Sous le soleil écrasant des Sables d’Olonne, les 18 navigateurs de la Golden Globe Race terminent la préparation de leurs bateaux. Loin des organisations millimétrées des skippers en partance pour un Vendée Globe, ici c’est plus souvent seuls ou juste entourés de leurs proches que les marins peaufinent les derniers détails. Ce dernier sprint, Philippe Péché l’attend depuis juillet 2015, date à laquelle il a fait l’acquisition de son Rustler 36 pour se préparer à ce défi immense : un tour du monde en solitaire sans escale sans assistance et sans moyen moderne de communication.

Alors que le départ approche, le régatier de 56 ans ne laisse rien transparaitre des émotions qui peuvent pointer quand on s’apprête à quitter la terre pour 9 mois de navigation. Tout juste laisse-t-il échapper un « Ça ne va pas être facile dimanche de dire au revoir à tout le monde. Mais je l’ai choisi ce projet, je ne vais quand même pas me plaindre ».

Le Lorientais qui compte déjà à son actif trois tours du monde en équipage figure parmi les marins les plus expérimentés. Mais pour ce défi hors-norme, il n’a cessé de se nourrir des conseils de ses amis proches ou connaissances du monde de la voile pour adapter son bateau et son approche de ce tour du monde.

Il avoue d’ailleurs avoir reçu il y a deux jours un précieux avis…. Celui de Philippe Poupon, venu spécialement le saluer et lui souhaiter bon vent pour son tour du monde. Triple vainqueur de la Solitaire du Figaro, Vainqueur de la Route du Rhum, 3e du Vendée Globe 1992, le marin navigue désormais en famille en croisière dans les mers australes. Ses conseils précieux sur la navigation dans le grand sud ont donc été très écoutés par Philippe et la mise en application n’a pas tardé… « Lors de ma discussion avec Philippe Poupon, il m’a convaincu que ma bâche à eau que je devais embarquer pour récupérer l’eau de pluie ne fonctionnerait pas du tout ! Du coup, j’ai décidé de prendre des bidons d’eau supplémentaires. C’est une décision importante car ça pèse beaucoup. On rajoute 300 litres d’eau par rapport à ce que j’avais prévu. Mais évidemment, je ne veux pas me trouver en manque d’eau. Je n’ai jamais vécu cela mais je ne veux pas que cela m’arrive car je pense qu’on ne prend pas de bonnes décisions quand on manque d’eau ! » explique le skipper de PRB.

Parmi les changements de dernière minute, Philippe a aussi choisi d’installer cette semaine une barre intérieure pour mieux affronter les conditions des mers du sud. Cette barre permettra de redresser en urgence le bateau sous régulateur d’allure (pale immergée dans l’eau permettant de diriger le bateau, ancêtre du pilote automatique). Philippe, à l’abri à l’intérieur, pourra intervenir pour redresser le cap du bateau sans prendre de risque en sortant dans le cockpit. L’objectif est d’éviter au maximum de se faire rouler dans la houle du grand sud.

Désormais, les heures sont comptées jusqu’au coup d’envoi dimanche à 12h05 et plus aucune modification majeure ne devrait intervenir. L’après-midi va être consacrée à l’avitaillement. Une fois la nourriture et l’eau embarquées, Philippe Péché sera fin prêt pour son tour du monde. Un tour du monde pour lequel il s’est préparé et qu’il aimerait accrocher à son palmarès. « J’ai travaillé dur pour être au départ comme l’ensemble des concurrents. C’est un travail au quotidien depuis que j’ai lancé le projet et je compte bien continuer dans ce sens pendant la course. Pour moi la Golden Globe Race est une course sans aucun doute. Je ne suis pas là juste pour une aventure même si c’est évident que ma tête sera remplie de souvenirs à l’arrivée ! ».