Journée de match-racing

les voiles de St Barth 2016 ©michael gramm

Premier jour de course aux Voiles de St Barth avec une brise d’est soufflant entre 12 et 15 noeuds. Ce sont d’abord les petites unités (CSA 4 et Melges 24) qui ont ouvert le bal sur un parcours de 23 milles entre Roche Le Boeuf et le Pain de Sucre avant d’envoyer les CSA 1, 2, 3 et les Class40 sur un tracé de 27 milles du côté de l’île Fourchue, puis les CSA 0, les Maxi 1 et 2 ainsi que les multicoques sur une boucle de 31 milles autour de Mancel.

« C’était formidable : du vent, de l’eau bleue turquoise, du soleil, des petits grains, des effets de site, plein de bateaux partout et, pour ce qui nous concerne, un magnifique duel avec Team Brunel tout au long de la journée », a résumé dans un large sourire Lionel Péan, skipper du VOR 70 SFS, qui a bataillé ferme pour s’imposer, aujourd’hui, face à l’équipage Hollandais de Bouwe Bekking, deuxième de la dernière édition de la Volvo Ocean Race. La preuve, seules 23 petites secondes les ont séparés sur la ligne d’arrivée ! «Nous terminons effectivement très proches l’un de l’autre. C’est un peu étonnant. Notre bateau (l’ex Green Dragon loué pour l’occasion, ndlr) est un peu vieux par rapport aux autres, plus modernes. Il a, de fait, un peu de mal à accélérer et nous avons un peu ramé. Reste que ça a été serré du début à la fin. Team Brunel nous a doublés une première fois, nous l’avons repassé et au final, nous avons terminé devant lui. Ca s’est joué à pas grand-chose. C’était une vraie journée de match-racing. C’est absolument génial d’avoir un concurrent comme ça », a détaillé le marin, vainqueur de la Whitbread en 1985 à bord de L’Esprit d’équipe, qui laisse cependant la première place du classement général des Maxi 2 à Windfall dont le tacticien, Ian Walker, est, lui aussi, un spécialiste des tours du monde en équipage, puisqu’il n’est autre que le tenant du titre de la fameuse VOR.

Du combat rapproché, il y en a également eu dans la classe CSA 0. La bagarre a été rude entre les TP 52 Vesper, Sorcha et Spookie. Si ce dernier a longtemps occupé les devants, il n’a rien pu faire dans les tous derniers milles avant l’arrivée, la faute, vraisemblablement, à des algues coincées dans ses appendices. « Nous étions plutôt à l’aise en vitesse puis, d’un coup, nous avons vu nos concurrents revenir sur nous et nous doubler. Nous étions littéralement impuissants. Lorsque nous avons compris ce qui nous arrivait, il était trop tard et les autres s’étaient déjà un peu échappés », a déclaré, le tacticien du bord, Peter Holmberg, qui a ainsi laissé Vesper de Jim Swartz le devancer sur la ligne d’arrivée de 51 petites secondes. « Finir une course de près de quatre heures avec un écart de seulement quelques longueurs de bateau, c’est très excitant. Nous nous sommes bien battus et nous sommes contents d’entamer notre course de cette façon », a commenté le propriétaire de l’ex Quantum (bateau sacré champion du Monde des TP 52 en 2008), et leader au général provisoire de sa classe devant Sorcha de Peter Harrisson, qui profite d’un rating plus intéressant que Spookie pour s’installer devant lui au classement en temps compensé puisqu’il est doté d’un espar en inox alors que son adversaire est équipé d’un gréement en carbone.

Autre joli duel aujourd’hui, celui très attendu entre les deux Maxi 72, Momo et Protheus. Il a tourné rapidement à l’avantage du premier. Auteur d’un excellent départ en bout de ligne, l’équipage de Dieter Schoen a, en effet, pris le contrôle d’entrée de jeu et a réussi à contrôler son adversaire jusqu’au bout ce qui lui permet d’occuper la première place au classement après une course. « Ils ont pris l’ascendant d’entrée de jeu. Nous avons essayé de leur fermer la porte mais sans succès. Ils ont fait un travail parfait, il n’y a rien à dire. Cela étant dit, nous n’avons pas dit notre dernier mot. Nous savons que tous les deux, nous jouons la victoire chez les Maxi 1 », a expliqué Mark Mendelblatt, représentant des Etats-Unis aux Jeux Olympiques d’Athènes 2004 et Pékin 2008 en Laser, et tacticien du bord. Chez les plus petites unités, là aussi, ça a été très serré. La preuve, on a relevé seulement à peine plus d’une minute entre GFA Caraïbes de Nicolas Gillet et Gill Race Team d’Andrea Scarabelli, respectivement premier et deuxième en Melges 24 pour le moment. Bref, on l’aura compris, ce mardi ça a bataillé copieusement à tous les étages… et ce n’est que le début.

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