L´amour du large…
Ce qu’Eric Drouglazet veut par-dessus tout tient en huit mots simples : Naviguer. Au large. En solitaire. A armes égales. L’affaire dure depuis vingt-deux ans pour ce basque de naissance et breton d’adoption, et pas si accessoirement ceinture noire de judo. « Eric a fait sa première régate à 15 ans, je faisais du laser avec lui, très vite il est passé à l’habitable, avec un half-tonner », explique Luc Pogonkine, son copain et premier coéquipier qui assure aujourd’hui sa communication.
Naviguer. Eric Drouglazet a satisfait cette obsession sur à peu près tout ce qui flotte et avance avec le vent, des mini 6.50 au grands trimarans open (Grands Prix sur le Sodebo de Thomas Coville) en passant par les monocoques 60´. Mais le véritable truc d’Eric est ailleurs : un vrai chevalier breton préfère toujours la lutte à armes égales. Le même bateau pour tous. Ce sera donc la classe Figaro, comme une évidence, « parce que tu navigues souvent et que tu ne passes pas ta vie au chantier », comme il confiait pendant une des vacations de ce Trophée BPE.

Champion de France 2001

Aujourd’hui âgé de 37 ans et père de famille, le navigateur de Trégunc près de Concarneau a fait ses premières armes dans la série en 1992. Cette année là, il participe à sa première Solitaire du Figaro, l’épreuve reine du circuit. Fonceur, dur au mal, incroyable barreur dans le gros temps qu’il affectionne, Eric prouve très vite qu’il faut compter non seulement avec son talent de régatier, mais surtout sur une détermination sans faille. Il gagne des étapes, impressionne… et finit par décrocher la timbale en 2001, où il entre dans le cercle très fermé des vainqueurs de la mythique Solitaire. Son bateau s’appelle alors Vitarmonyl et Eric Drouglazet empoche dans la foulée le titre de Champion de France de Course au Large. Le monde de la voile s’incline devant le Finistérien. « Droug », comme l’appellent ses concurrents et néanmoins amis est un grand marin. On peut déjà user jusqu’à la drisse les poncifs qui parlent d’eau de mer dans les veines, de mental en granit, de boucanier de la longue houle, de sanglier impossible à déstabiliser.
Pourtant, l’Atlantique se refuse à lui. Eric a beau embarquer des stars de la voile sur les Transat AG2R en double, comme la dernière où il termine 7e avec Marc Thiercelin, son copain des débuts au centre d’entraînement de Port-la-Forêt, il ne parvient pas à obtenir cette consécration sublime.