Imagine face à Initiatives Coeur

Armel Tripon
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Armel, pourquoi participer au Trophée SNSM avec Imagine ?
« Depuis toujours j’ai été solidaire de ce record au profit des sauveteurs en mer, j’ai raté très peu d’éditions, c’est un plaisir d’être ici ! La cause est belle et c’est la dixième édition. Il se trouve que l’organisateur, Damien Grimont est un ami et que la course se joue au départ de mon département de Loire-Atlantique. Mais aussi, d’un point de vue sportif et technique, ce Record SNSM correspond parfaitement à notre timing d’entrainement et de mise au point du bateau. »

Quel sera l’équipage d’Imagine ?
« L’équipage est composé pour l’essentiel de mon équipe technique, qui sont tous aussi des navigants. C’est une manière de partager avec eux autre chose que du travail au ponton. Cela permet de renforcer l’équipe et aussi de mieux comprendre le bateau dans ses efforts, de voir en conditions réelles comment les pièces travaillent et d’identifier ce qui peut éventuellement casser. Les 60 pieds sont des bateaux sur lesquels les tensions sont énormes, donc il y a beaucoup de pièces à surveiller, de maintenance technique à faire. Nous serons cinq à bord. J’embarque avec moi mon boat-captain Julien Romagné, Ludovic Ensargueix préparateur technique et Tanguy Le Glatin qui est mon entraîneur et connaît bien les 60 pieds IMOCA. Nous aurons enfin un invité qui est lui aussi un marin : le journaliste Jean-Marie Biette. »

Quel est le parcours pour les 60 pieds et quelle est la météo attendue ?
« Nous faisons deux fois la boucle entre Saint-Nazaire et Sainte-Marine, devant Bénodet, soit environ 360 milles, départ dimanche à 15h. Côté météo et bien… il fait beau ! Nous sommes en situation anticyclonique, avec un vent de nord-est annoncé pour 10 à 15 nœuds… des conditions optimales pour naviguer et progresser encore dans notre préparation. Parfait.»

Contrairement au Tour de Belle île et à l’Armen Race, Imagine aura un camarade de jeux de sa catégorie : l’Initiatives Cœur de Tanguy de Lamotte, qui prépare lui aussi le Rhum et le Vendée Globe…
« Oui, ça y est, cette fois on a un concurrent (rires) ! C’est plutôt sympa et stimulant… Tu progresses forcément mieux quand tu as un petit camarade de jeux à côté de toi. Ce qui est intéressant c’est que ça peut te faire te poser de nouvelles bonnes questions et progresser dans la compréhension du bateau. Pour l’instant, nous sommes encore centrés sur la machine, nous n’avons mis à l’eau que depuis un mois et demi et il y a forcément beaucoup de choses à défricher. C’était bien d’être seuls dans un premier temps pour prendre Imagine en mains sur le Tour de Belle Ile et l’Armen Race… et c’est bien aussi ce petit duel qui se profile contre l’équipage de Tanguy. Pour l’anecdote, il y a des similitudes dans nos parcours : nous venons tous les deux du 6.50, nous avons fait notre première Mini Transat e! nsemble en 2001 et on s’est croisés plus récemment en Class40. Treize ans plus tard, nous voilà sur des 60 pieds avec la Route du Rhum et le Vendée Globe pour objectifs. Mais nous n’allons pas prendre de risques inconsidérés non plus, encore une fois nous sommes en rodage. On y va prudemment, étape par étape. »

Ton programme après ce Record SNSM ?
« En juillet, je ferai un gros mois d’entraînement et plusieurs parcours au large en solitaire, dont ma qualification pour la Route du Rhum : 1000 milles en solo sur un parcours libre. En août nous referons un petit chantier sur le bateau, notamment le contrôle du gréement dormant et quelques autres dossiers. Ensuite, les deux mois avant le départ seront de nouveau consacrés aux entraînements en mer. Tout va s’enchaîner très vite.»