Hugo Boss, un Imoca radical !

Très attendu, le nouvel Hugo Boss d’Alex Thomson, 6e du nom était très attendu. Il n’a pas déçu. Pour VPLP design, le nouvel Hugo Boss – deuxième Imoca génération 2020 du cabinet après Charal – est un projet marquant. Dévoilé officiellement jeudi 19 septembre à Londres, la nouvelle machine du marin anglais, deuxième du Vendée Globe 2016-2017, est conçue avec un seul objectif : gagner le prochain tour du monde en solitaire.

« Nous connaissions déjà bien Alex et son équipe pour avoir collaboré avec lui sur son précédent Imoca, raconte Vincent Lauriot-Prévost. Il a une énorme expérience et une vision très personnelle, assez radicale de ce que doit être un Imoca. » Résultat : un 60 pieds strictement conçu pour le Vendée Globe et rien d’autre.

Le cahier des charges était assez clair : priorité à la légèreté – le bateau pèse 7,6 tonnes – aux allures portantes et aux foils. « On a fait l’impasse sur la puissance », résume Vincent Lauriot-Prévost. Surtout, les équipes de design – Quentin Lucet, Daniele Capua, Philippe Orhan, Xavier Guisnel, Guillaume Dupont et Nicolas Barral, côté VPLP, ainsi que Gurit pour l’ingénierie structurelle – ont eu du temps pour mener des études spécifiques. « Cela a été un vrai luxe, confie Quentin Lucet, en charge du projet. D’habitude, on travaille sous pression, en fonction d’une course à venir ; là, Alex nous a demandé de combien de temps on avait besoin ! »

C’est cette liberté et le climat de confiance instauré dès le début avec le design team d’Alex Thomson – Peter Hobson, Andy Cloughton, Neal MacDonald, Jesse Nemark – qui a permis la conception d’un bateau très innovant. « C’était un plaisir de bosser à livre ouvert avec eux ; ils jouent collectif tout en sachant ce qu’ils veulent », apprécie Vincent Lauriot-Prévost.

La philosophie est la même que Charal, le premier Imoca à foils de 2e génération signé VPLP design : une carène tournée vers l’optimisation de la traînée minimum. Les foils, typés pour le portant et le reaching, sont moins polyvalents que ceux de Jérémie Beyou – les équipes ont passé de longues heures sur simulateur à comparer l’actuel et le précédent.

Quant au désormais célèbre cockpit entièrement fermé, l’une des innovations majeures du 60 pieds, il est le fruit des cinq participations d’Alex Thomson au Vendée Globe… et d’un important travail mené autour de la traînée aérodynamique des foilers, pour qui naviguer à 30 nœuds est devenu presque commun.

Les équipes VPLP ont enfin été bluffées par le chantier de Jason Carrington, où a été construit ce nouvel Hugo Boss : « C’est un orfèvre, un passionné, qui met beaucoup d’émotions dans son travail, explique Quentin Lucet. Il a construit un bijou et n’a pas fait de compromis. Il est capable de refaire la strat d’un support de bib la veille de la mise à l’eau parce qu’elle n’est pas assez propre pour lui. C’est un cran au-dessus de tout ce que j’ai vu jusque là !«