On ne va pas convoquer Nelson (l’amiral, pas Montfort) à chaque fois qu’une navigatrice anglaise devient le marin le plus rapide d’une flotte. Ce n’est pas que la marine à voile n’a pas de sexe, ni même que les voileuses d’Albion ne le méritent pas. Bien au contraire. C’est juste qu’entre Ellen et Sam, on n’a pas fini d’user les superlatifs si elles continuent à cueillir les lauriers en moins de temps qu’il n’en faut à Keith Richards pour balancer l’intro de Satisfaction. A la vitesse d’un Eurostar sous le channel. La vitesse ? Tarif syndical, votre majesté : dix nœuds de moyenne (9,9 pour les esprits chagrins) pour Skandia entre hier et ce mercredi à 11h : 238,7 milles avalés comme de la petite bière par notre blonde anglaise au prénom de sorcière bien-aimée.
Rien de surnaturel pourtant dans ce pied de nez rieur à sa copine Jeanne et à ses virils potes d’entraînement de Port-la-Forêt. Depuis le départ, Samantha Davies navigue « propre »,  efficace. Fait de bons choix. Soigne ses trajectoires et ses réglages avec une précision plus millimétrée que le tea-time de Queen Mum avant le mariage de Charles, le tout en prenant un soin méticuleux de sa jolie monture turquoise. Ce n’est donc que justice si elle décroche à son tour ce très couru Top Chrono AG2R Prévoyance qui fait le bonheur de la dame. « Oh parfait, parfait, c’est bien ! Excellent ! Je suis contente ! » chante son délicieux accent birkinien quand Lionel Péan lui annonce la bonne nouvelle. Désormais 5e à 81 milles du leader Bostik, Samantha Davies prouve une fois de plus qu’elle n’est pas venue traverser l’Atlantique uniquement pour faire jolie. Bien placée au nord des deux sudistes Atao Audio System et Gedimat, mais au sud des leaders centristes Bostik et Crédit Maritime-Zerotwo, elle est désormais une sérieuse menace pour ses copains de l’avant.