Karen Leibovici à l’énergie

Karen Leibovici - Benefic
Karen Leibovici - Benefic

Ça se passe comment en ce moment à bord de votre « Benefic » » ? Karen Leibovici : «  »Là, c’est chaud : il y a 40-45 nœuds de vent. Ici, c’est pas comme à Brest où il fait beau en ce moment (rires) «  ». Après une descente de l’Atlantique plutôt agréable, en bavez-vous dans l’océan Indien ?K.L. : «  »Ah ça oui ! J’en bave vraiment, mais, ici, tout le monde en bave. Alors, je ne vais pas passer mon temps à me plaindre : ce n’est pas dans mon tempérament. Et puis, mes problèmes découlent de ma préparation tardive. Un mois avant le départ, j’étais à droite, à gauche, pas assez sur le bateau et donc complètement à la bourre. C’est le résultat de tout ça » ». Votre dos (1) vous fait-il toujours autant souffrir ?K.L. : «  »J’ai une douleur depuis le départ et cette douleur s’est amplifiée il y a quelques jours. Sur les conseils du docteur Chauve, j’ai donc pris des calmants pendant trois jours, mais cela ne semble pas faire beaucoup d’effet. Je mets ma ceinture dorsale tous les jours pour me soulager. Je me sens diminuée de plus de 40 % de mes capacités. De plus, j’ai mal à une côte, car, lors d’une ascension en tête de mât, j’ai été projetée violemment contre une barre de flèche. En redescendant, je me suis heurtée au winch du mât au niveau de la cage thoracique. C’était très douloureux. Je me demande si je n’ai pas une côte ou le sternum cassé ! » ». Avec un bateau balloté dans tous les sens par une mer formée, on imagine que ça ne doit pas arranger les choses…K.L. : «  »L’idéal serait que je me fasse opérer de nouveau, qu’on m’enlève ce que j’ai dans le dos et que je me repose pendant deux mois… et, actuellement, ce n’est pas vraiment possible ! » » Vous avez perdu beaucoup de gasoil suite à la défection de la pompe-moteur : en aurez-vous assez jusqu’à l’arrivée ?K.L. : «  »Côté énergie, je suis passée en régime survie, c’est-à-dire que j’économise, d’abord parce que j’ai perdu pas mal de gasoil, ensuite parce que j’ai de petits panneaux solaires qui ne me permettent pas de charger suffisamment. Mes réserves de gasoil me permettront d’aller jusqu’au cap Horn, peut-être pas jusqu’aux Sables d’Olonne » ». Qui dit plus de gasoil, dit plus de moteur. Et sans moteur, plus d’énergie pour les appareils du bord, notamment le pilote automatique. Comment comptez-vous faire ?K.L. : «  »Comme d’habitude, je vais me débrouiller. Si je m’arrête après le Horn pour récupérer du gasoil, cela signifie que je suis disqualifiée. Et ça, il n’en est pas question. Je veux finir, même dernière, mais classée » ». Philippe Eliès (1) : en août dernier, elle a été victime d’un accident de voiture, occasionnant une fracture d’une vertèbre et du sternum. Après être passée sur la table d’opération, la Rochelaise (33 ans) a pris le départ du Vendée Globe avec «  »deux plaques de féraille et huit boulons à l’intérieur » ». »

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.