PPL Photo Agency - Copyright free for editorial use only Photo Credit: Christophe Favreau/GGR/PPL ***2018 Golden Globe Race. Les Sables d'Olonne March 2018. French skipper Jean-Luc Van Den Heede sail training on his Rustler 36 MATMUT in preparation for the start of The 2018 Golden Globe Race race from Les Sables d'Olonne on July 1

Jean-Luc Van Den Heede, âgé de 73 ans, à bord de son Rustler 36 Matmut a maintenant 7 jours d’avance sur le Néerlandais Mark Slats et son Rustler Ohpen Maverick, qui a perdu une journée de plus sur son rival cette semaine. Il entre dans la 2eme partie de l’océan Indien avec 1200 miles d’avance sur ses concurrents après 74j de mer soit le temps établi par Armel Le Cleac’h sur le Vendée Globe 2016.

 » Bonjour à tous, C’est dommage, je suis trop loin des autres pour les entendre et parler avec eux, je me sens seul, très seul. J’ai profité du peu de vent de la journée d’hier pour procéder aux travaux d’entretien du bateau. La têtière de grand’voile ne tenant plus, j’ai du descendre la grand’voile au portant et réparer. Ca m’a permis de constater que la drisse était un peu usée, j’ai changé les emplacements de ragage. Bref, le travail quotidien ! Il ne fait pas trop froid, on a du vent et de la mer, toujours de la mer ! Je me rapproche de l’Australie et ça, ça donne le moral. J’espère y être début octobre. « 

Derrière Gregor McGuckin n’est maintenant plus qu’à une journée de distance, ayant gagné 4 jours sur Mark, avec son Biscay 36 Hanley Energy EnduranceAbhilash Tomy, l’Indien à bord de Thuriya, la réplique du Suhaili de Sir Robin Knox-Johnston, vainqueur de la première édition de la GGR il ya 50 ans, a également réussi à dépasser le Rustler 36 One and All d’Uku Randmaa au cours du week-end et se trouve à moins d’un jour de navigation de McGuckin.
«C’est fantastique… et c’est ce que j’espérais lors de la conception de la GGR il y a trois ans», a déclaré Don McIntyre, fondateur de la course: «Nous avons maintenant une réplique du Suhaili et un Biscay 36 en deuxième position, ce qui montre que tout bateau peut gagner. Tout dépend du skipper et de ses préparatifs. Le leadership de Jean-Luc est le fruit d’une planification, d’une préparation et d’une exécution très soignées, expérience issue de ses cinq tours du monde précédents. Cela montre que l’âge n’est pas un facteur.»
En revanche, Mark Slats, qui a déclaré la semaine dernière qu’il avait connu les pires mers jusqu’à présent, perd peu à peu son avantage, probablement à cause d’une décision – celle de choisir de naviguer avec des voiles d’avant à mousquetons plutôt qu’avec un enrouleur de voiles.

Igor Zaretskiy a également traversée une zone agitée. Le Russe a demandé un avis médical la semaine dernière après avoir été projeté à travers le cockpit de son Endurance 35 Esmeralda puis s’être écrasé contre le radeau de sauvetage. Il craignait de s’être cassé une côte ou deux mais il est resté stoïque et n’a même pas envisagé de s’arrêter.

Igor a rapporté la semaine dernière : «Il souffle 25 noeuds pour le troisième jour consécutif, parfois 30 et les vagues font maintenant 4m de haut. Parfois, une houle frappe le bateau de travers, envoyant tout voler à travers le salon. C’est un désordre total à l’intérieur. Je range tous les soirs pour tout recommencer le matin. »

Igor, qui devrait passer le cap de Bonne-Espérance ce soir, a également été victime du “goutte à goutte” d’eau qui coule à l’endroit où son bateau a été endommagé il y a quelques semaines, mais ce n’est rien en comparaison de l’inondation qu’a subi Abhilash Tomy à bord de Thuriya. L’Indien a manifestement eu un peu de répit hier, envoyant un message texte au PC course: “Le soleil est apparu rapidement comme un arc en ciel après les inondations bibliques”. Quels que soient les problèmes, ça ne le ralentit pas!

Loïc Lepage est arrivé à Cape Town à 14h00 UTC samedi dernier pour se réapprovisionner en eau et faire fonctionner sa radio BLU sur laquelle il pourra s’appuyer pour récupérer les prévisions météo. Le Français prévoit de repartir mercredi, en Chichester Class, catégorie pour ceux qui font un arrêt.

L’Australien Mark Sinclair prévoit également de faire un arrêt au Cap pour déposer ses pellicules. Cependant, le temps risque de conspirer contre lui, les prévisions prédisant un gros orage mercredi. Lui et les autres concurrents ont reçu une alerte météo / actualisée de la part de la direction de course: “affirmant que cette tempête, combinée au contre-courant d’Aghulas, pourrait produire des mers extrêmement dangereuses dans les environs du Cap”.

Dimanche, le Finlandais Tapio Lehtinen, qui naviguait sur son Gaia 36 Asteria, s’est réveillé avec l’agréable surprise de voir le Tradewind 35, Puffin, de l’Américano-hongrois Istvan Kopar à moins d’un mille de sa position. «WOW» fût la réponse de Tapio au PC course. Les deux marins se trouvaient à 360 miles au sud du Cap de Bonne-Espérance, et à 08h00 ce matin, ils étaient encore au coude à coude.

Susie Goodall, dont le Rustler 36 DHL Starlight se classe à la sixième place, est confrontée au mêmes problèmes que ses poursuivants, en deuxième partie de flotte, pris dans un système météorologique complexe. Il leur sera presque impossible de regagner ce terrain perdu dans l’océan Austral et leur seul espoir de rattraper leur retard serait que ceux qui sont devant fassent des erreurs.

Classement le 10.09.2018

  1. Jean- Luc VDH (FRA)Rustler 36 Matmut
  2. Mark Slats (NED)Rustler 36 Ohpen Maverick
  3. Gregor McGuckin (IRE) Biscay 36 Hanley Energy Endurance
  4. Abhilash Tomy (IND) Suhaili replica Thuriya
  5. Uku Randmaa (EST) Rustler 36 One and All
  6. Susie Goodall (GBR) Rustler 36 DHL Starlight
  7. Istvan Kopar (USA) Tradewind 35 Puffin
  8. Tapio Lehtinen (FIN) Gaia 36 Asteria
  9. Igor Zaretskiy (RUS) Endurance 35 Esmeralda
  10. Mark Sinclair (Aus) Lello 34 Coconut

CHICHESTER CLASS

  1. Loïc Lepage (FRA) Nicholson 32 Laaland

RETIRED

  1. Ertan Beskardes (GBR) Rustler 36 Lazy Otter
  2. Kevin Farebrother (AUS) Tradewind 35 Sagarmatha
  3. Nabil Amra (PAL) Biscay 36 Liberty II
  4. Antoine Cousot (FRA) Biscay 36 Métier Intérim
  5. Philippe Péché (FRA) Rustler 36 PRB
  6. Are Wiig (NOR) OE 32 Olleanna
  7. Francesco Cappelletti (ITA) Endurance 35 007

Conçu avant 1988, c’est ANCIEN. Sept à neuf tonnes, c’est LOURD. Les quilles longues, c’est LENT. Les critiques des groupes de discussion sur le concept de la GGR, il y a quelques années, ont fait rire les marins à l’idée de faire naviguer ces bateaux en compétition sans s’arrêter ! Maintenant, la plupart comprennent et c’est bien. Pas tous mais presque.

Si je devais choisir une chose qui pousse les gens à suivre la GGR, autre que le fort héritage, les personnages authentiques et la pure aventure, ce seraient les bateaux. Les marins s’identifient à eux. Ils sont vraiment ordinaires. Ils s’imaginent à bord. Bien sûr, ils sont en plastique recyclé et non pas conçus dans des matériaux fantastiques, mais oui, un Bénéteau est un bon bateau. Mais si je voulais partir naviguer en solitaire dans le monde entier avec un budget limité, ou sur n’importe quel océan avec ma compagne, un bateau de type GGR est vraiment le choix à suivre et les gens commencent à s’en rendre compte.

La GGR est un terrain difficile pour faire ses preuves et, compte tenu des abandons (il y en a eu quelques-uns), ce ne sont pas les bateaux qui échouent. Ce titre revient aux skippers, aux régulateurs d’allure et aux mauvaises vagues !

Est-ce que le Rustler 36 est vraiment meilleur parce qu’il est en tête ? Pas vraiment. Le mérite revient certainement à JL VDH et sa magie pour être là où il est, à l’avant de la flotte. Son bateau l’aide, rien de plus. JL VDH est le parfait mélange d’âge, d’expérience, de discipline et de talent, soutenu par un bateau très bien préparé. Cette idée selon laquelle le Rustler 36 serait le bateau gagnant pourrait être réécrite en 2022. Déjà, un Vancouver 34 et un Cape Dory 36 viendront s’y mesurer. Sur le papier, ils peuvent surpasser un Rustler 36. Mais qu’en est-il de leurs capitaines, de leur préparation et de leurs motivations ? C’est une formule complexe et seul le temps pourra nous le dire.

SUHAILI n’avait aucune chance dans cette GGR 2018, c’est ce que certains pensaient : cette réplique était une excellente idée, un belle pièce de nostalgie rien de plus ! Mais attendez. Au bout de 74 jours de course, il a quatre Rustler 36 derrière lui et il remonte rapidement sur les leaders, étant à un seul bateau d’écart et à une demi-journée de navigation du podium. Incroyable mais vrai. Pourquoi ? Pas seulement grâce au bateau.

Ce n’est certainement PAS la chance de l’Irlandais ou la couleur de la coque de son Biscay 36 pourchassant les deux premiers Rustlers de la course qui vont lui permettre de rattraper l’un de ses rivals, probablement dans les prochains jours, et de se positionner deuxième au classement général. C’est un bon bateau à coup sûr, mais encore une fois, tout dépend du package complet, pas uniquement des cycles de sommeil, ni de la forme des voiles choisies. Réfléchir sérieusement et intelligemment au cours de la planification du projet est aussi crucial que de réussir à récolter suffisamment d’eau de pluie pendant la course.

Nous venons d’apprendre que la valeur des Rustlers (prix de revente sur le marché) vient d’augmenter de 10% grâce de la GGR. Si tel est le cas, les Biscay 36 devraient bénéficier du même effet. Avec les moules de construction ressortis des placards, de nouveaux modèles sont possibles. Cette semaine, un marin a passé commande pour faire construire la même réplique du SUHAILI que celle de la GGR 2018. C’est un beau bateau, alors pourquoi pas!

Esmeralda est OK pour les fans d’Endurance 35 et il y en a beaucoup dans le monde qui nous suivent ! D’autres sont déjà pré-inscrits pour la GGR 2022. Le Tradewind 35 est probablement le voilier de croisière le plus confortable de la flotte. Rapport qualité-prix, le Nicholson 32 MKX reste le meilleur voyageur océanique au monde.

Donc, TORTUES ou ESCARGOTS ? Que sont-ils ? On s’en moque ! Ce sont simplement de superbes bateaux. Ils concourent à la GGR comme une flotte avec toute la couleur, l’aventure et le drame que l’esprit humain peut imaginer. Je suis fier de chacun d’entre eux. Ils ont démontré le concept. Les courses longues distances dans le monde entier sont non seulement possibles, mais réelles en ce moment même. Ces voiliers montrent au monde entier que les petits bateaux sont tout à fait capables et que l’âge n’est qu’un chiffre. Ils prouvent aux marins moyens qu’ils peuvent suivre leurs rêves au-delà de l’horizon.

La Golden Globe Race est à portée de main de tout marin avisé qui comprend cette formule magique de planification, de préparation et d’exécution. TOUT LE MONDE PEUT GAGNER QUELQUE SOIT LE BATEAU. Revenez en 2022 sur le même bateau et vous serez toujours compétitif ! Pensez à cela. Vous pouvez même faire une croisière en Polynésie française en attendant. Voilà quel genre de bateau ils sont.

Gardez votre coeur jeune et vos exigences élevées et ne laisser jamais vos rêves s’éteindre!