La parole… à ceux qui n’ont pas gagné

Départ d`Athènes
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A l’instar des grognards de l’Aiglon, les habitués de la deuxième partie de peloton subissent autant, si ce n’est plus, que les hommes de tête, les traces que laissent forcément des étapes longues, à l’issue d’une saison particulièrement dense. Le plus souvent, ils n’ont pas de gros budgets, ont réussi à prendre le départ avec trois francs six sous, un bateau préparé trop rapidement, un manque évident d’entraînement par rapport aux ténors. Pour beaucoup d’entre eux, c’est le temps des apprentissages et des remises en cause, étapes le plus souvent nécessaires pour pouvoir demain espérer tutoyer les podiums. Portraits de quelques destins croisés…

Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls), radical
L’homme est plutôt du genre à tenter des coups osés, parfois à la limite du raisonnable. Question de tempérament bien sûr, mais aussi peut-être d’analyse des moyens. Pour pouvoir espérer rivaliser avec les premiers, il faut des heures et des heures d’entraînement, une préparation matérielle optimisée. Lutter pied à pied sur la vitesse devient difficile, alors l’option solitaire est bien évidemment tentante.

Arnaud Godard-Philippe (Senoble), la remise en cause
« Je paie mon manque d’entraînement en groupe, de n’avoir pas pu me comparer avec les autres. J’ai peut-être passé trop de temps sur la préparation de mon bateau et manqué de repères sur l’eau… » L’hiver prochain, Arnaud devrait partir s’entraîner avec le Pôle France de Sa int-Gilles Croix de Vie… Au risque de sévères remises en cause qu’il espère salutaires.

Damien Cloarec (Port de Plaisance de Roscoff), rendre la confiance donnée
Pour sa première année sur le circuit Figaro Bénéteau, Damien voudrait pouvoir d’entrée montrer à ceux qui l’ont soutenu qu’ils ont eu raison… Mais faire son trou dans un circuit aussi exigeant n’est pas forcément une évidence. En attendant des résultats à la hauteur de son potentiel, le skipper de la baie de Morlaix ronge son frein. Il peu t toujours se rappeler qu’avant lui, des navigateurs de son coin, tels Jérémie Beyou ou Nicolas Troussel, ont attendu plusieurs années dans le ventre mou du classement avant d’exploser au grand jour.

Louis-Maurice Tannyères (ST Ericsson), défense de l’amateur
Loupi, comme tout le monde le surnomme, est l’archétype de l’amateur pur venu sur le circuit Figaro Bénéteau pour découvrir et apprendre, tout en continuant sa mission de cadre dirigeant pour une grande société de téléphonie. Il a enquillé les étapes du circuit, collectionnant dans un premier temps les lanternes rouges. Et puis, l’expérience aidant, il a appris à optimiser les réglages de son bateau, à gérer le manque de sommeil, à fluidifier ses manoeuvres. Il ne revendique en aucun cas l’ambition d’aller un jour au contact des meilleurs et se satisfait juste quand le temps d’un bord de près, il passe dans le trio de tête la bouée de dégagement.