Après la folle cavalcade de ces derniers jours, IDEC se retrouve entre deux systèmes et doit temporiser comme prévu avant de pouvoir attraper les Alizés. Un petit moment de répit pour l’équipage et 400 miles concédés sans conséquence puisque l’avance reste de 1800 milles. « Ils vont trop vite ! » A son corps défendant, Marcel van Triest, le routeur Néerlandais du Team IDEC SPORT lâche cette conclusion à l’examen de la situation météo dans laquelle évolue le maxi-trimaran IDEC SPORT, loin dans l’est du cap Frio au Brésil. Entre les séquelles de l’anticyclone Uruguayen négocié hier, et les fronts froids en circulation au large de la baie de Rio, IDEC SPORT se présente aujourd’hui un peu en avance sur le programme de routage, qui ne prévoit l’arrivée sur zone d’alizés de sud-est salvateurs qu’à partir du milieu de la nuit prochaine. Qu’à cela ne tienne, l’équipage du grand trimaran rouge et gris en profite pour préparer au mieux le bateau dans la perspective d’une remontée rapide vers l’équateur, quand les vents de sud-est les propulseront avec un angle favorable à la vitesse cap au nord vers l’hémisphère nord et le pot au noir. Et les esprits de se tourner déjà vers Ouessant, Brest et une arrivée en un temps record.

Est-ce l’impatience d’arriver, ou l’insatiable soif de vitesse, de performance et de record qui anime en ce 31ème jour de course l’équipage du maxi-trimaran IDEC SPORT ? Le Team IDEC SPORT malgré une progression façon « sauts de puce », selon l’expression même de Francis Joyon, a devancé la jonction attendue entre deux systèmes météos appelés, au large du Brésil, à se constituer en alizés du sud-est, la force propulsive attendue pour en terminer rapidement avec cet Atlantique sud de tous les contrastes.

Le grand multicoque effectue depuis 24 heures une remontée scandée par de brutales accélérations, au hasard des petits flux désordonnés qui pavent cette partie de l’océan, et par des arrêts buffets, que les Joyon, Surtel, Audigane, Pella, Gahinet et Stamm mettent immédiatement à profit pour procéder à mille et une interventions que les conditions musclées depuis le passage du cap Horn avaient repoussées.

« Un peu de strate sur la coque endommagée par l’évasion inopinée, voici quelques jours de l’enrouleur de gennaker » résume Francis, « rien de bien méchant, mais qu’il était important de réparer avant d’attaquer de nouveau de longues cavalcades. Entre une route au plus près des côtes argentines, aux allures de près, et un grand virage dans l’est qui nous aurait considérablement rallongé, nous avons opté par une trajectoire médiane » précise Marcel van Triest, « un peu chaotique mais qui nous donne entière satisfaction. »

Sereins, reposés, motivés comme jamais, les hommes de IDEC SPORT guettent avec impatience les signes avant coureurs de l’alizé, « en milieu de nuit prochaine probablement ». Bien décalés dans l’est, pour profiter à plein du meilleur angle propice à la vitesse, Francis Joyon et son équipage se préparent à un long bord tribord amure, cap au nord, vers l’Equateur et ce pot au Noir annoncé « fidèle à sa réputation de bizarrerie », mais pas au point de freiner durablement l’envolée de IDEC SPORT vers Ouessant.