Gildas Morvan et Alexis Loison terminent cinquième

Gildas Morvan et Alexis Loison, a bord du Figaro Cercle Vert, 5eme de la Transat AG2R LA MONDIALE 2016 - Saint Barthelemy le 25/04/2016

Gildas Morvan et Alexis Loison finissent à la cinquième place de la TRansat AG2R, 44 minutes seulement derrière les vainqueurs, Thierry Chabagny et Erwan Tabarly. C’est dire si le suspense a été fort. C’est dire aussi si la bagarre a été belle tout au long de 3 900 milles du parcours. De l’avis du skipper de Cercle Vert, qui connait bien la course pour l’avoir courue à neuf reprises, cette 13e édition restera à coup sûr dans les annales. Interview à chaud.

Gildas, quels ont vos premiers sentiments à l’arrivée ?
« Ca a été chaud autant qu’excitant ! Lors de la dernière nuit, nous avons essayé de nous reposer au maximum pour si jamais ça partait en sucette sur la fin. Nous avons donc conservé un système de quarts assez courts. L’idée était de dormir un minimum pour avoir un peu de fraîcheur car un modèle météo annonçait des champs de vent nuls pour les derniers milles, ce qui laissait penser qu’on pouvait mettre jusqu’à dix heures pour faire le tour de Saint-Barth ! Au final, les premiers ont butté dans la bulle et nous, nous avons gardé du vent plus longtemps. Nous sommes presque repartis en même temps. Du coup, nous sommes bien revenus sur eux. Ils ont eu très peur et ça se comprend ! A bord de Cercle Vert, nous avons frôlé le hold-up ! »

Quel bilan dressez-vous de votre course ?
« Nous n’avons pas été très bons au début. Nous avons pris un nuage dans le golfe de Gascogne et ensuite opté pour une trajectoire un peu trop serrée au niveau du cap Finisterre. De ce fait, nous avons pris cher et notre retard a encore doublé le long des côtes africaines à cause d’une dorsale qui nous a rattrapés. Dès lors, nous n’avions plus qu’une option possible : attaquer par le nord. Nous avons tenté des coups, des décalages… Bref, nous avons joué. Nous avions pas mal de retard mais nous avons réussi à revenir dans le match. On va dire qu’on a fait un mauvais début mais une belle fin de parcours. On s’est vraiment accroché. On n’a jamais rien lâché, même quand certains nous donnaient perdants. Personne n’était encore allé aussi sud que ça sur une Transat AG2R. Ce n’était donc pas certain qu’il y ait vraiment plus de vent en étant aussi extrême que les autres. Nous sommes partis de ce principe. Nous avons tenu la cadence. Aux pointages, parfois, nous étions les plus rapides de la flotte et parfois c’étaient les mecs du sud. Nous n’étions jamais ridicules. Après, tôt ou tard, on savait qu’ils allaient nous déboiter mais on ne savait ni quand, ni de combien. On savait qu’ils finiraient avec un meilleur angle et qu’ils ressortiraient devant nous, mais on savait aussi qu’il n’y avait pas d’air sur Saint-Barth et qu’on avait alors une chance. A la fin, on a même hésité à tirer sur la barre et à partir plus au nord encore…Peut-être bien qu’en le faisant, on aurait terminé quatrième. En même temps, avec des si… »

Au final, vous terminez à seulement 44 minutes du vainqueur, Gedimat, et trois minutes derrière le 4e, Bretagne – CMB Performance. C’est presque incroyable après 22 jours de mer !
« C’est clair ! C’est rare que l’on vive autant de suspense sur une transat de ce type. Souvent, un duo s’installe en tête au niveau des Canaries et le reste jusqu’à l’arrivée. Là, ça a joué jusqu’à la fin ! Les cinq premiers se sont regroupés à l’approche de l’île, ça a presque été la foire d’empoigne ! En ce qui nous concerne, nous sommes revenus à dix milles de Gedimat, nous avons vu les feux de Generali puis ceux d’Agir Recouvrement… C’était dingue ! Au bout du compte, les écarts sont minimes. Ca s’est joué à rien. C’est tout simplement un finish époustouflant ! A coup sûr, cette 13e édition restera dans les annales de la course au large ! »

La suite ?
« Dans l’immédiat, une petite bière et un bon steak. Un peu d’ombre ne fera pas de mal non plus. Ensuite, il faudra récupérer au plus vite car ça va enchaîner. Le cargo sur lequel nous devons charger les Figaro ne va pas trainer à partir pour Le Havre. Le Havre où nous avons rendez-vous pour la Le Havre All Mer Cup, la première épreuve du Championnat de France Elite de Course au Large en Solitaire, du 19 au 28 mai. Ca va venir vite. »