La flotte des VOR65 se trouvent à 600 mn des Kerguelen et doivent faire face aux dépressions du sud sur cette troisième étape entre Le Cap et Melbourne. La première grosse dépression a cueillie la flotte avec des rafales allant jusqu’à 56 noeuds, Dongfeng Race Team a été flashé à 33 noeuds (61 klm/h) pendant la nuit…

Au classement de 13:00 UTC, Charles Caudrelier et son équipage tiennent bon, et comptaient 8,7 milles d’avance sur leur poursuivant direct : MAPFRE. En terme de vitesse, ils naviguent à plus de 25,3 noeuds, contre 23,5 pour les espagnols. Bien que Dongfeng soit devant, si l’on regarde les distances parcourues lors des dernières 24 heures, l’égalité est parfaite : 499 milles nautiques (924 kilomètres).

Charles Caudrelier nous écrivait ce matin : « Depuis 24 heures, on a changé de mode et on a touché le vent le plus fort de cette étape. Une grosse dépression avec des vitesses records pour ce bateau, 33 noeuds, dans les rafales (allant jusqu’à 56 noeuds), avec le magique Stu à la barre ! C’est la première fois que je vois un brin de stress en lui…

Une nuit difficile et depuis ce matin, l’état de la mer est terrible, ce qui anéantit les batteries. Le programme pour les prochains jours est un peu mieux, sans être vraiment excitant : 4 jours remplis d’empannages le long de la zone d’exclusion. » 

Seulement 6 milles séparent le bateau chinois de cette zone d’exclusion, alors quelle est la tentation d’aller naviguer aussi sud ? Limiter la distance parcourue. Plus l’on navigue proche du pôle sud, moins on a de distance à couvrir, et c’est la stratégie qui semble avoir été choisie par quatre des sept Volvo Ocean 65, qui se tiennent tous à moins de 25nm de cette zone. 

En troisième postion, Vestas 11th Hour Racing pointait à un peu moins de 60 milles derrière Dongfeng, et Mark Towill, co-skipper du bateau dano-américain nous confiait : « on savait exactement ce à quoi nous attendre en venant ici, et on l’a trouvé. La nuit dernière était à fond, avec énormément de vent, et des rafales à plus de 50 noeuds. On donne tout, et on a des milles à rattraper, mais l’état de la mer est vraiment difficile, avec des vagues immenses. »

Et en plus des vagues qu’il faut négocier, il faut aussi jouer avec le vent et ses humeurs : « on a pris 3 ris plus tôt aujourd’hui. C’est plus facile et ça nous donne plus de contrôle, ça va et ça vient, mais on est assez proactifs de ce côté là. »

Il sait que ce n’est que le début, et que cette vaste dépression devrait accompagner la flotte pour les 4/5 prochains jours « on dirait que le vent ne tombe pas en dessous des 25 noeuds dans les prochains jours, ça va être à fond ! »

Et alors que certains sont lancés à pleine vitesse pour creuser leur avance, ou réduire les écarts, l’un des deux bateaux néerlandais, AkzoNobel a mis le pied sur le frein après avoir endommagé son rail de grand voile lors d’un empannage plus tôt ce matin. Aucun marin n’a été blessé, et ils ont pu affaler la grand voile afin de réparer, et naviguaient avec leur voile d’avant, pour ne pas concéder trop de distance…

Aucun répit pour les marins, ni pour les bateaux d’ailleurs. Les conditions vont rester très musclées lors les prochains jours ; le grand sud est loin d’avoir dit son dernier mot, et l’arrivée est loin tout court : 4,200 milles avant d’atteindre Melbourne !