François Gabart, admiratif de Francis Joyon

ultime MACIF at Cape Frehel during start of the Route du Rhum 2018, on November 4th, 2018 in St-Malo, north Brittany, France - Photo Benoit Stichelbaut / Alea

François Gabart va être à fond jusqu’à la ligne d’arrivée. Il fait déjà un petit bilan de sa course de son départ, de la suite avec l’avarie de Gitana puis Sodebo au chavirage d’Armel.

« Tout va bien à bord de MACIF ! », les premiers mots de François Gabart à la vacation commencent à sonner comme un jingle sur cette Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Décalé dans le Nord d’IDEC Sport hier, François Gabart a encore une fois fait preuve de lucidité et d’agilité pour se replacer pile entre son concurrent et Pointe-à-Pitre. « Je suis hyper content de ce que j’ai fait cette nuit. J’ai bien glissé pour me replacer et ce n’est pas facile car on navigue toujours dans les restes du front avec un vent très irrégulier » expliquait-il ce midi. Les problèmes de lattes (deux ont cassé avant hier) sont résolus sur le trimaran volant : le nouveau réglage n’est pas optimum, le tissu plisse, « mais ça ira très bien au portant jusqu’en Guadeloupe ».

Des alizés poussifs
Même si le ciel gris et le portant poussif n’est pas conforme à l’image d’Épinal de l’alizé, la route est maintenant toute tracée jusqu’en Guadeloupe. « Il n’y a pas d’option très marquée, ni au Nord, ni au Sud. Je vais continuer sur un rythme soutenu sans faire n’importe quoi mais il faut rester très concentré » C’est sans doute le vrai danger de cette deuxième partie de course pour François Gabart et Francis Joyon également : ne pas se laisser aller dans des conditions devenues plus amicales après trois jours à foncer pour esquiver les systèmes dangereux où les organismes et le matériel ont été très sollicités.

Concentration au portant
L’alizé qui va se renforcer n’est pas un vent d’opérette : ses grains peuvent être aussi soudains que puissants et chaque léger changement de trajectoire suppose une bonne anticipation sur ces grands multicoques. On peut compter sur Francis Joyon pour ne jamais relâcher la pression mais les chiffres ont la tête dure. De 46 milles mercredi après-midi, l’avance de François Gabart est passée à 100 milles dans la nuit et 123 au classement de ce jeudi midi. La moyenne sur 24 heures est supérieure de trois nœuds à l’avantage du leader…

Pendant ce temps, Romain Pilliard a rallié la Corogne pour remettre de l’ordre dans le gréement de son Remade-Use it again ! Il y a retrouvé Sodebo Ultim’ où l’équipe technique meule le carbone et re-stratifie les carénages de bras blessés du grand trimaran. Thomas Coville a annoncé sa volonté hier de reprendre la mer pour « finir l’histoire ». Quelque soit le timing des réparations, il faudra sans doute attendre la fin du passage de la vilaine dépression de vendredi-samedi pour quitter la Galice. À ce moment-là, il se pourrait bien que les deux leaders ne soient pas très loin d’apercevoir la Soufrière sous les nuages antillais…