Interview d´Ellen, superwoman !

Castorama / Ellen MacArthur
Castorama / Ellen MacArthur

– Vous venez de croiser deux icebergs que votre radar n´a pas détecté. Pas trop angoissée ?
Ellen MacArthur : « Il est vrai que c´est toujours un choc de voir des icebergs surtout lorsqu´on file à 20 nœuds. Ce qui est inquiétant, c´est que ces icebergs sont très nord. Ça fait peur, surtout la nuit, car mon radar ne les a pas détectés : il est altéré par le solent en fibre de carbone qui ne laisse pas passer les ondes. Je suis vraiment tendue… «  »

– Deux jours et demi de moins que Joyon à mi-parcours : vous attendiez-vous à une telle avance ?
E.M. : «  »Je ne m´y attendais pas et je suis assez étonnée d´avoir cette avance-là. De plus, les vents ne vont pas être mauvais d´ici au cap Horn, mais il faut toujours être prudent, car la ligne d´arrivée est encore loin. Je me souviens qu´Olivier de Kersauson et son équipage avaient perdu 6 jours entre l´équateur et Brest, donc méfiance. Bien sûr, ça aide mentalement d´avoir de l´avance à mi-parcours, mais le bateau est plus usé et moi aussi. La seule ligne qui compte, c´est l´arrivée et elle est loin. Alors, je reste concentrée » ».

– Quelles différences existent-ils entre un tour du monde sur monocoque de 60 pieds et sur multicoque de 75 pieds ?
E.M. : «  »Le stress ! Physiquement, un trimaran est certes plus exigeant qu´un monocoque, mais le stress n´est pas le même. Ici, ça va plus vite, à 20-22 nœuds. Tout arrive tellement plus vite, surtout les ennuis. Donc, il est difficile de se détendre. Je suis toujours sous pression, stressée » ».

– Rassurez-nous, vous prenez quand même du plaisir à naviguer ?
E.M. : «  »Oui, bien sûr, même si j´ai vraiment eu du mal lors des deux premières semaines. Là, ça va mieux. Hier, j´ai eu droit à un coucher de soleil, soleil que je n´avais pas vu depuis quatre jours : il y avait de belles couleurs, des oiseaux partout : c´était super beau. Ces moments-là sont magiques et me procurent énormément de plaisir » ».

– Dans quel état se trouvent le trimaran… et son skipper ?
E.M. : «  »Le bateau n´est pas en mauvais état. Certains bouts sont usés, mais ça va. J´effectue régulièrement un check-up complet du bateau et tout va bien. Je touche du bois… Quant au skipper, il est un peu fatigué, mais ça va mieux maintenant. En fait, mon état dépend de la météo » ».

– Avez-vous le temps de suivre le Vendée Globe, notamment la progression de Nick Moloney qui navigue sur votre ancien «  »Kingfisher » » ?
E.M. : «  »Oui, je suis de près cette course. Chaque jour, je note la position des concurrents afin de ne pas les percuter car je vais plus vite qu´eux. Le Vendée Globe est une course géniale avec ses joies et ses peines. Sinon, je suis à 700 milles de Nick. On ne va pas changer nos routes pour se faire un petit coucou, mais j´avoue que ce serait génial de se voir en pleine mer » ».

– Que peut-on vous souhaitez en ce début d´année 2005 ?
E.M. : «  »Oh rien, il faut d´abord avoir une pensée pour tous ses gens qui ont été touchés par le tsunami… » »

Propos recueillis par Philippe Eliès »

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