Erwan LE MENÉ / Proto 800 @ © Olivier Blanchet / Mini Transat La Boulangère

Les skippers de la Mini-Transat au large des îles du Cap Vert se préparent au grand saut. Ce passage a été imposé par l’organisation suite à la menace d’un cyclone sur la route. Ian Lipinski (Griffon.fr) en proto est toujours en tête suivi par Simon Koster (888) qui ne lâche rien mais peine à rattraper son retard de 30 milles. Dès que les conditions se durcissent un tant soit peu, le plan Raison et son skipper se révèlent intouchables. Il reste encore 2000 milles devant les étraves des ministes qui profitent d’un vent qui a mollit pour se préparer à la grande traversée. En série, Tanguy Bourroulec est en tête devant Erwan Le Draoulec et Clarisse Cremer. Le trio slaloment actuellement entre les îles et progressent à 9-11 nds.

Quelques solitaires ont déjà décidé de faire escale à Mindelo pour réparer. Arthur Léopold- Léger (Antal XPO) et Thibault Michelin (Eva Luna) n’ont pas d’autre solution compte tenu de l’état de leur tableau arrière. Pour d’autres, victimes d’avaries mois importantes, le choix est cornélien : faut-il prendre le risque de traverser l’Atlantique avec un bateau que l’on sait fragilisé, ou faire escale sachant que les 12 heures a minima imposées par le règlement feront forcément des petits entre le temps de la réparation et le détour jusqu’à Mindelo. Difficile de savoir si dans la deuxième moitié de la flotte, les vitesses observées sont dues à un affaiblissement des vents ou liées à un souci technique que le concurrent n’a pas dévoilé. On pense ainsi à Rémi Aubrun (Alternative Sailing – Constructions du Belon) ou bien encore Antoine Cornic (Destination île de Ré), voire Thomas Béchaux (Poralu Marine). Le passage par les îles du Cap-Vert renforce la tentation de l’escale, c’est peut-être le plus grand piège de cette deuxième étape.

Pendant ce temps, Erwan Le Mené (Rousseau Clôtures) continue de faire route vers Dakar qu’il devrait rejoindre demain matin. Là aussi, la solidarité des Ministes a joué à plein. A l’initiative d’Axel Tréhin, concurrent de l’édition 2015, toute une chaîne s’est mise en place, jouant des réseaux de connaissances des uns et des autres. Un chantier a été contacté qui se tient prêt à accueillir le Mini endommagé, tandis qu’une petite équipe se mobilise pour aller remorquer le navigateur trinitain dès qu’il sera à moins de deux milles du port de Dakar.