Gildas Morvan : « c’était un beau duel… »

Gildas Morvan avec navire escorteur de la marine Grèque
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Gildas, on t’imagine très déçu après cette dernière étape qui a ruiné tes espoirs de victoire ?

« Je vais bien, ça va, j’ai eu le temps de m’y faire. C’est le jeu. Ce qui est dommage, c’est que c’est la plus petite étape de l’épreuve – 110 milles – qui bouleverse à ce point le classement général, alors que les grandes étapes n’ont créé que de tous petits écarts entre François (Gabart) et moi. C’est forcément un peu rageant, mais c’est comme ça… il faut faire avec. Et puis, c’était à moi d’aller au nord mais la nuit sous la pluie on ne voyait rien et tout était très aléatoire côté météo. J’étais en tête au début de l’étape et ce n’était pas forcément l’idéal pour se rendre compte à temps que certains investissaient dans le nord ! Il fallait investir un moment à 90 degrés de la route et ce n’était pas à moi d’attaquer, dans ma position de leader. Après coup, c’est sûr qu’on peut toujours se dire qu’il aurait fallu faire telle ou telle chose à un moment donné. D’ailleurs, à part François on est beaucoup de leaders de la course à ne pas être allés dans le nord. »

A bord de Cercle Vert, tu remportes deux étapes sur cinq de cette Cap Istanbul… c’est malgré tout un bon bilan, non ?

« C’est sûr que le bilan général n’est pas si mauvais avec deux victoires d’étape et un podium (3e de l’étape 3, ndr). Le côté positif est que j’étais bien dans le match, en tête jusqu’à cette dernière manche. Malheureusement il y a eu cette étape aléatoire et qui s’avère décisive… mais encore une fois c’est comme cela aussi parfois la course au temps, il faut savoir l’accepter. »

Le podium du Championnat de France est constitué des numéros de voile 3, 1 et 2… donc des trois mêmes marins que l’an dernier, mais dans le désordre ! Qu’est ce que cela t’inspire ?

« Que visiblement François (Gabart), Erwan (Tabarly) et moi sommes les plus réguliers ! On échange tous les trois nos places sur le podium : François gagne, je suis 2e et Erwan passe de 2e à 3e… Evidemment que j’aurais préféré garder mon titre, mais c’est aussi positif bien sûr de rester sur ce podium-là. Cela prouve aussi, une fois de plus, que tant que la ligne n’est pas franchie, tout peut toujours arriver. »

Un mot sur ton adversaire, François Gabart ? Deux victoires chacun sur cinq possibles… même si l’issue t’est défavorable, votre duel était magnifique, non?

« Ah ça oui, c’était vraiment un beau duel avec François… ces avantages d’une minute échangés l’un sur l’autre lors des première et troisième étapes… Quand je gagne il fait 2e, quand il gagne, je fais 3e… On a toujours été bien placés tous les deux et il finit par avoir le dernier mot. François a fait les bons choix, il s’est très rarement trompé, en particulier sur cette dernière étape où moi je fais une erreur alors que lui n’en commet pas. Il navigue très juste, il gagne proprement, il n’y a aucun souci là-dessus. »

Et maintenant, quel est le programme de Gildas Morvan ?

« Un peu de repos après cette saison bien remplie ! Là, je suis à la mosquée bleue… on va visiter un peu Istanbul, participer au Postlogue dans le Bosphore, à la remise des prix, puis ce sera le retour à la maison, dans quelques jours. On va réfléchir ensuite, avec mon partenaire Cercle Vert, aux projets de navigation pour la saison prochaine. »