Francis Joyon : »Ellen fait une bonne progression » » »

– Ellen MacArthur s’est élancée à la poursuite de ton record, as-tu suivi son début de parcours ?
Francis Joyon : Oui, j’ai vu qu’elle était partie dimanche, et j’ai immédiatement sorti des champs de vent pour voir les conditions qu’elle allait rencontrer. Elle a apparemment un petit risque de molle au passage des Canaries, au niveau du raccord avec les alizés… mais cela devrait se faire sans trop de difficultés.

– Mardi à 16 heures elle avait couvert 960 milles, avec une meilleure distance sur 24 heures de 420 milles…
FJ : Cela me paraît bien, d’autant plus qu’elle a visiblement tiré au moins un contre-bord. C’est une bonne progression.

– Connais-tu le bateau à bord duquel elle se lance à l’assaut du record ?
FJ : Je n’ai malheureusement pas vu le bateau, mais c’est un plan Nigel Irens donc cela m’intéresse beaucoup. J’ai suivi sa conception, et j’ai l’impression que beaucoup de bons choix ont été faits notamment au niveau de l’ergonomie, de son adaptation à Ellen. Nigel a une grosse expérience des trimarans océaniques, et je pense qu’il a vraiment fait ce qu’il fallait pour obtenir un bateau polyvalent.

– Pour toi qui a le parcours encore frais à l’esprit, quelle sera à ton sens la plus grosse difficulté qu’Ellen aura à affronter ?
FJ : Elle peut échapper partiellement au mauvais temps au portant, mais cela restera les parties les plus délicates à gérer… Au-delà de ça, c’est vrai que j’avais buté dans trois obstacles, dont au moins deux containers : sur une distance pareille, elle va probablement subir des chocs aussi. Pourra-t-elle surmonter les problèmes de voies d’eau que cela génère ? J’étais quand même revenu avec plusieurs tonnes d’eau dans le bateau ! Ce serait étonnant que sur une si grande distance elle passe à travers… mais j’imagine que son bateau est bien cloisonné et bien échantillonné, je ne doute pas que tout a été fait pour la sécurité.

– Au niveau physique, c’est tout de même un défi très exigeant, penses-tu que cela va lui poser des problèmes ?
FJ : Non, je ne doute pas de sa capacité dans ce domaine, elle l’a largement prouvé lors du dernier Vendée Globe. Les monocoques sont aussi très physiques, et vu l’expérience qu’elle a et ce qu’elle a déjà parcouru, je pense qu’il n’y a aucune question à se poser sur ce plan ! Elle assurera sans problème.

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