Jean Le Cam franchit le Cap Horn …

Jean Le Cam / Bonduelle
Jean Le Cam / Bonduelle

Double empannage sous la terre de feu, et Jean Le Cam, en laissant les îles Diego Ramirez à tribord, double le troisième des grands caps d’un tour du monde à la voile, le Horn. Espérons que la lune aura eu la gentillesse de laisser filtrer ses rayons, afin d’offrir au Finistérien une image plus poétique que la blafarde lumière d’un écran GPS et d’un point sur un logiciel de routage. Depuis son franchissement de l’antéméridien le 22 décembre, Le Cam a réalisé une Transpacifique étonnante de réalisme et d’efficacité ; de l’est, et seulement de l’est. Bien calé sur la latitude des deux portes de sécurité et porté par une énorme dépression généreusement étalée en travers de l’océan, Bonduelle a tracé un sillage rectiligne vers le continent sud américain. Masquant sous sa bougonnerie légendaire le stresse lié aux icebergs, indésirables invités si haut sur la route des concurrents, Jean a su placer son plan Lombard avec une diabolique précision en bordure des dépressions. En jouant la carte de la vitesse pour rester au sein des systèmes dépressionnaires, il a économisé les empannages intempestifs et les milles sur la route. Une stratégie qui lui a permis de compter jusqu’à 265 milles d’avance sur Vincent Riou et 340 milles sur Mike Golding. Ces derniers, plus que jamais en embuscade vont profiter aujourd’hui d’un léger tassement des vitesses du leader pour revenir très fort dans ce vent de nord ouest bien établi. Les deux hommes sont à l’attaque et Riou, flashé à 23 nœuds en vitesse instantanée signe une journée à 402 milles ! Mike n’est pas en reste et se réjouit sûrement de voir son souhait d’un retard inférieur à 300 milles au Horn en passe de se réaliser.

Deux nouveaux duels se mettent en place en arrière de la course : en bagarre pour la 4ème place, Dominique Wavre (Temenos) et Sébastien Josse (VMI) ne luttent pas forcément à armes égales. Sébastien, benjamin de la course, navigue dans un flux d’ouest qui l’oblige à tirer des bords de portant. Las ! Il ne dispose plus de ses voiles d’avant depuis la perte de son bout dehors lors du choc avec un growler. L’expérimenté Dominique Wavre a su, avec un sang froid remarquable, préservé son bateau tout en alignant les milles à haut débit lors de deux terribles coups de vent consécutifs à 24 heures d’intervalle. Il a replacé son Temenos à 346 milles seulement de VMI, après avoir compté plus de 700 milles de retard !

En vue de l’antéméridien, l’américain Bruce Schwab (Ocean Planet) fait de la résistance. Le Pacifique est un peu le jardin du californien et Bruce se voit mal dans la peau de la 8ème « victime » du boulimique Conrad Humphreys (hellomoto), revenu en boulet de canon de la 17ème à la 10ème place. Les deux hommes naviguent à cap et vitesse sensiblement égaux dans un léger vent de sud ouest, à la recherche de la pression qui a enfin permis au Dunkerquois Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) de démarrer 400 milles devant leurs étraves.

En queue de peloton, Karen Leibovici (Benefic) a réduit son retard sur Raphaël Dinelli (Akena Verandas) à… 124 milles.

Source : Vendée Globe

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