Ian Lipinski vainqueur de la Mini-Transat en série

Ian Lipinski (Entreprises Innovantes) et Julien Pulvé (Novintiss)
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1 + 2 qui font 1 ! En coupant la ligne d’arrivée de la deuxième étape ce dimanche 15 novembre à 10h 15min 06s (heure de Paris) en deuxième position derrière Julien Pulvé, Ian Lipinski signe du même coup sa victoire, en bateaux de série (classement Océan Bio-Actif), de la Mini Transat Iles de Guadeloupe.

Grand vainqueur de la première étape avec 7h 34min 07s d’avance sur le deuxième (Tanguy Le Turquais (Terréal)) et 11h 41min 25s sur Julien Pulvé (Novintiss) 4e à Lanzarote, le skipper lorientais a réussi à conserver son leadership au classement général. Le temps de course de Ian Lipinski sur cette deuxième étape est de 14j 19h 05min 06s. Il a parcouru 3285 milles à la vitesse surface de 9,25 nœuds de moyenne.

Julien Pulvé a remporté la deuxième étape de la Mini Transat Iles de Guadeloupe en bateau de série et prend la 2e place au classement général provisoire. Il est arrivé à 2h 06min 15s (heure de Paris) ce dimanche à Pointe-à-Pitre après 14j 10h 56min 15s de course. Il a parcouru 3238 milles à 9,33 nœuds de moyenne. Le podium des bateaux de série est complété par Tanguy Le Turquais (Terréal).

« Le coup passa si près que son chapeau tomba ». Ce n’était pas la guerre entre Ian Lipinski et Julien Pulvé, mais une victoire dans la Mini Transat îles de Guadeloupe n’est pas un cadeau que l’on peut s’offrir tous les quatre matins. Pour Ian, engagé depuis deux ans avec le chantier Prépa Nautic de La Rochelle dans la préparation et le développement de l’Ofcet, ce nouveau bateau de série, le challenge était d’importance. Il s’agissait de valider une démarche de fond face à la concurrence des nouveaux bateaux de série, notamment les Argo et les tout récents Pogo 3. C’est finalement de son pote et compagnon d’écurie, Julien Pulvé, qu’est venue la menace principale. Les deux skippers emblématiques du chantier rochelais se sont retrouvés au coude à coude après que la concurrence eut été reléguée au rang de faire-valoir. Dès lors, s’engageait un mano a mano dont le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a pas été vécu de la même manière par les deux navigateurs. Agacé, Julien n’avait de cesse de trouver une ouverture, un moyen d’échapper au contrôle de Ian qui, quant à lui, vivait particulièrement bien cette situation. Les deux hommes se connaissent assez et s’apprécient suffisamment pour échanger, se rendre des menus services par VHF, s’envoyer des énigmes pour passer le temps. Mais bien évidemment, les intérêts de chacun ne pouvaient être convergents.

 

Deux marins pour une victoire collective
Quand Julien a trouvé le moyen de s’échapper, a commencé un long suspense, entretenu par le fait que la route nord choisie par le navigateur rochelais s’avérait bien plus payante puisque Ian Lipinski comptait jusqu’à 60 milles de retard sur son adversaire. Finalement, le retournement de situation n’a pas eu lieu. Et ce sont deux navigateurs comblés qui se sont retrouvés ensemble sur le bateau de Ian lors de son arrivée : Ian qui empochait la victoire finale et Julien qui pouvait se targuer d’avoir maitrisé avec brio la traversée de l’Atlantique. Deux Ofcet aux deux premières places des bateaux de série, c’est peut-être le début de la grande aventure industrielle pour le chantier rochelais qui s’est engagé dans ce pari un peu fou. Avec un tel résultat, le carnet de commande devrait franchir un bond dans les prochains mois. Derrière les deux Dupont et Dupond, on attend maintenant Tanguy Le Turquais (Terréal) qui devrait prendre la troisième place du classement des bateaux de série après un long voyage en solitude entre le duo des leaders et le bataillon des poursuivants. Ce sera encore une autre course à raconter…

 

La colonie de la marina
A Pointe-à-Pitre, les arrivées se succèdent pendant que les amis, les familles viennent grossir la petite colonie qui gravite autour de la course. Viennent aussi s’adjoindre quelques uns des navigateurs qui ont dû déclarer forfait, tel Davy Beaudart, Romain Mouchel ou Maxime Eveillard. Pour eux, l’aventure s’est arrêtée prématurément, mais il était difficilement concevable de ne pas partager, ne serait-ce qu’une petite part de l’euphorie de l’arrivée. Avec les arrivées des amis de la métropole, viennent aussi les nouvelles des heures sombres que vit le pays. Le ton des conversations redevient plus grave, un voile passe sur le plaisir de se retrouver. C’est déjà difficile, dans des temps normaux, de reprendre pied dans la vie terrestre… Loin du pays et la tête encore vidée par des heures de mer en solitude, la marche est décidément bien haute à franchir.

 

Classement 2e étape, le 16 novembre

Séries (Classement Ocean Bio-Actif)
1 Julien Pulvé – 880 – Novintiss arrivé le 15/11 à 02h 06mn 15s
2 Ian Lipinski – 866 – Entreprises Innovantes arrivé le 15/11 à 10h 15mn 06s
3 Tanguy Le Turquais – 835 – Terréal
4 Armand de Jacquelot – 755
5 Edwin Thibon – 721 – Coeur Fidèle

Prototypes (Classement Eurovia Cegelec)
8 Simon Koster (Eight Cube) arrivé le 14/11 à 17h 36mn 37s
9 Nicolas d’Estais (Librairie Cheminant) arrivé le 15/11 à 04h 24mn 56s
10 Vincent Grison (Roll my Chicken) à 73,8 milles de l’arrivée
11 Fidel Turienzo (Satanas) à 128,5 milles
12 Nikki Curwen (Go Ape ! Live Life Adventurously) à 272 milles