Depuis 24-48h, François Gabart bénéficie de conditions exceptionnelles qui lui permettent d’allonger la foulée et de faire route directe vers le Cap Horn. On sait qu’il y a un sorcier dans l’équipe avec Jean-Yves Bernod au routage mais il doit forcément il y avoir aussi un chamane qu’on nous cache. François Gabart ce n’est plus le petit Mozart de la voile mais le petit Moïse de la voile à voir les conditions idéales qui s’alignent devant lui au fur et à mesure de sa progression autour du monde. Il avait bénéficié une première fois de bonnes conditions pour foncer tout droit vers le Cap de Bonne Espérance et engranger des milles d’avance. Il récidive une deuxième fois avec une trace quasiment parfaite jusqu’au Cap Horn et le « miracle » météo devrait se prolonger encore jusqu’à la hauteur de l’Uruguay. Mais si François Gabart a de la chance, il n’est pas là où il est par hasard. Tout le monde le sait. Il y a du talent, du travail et de l’acharnement…même si cela ne se perçoit pas en images ni en vidéos. La faute à la com ? On pourra juste lui reprocher de nous faire croire que c’est facile. On voudrait presque l’entendre essoufflé, harassé, les yeux cernés, les bras ballants nous crier qu’il n’en peut plus… pour nous rappeler que cela reste une « putain d’aventure » pour paraphraser Vincent Riou parlant du Vendée Globe.

Il n’a jamais eu autant d’avance sur le record de Thomas Coville puisqu’il a ce soir plus de 1187 mn d’avance à 547 mn du Cap Horn. Elle devrait encore augmenter alors que le trimaran Macif fonce à plus de 35 nds en VMG, alors que Thomas était à 24 nds, poussé par le front de la dépression sur laquelle il s’est solidement installé, et porté par une houle longue qui vient de trois-quarts arrière et ne sollicite pas outre mesure le bateau. Des conditions idéales pour réaliser la deuxième meilleure distance parcourue par un solitaire sur 24 heures avec une session de 10 heures à 36 nœuds de moyenne.