme. Lalou devrait naviguer au travers et arriver au cap Fréhel après une heure de course. Il faudra ensuite abattre pour aller vers Bréhat et continuer à longer les côtes bretonnes. La sortie de la Manche ne sera pas un souci.
L’incertitude réside davantage dans le passage du minimum secondaire qui arrive dans la nuit de dimanche à lundi au large de la Bretagne. Il faudra bien se placer par rapport au centre dépressionnaire. Derrière, Lalou fera face à une situation instable dans un bon vent de Nord-Ouest avec d’importantes rafales et des bandes de grains à gérer. Cette phase ne sera pas longue mais il faudra être prudent.
Lalou devra ensuite descendre le plus rapidement possible dans le golfe de Gascogne car une très grosse dépression arrive dans la nuit de lundi à mardi. Pour résumer, plus Lalou sera Sud, moins ce sera difficile. Nous espérons réussir à éviter le plus fort du vent et de la mer… »