François Gabart : « Je suis fier de ce record »

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Les premiers mots de François Gabart à quai : « Comme Thomas l’an dernier, on est impressionné d’arriver. Je ne m’attendais pas à cela. J’avais un petit espoir de le battre. Je suis fier de tout le travail qu’on a fait. On a fait un super bateau, un super Tour du monde. C’était irréel cette nuit. J’étais tout seul avec des pêcheurs. Il y en avait un sur la ligne.

En quelques secondes je me retrouve avec tout le monde. Il faut une bonne météo, de la chance avec la météo et de la réussite et avec cela, il ne fallait pas le lâcher.

Je n’ai rien caché. C’est un record. J’ai essayé de partager un maximum. C’était dur. Par pudeur, je n’ai pas tout dit. Thomas, il nous a boosté, il m’a poussé et même Francis. Il y a moyen de faire moins. L’hiver dernier, ils m’ont fait avancer.

Je me suis dit, il faut que j’essaie de faire à fond du début à la fin, essayer d’y aller au maximum. Tous les jours, je faisais des routages et essayais de gagner des miles.

Je savais que cela allait être dur, épuisant.

Le problème technique pouvait arriver à tout moment même jusqu’à l’arrivée.

Si j’agace et que cela pousse les autres c’est bien.

Je voulais que ce Tour du Monde soit aussi beau que ce Vendée Globe. J’ai mal partout, j’ai pas dormi depuis longtemps. Ce bateau il a volé quelques temps. Bientôt, il volera complètement autour du monde. Ce qui me ferait rêver c’est de voler tout le temps autour du monde. On n’en est pas loin. Ce record, il va être battu assez rapidement. Il faut une météo. Le prochain, il va le battre de beaucoup, j’en suis persuadé.

La dorsale, ces derniers jours, on aurait pu gagner 24-36h. J’ai eu des périodes après le Horn, cela n’aurait pas changé d’être en équipage. Là j’étais fatigué.

Je suis fier du bateau et du travail fait avant, il y a 4 ans, parti d’une » feuille blanche. On est parti avec Macif, je les remercie, il fallait de l’audace. Fédérer une équipe autour de moi, d’être à la hauteur du bateau. Ils n’avaient qu’une envie c’est de foncer.

Je vis quelque chose d’aussi fort que le Vendée. J’ai aimé ce record. C’est arrivé au bon moment. Etre face à moi-même. Dans la vie, il y a des moments, et c’était le bon moment. On ne fait pas ce record sans de la chance.

Il y a de la fatigue, du soulagement. Vivre et dormir à plus de 40 nds, faire confiance au bateau. Il faut le laisser aller vite. C’est chaud. Ce retour à terre est brutal. Cette nuit j’étais un peu un animal sauvage. Les bateaux sont arrivés avec un projecteur. Je vais prendre une bonne douche et dormir.«