Indian Tonic !

R.Jourdain- Sill et Véolia
R.Jourdain- Sill et Véolia

Dans ces contrées hostiles, en plein coeur des 40èmes, mieux vaut naviguer sur des oeufs pour ne pas tenter le diable de l´avarie. Jean-Pierre Dick en sait quelque chose. Contraint à un régime drastique pour ne pas consommer trop d´énergie, son ardent plan Farr, sous pilote en mode « léger » », n´a pu tenir bon la barre quand le vent a pris du coffre. Il s´est emballé, il est parti à l´abattée dans une jolie figure de style au portant. «  »J´ai cassé pour la deuxième fois mon vit de mulet suite à cette acrobatie. Rebelote et re-galère. Désormais c´est réparé, mais je dois avouer que j´ai dû faire la manoeuvre la plus longue et la difficile de ma vie, dans 35 noeuds de vent et des creux de 4-5 mètres pour le remplacer. » », confie le skipper de Virbac-Paprec, à la motivation inébranlable… Même dans les pires tempêtes ! «  »On vit une sacrée aventure. C´est vrai que depuis l´Afrique du Sud, on n´a pas été épargnés et le vent n´est jamais tombé en tombé à moins de 25 noeuds. » »

«  »C´est la guerre » »
Un peu plus en arrière, Marc Thiercelin, longtemps exilé plus au nord, a enfin échappé au piège de l’anticyclone… Pour tomber dans l’enfer des 40e Rugissants. Transition brutale en quelques heures et deux degrés de latitude plus bas. Dimanche, en effet, Captain Marck s’inquiétait de se voir rattraper par les calmes de l’anticyclone qui lui collait aux fesses et de voir ainsi ruiner ses deux derniers jours d’efforts. Il passait des heures à la barre et sur le pont à changer les voiles dont il dispose encore, depuis la terrible casse de son bout dehors voilà un peu plus de deux semaines. Il guerroyait contre le petit temps, les vents évanescents à tenter de descendre vers les 40e qu’il ne parvenait pas à atteindre, là où ses collègues de flotte menaçaient de filer à l´indienne dans le train des dépressions. Et puis, en moins d’une demi journée et une descente enfin réussie du 38e au 41e, changement de décor. Le soleil a laissé place à un ciel bas et gris. La mer calme s’est muée en océan virulent et surtout le doux zéphyr qui poussait ProForm à une dizaine de noeuds est devenu violent, brutal et sournois…
Joint ce matin par son équipe, Marc résumait la situation ainsi : « c’est la guerre ! » avant de raccrocher précipitamment. Marc a tout juste eu le temps de décrire, dans un bruit infernal, « des vents à 40 nœuds. » ProForm a, de fait, sérieusement accéléré l’allure. Les pointages le montrent entre 15 et 17 nœuds en dépit d’ailes coupées puisque Marc ne peut plus se servir que de son solent, de sa trinquette et bien entendu de sa grand voile. Malgré ces conditions difficiles, son monocoque a avalé 65 milles en quatre heures, tout en continuant sa plongée vers le sud, puisqu’il est encore le plus nord de toute la flotte.
Cependant comme il l’a dit : « Cela ne sert à rien de descendre trop bas et de chercher la baston, puisque mon ProForm n’a guère besoin de grand vent pour avancer vite.»

Surfing Bilou…
D’autant que «  »la bafougne » », Thiercelin comme tous les autres dorénavant est en plein dedans. Ses confrères, situés aux alentours du 47èmes se battent contre des vents de 45 nœuds et plus… « Et dans ces conditions, tu ne fais pas le malin » a fort justement commenté Jean Le Cam, qui a connu «  »un vrac d´anthologie » ». «  »Il faisait nuit noire. Je dormais dans la couchette, sans le ciré, raconte-t-il alors. Il y avait 40 nœuds dehors et je portais très peu de toile quand le safran au vent s’est relevé. Plus tard, le bateau est parti à l’abattée et a empanné. J’ai eu l’impression que quelqu’un me réveillait en retournant mon lit (rires !). Je me suis alors retrouvé dehors, en chaussettes et petite polaire par 45 nœuds de vent avec le bateau à l’horizontale ! Une fois l’affaire finie, je me suis dit qu’on ne s’ennuyait vraiment pas sur Bonduelle ! (rires) » Dans tout ça, on comprend mieux que le Roi Jean ait «  »levé un peu le pied. » » «  »Ce n´était plus raisonnable, estime-t-il. Tu peux facilement tenir des moyennes de 19-20 noeuds, ce n´est pas le problème. Et puis chacun voit midi à la porte de son cockpit ! » »
Devant, à un peu moins de 70 milles de l´étrave jaune de Bonduelle, Vincent Riou navigue toujours au zénith et brille toujours au soleil du classement. Le skipper de PRB n´est pas mécontent d´avoir profité de «  »vraies conditions pour aller vite » ». «  »Dans 25 noeuds de vent, le bateau a volé au-dessus de l´eau sur une mer un peu mieux rangée. Un vrai bonheur. Mes poursuivants ont même dû s´amuser plus encore, profitant d´un flux plus soutenu. » » Les chiffres sont là et confirment les propos du leader : près de 438 milles parcourus du côté de Monsieur Jourdain à la moyenne tout juste réglementaire de 18,3 neouds ! Le capitaine de Sill et Véolia, toujours solide 3ème, est bien revenu à moins de 250 milles du sillage du premier. Sûr en tout cas que Bilou s´accroche au même système de météo. Il ne compte pas descendre de ce train… qui ne sifflera pas plusieurs fois !

LF (Source Communiqués)
« 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.