Epave en mer : Le skipper, le sponsor et l’organisateur, quid des responsabilités ?

L’OFNI est malheureusement devenu l’invité régulier de la course au large. Il en dit long sur l’état de santé de la mer et le coup de gueule régulier des marins qui s’en plaignent. Alors quand on retrouve un bateau de course à la dérive depuis 5 ans sur la route des grandes courses. Qu’en pensent les intéressés, le skipper, les sponsors et les organisateurs de course ?

En complément de l’article : http://www.courseaularge.com/trimaran-de-50-region-aquitaine-port-medoc-atlantique-retrouve.html

Le Skipper
Nous avons échangé longuement avec Lalou Roucayrol ce matin. C’est le premier intéressé. C’était son bateau. On peut imaginer sa surprise. Mauvaise sans doute de retrouver son bateau retourné flottant encore. C’est sans doute de mauvais souvenirs. « Je ne m’en désintéresse pas. Au contraire ! »
« Légalement, je ne suis plus responsable. C’est l’assurance et encore, le bateau a été déclaré comme épave donc le premier qui le trouve, le bateau est à lui. Si l’assureur (AXA) s’en préoccupe, il peut lancer un appel d’offre et tenter de le récupérer. Seulement après 5 ans, sa valeur est assez faible. Il reste un flotteur éventuellement qui semblerait être récupérable. Sinon, l’armée peut intervenir et saborder l’épave. »
« J’ai eu cette expérience sur le premier Banque Populaire. Nous avions chaviré. Le bateau a dérivé 6 mois. Nous avons attendu qu’il se rapproche plus près des côtes de Madère pour aller le chercher. Un cargo l’avait défoncé. Il n’y a avait plus grand chose à récupérer mais je m’en souciais. Nous l’avons récupéré, tronçonné et mis dans un container. Une partie a été donnée aux pompiers pour leur entraînement. »
« Quand Région Aquitaine a chaviré, mon état d’esprit sur le moment ce n’était pas d’abandonner le navire. Au contraire, on avait peur que d’autres bateaux viennent le heurter. On est resté 4 jours à bord dans des conditions éprouvantes avant d’être hélitreuillés. Un an après on a récupéré un flotteur au large des côtes américaines. Mais on n’a eu aucune nouvelle depuis. »
« S’il faut aller le chercher, je le ferai. Pour l’instant, il est beaucoup trop loin pour aller le chercher. Mais je ne m’en désintéresse pas. »

Le sponsor
Nous avons contacté la Région Aquitaine pour avoir leur avis sur la question. Quelques jours après la Cop21 et les élections régionales, le sujet d’une épave avec le logo de la Région qui traine au large de Madère ne les laisse pas indifférents. Ils devraient faire un communiqué.

L’organisateur de la Course
Le bateau Région Aquitaine / Port Médoc n’était pas en course lorsqu’il a chaviré. Il venait de faire la Route du Rhum et rentrait en France. Mathieu Sarrot, organisateur de la Route du Rhum chez PenDuick a bien voulu nous répondre sur la question. « Le cas est assez rare. J’ai beaucoup d’exemples de bateaux abandonnés que l’on a retrouvé des mois plus tard sur les côtes ou d’autres qui ont été récupérés. Cinq ans là c’est beaucoup. Nous ne nous désintéressons pas du sujet. Sur nos courses, nous obligeons les skippers à avoir une balise Argos. Les organisateurs de course n’ont aucune responsabilité sur les bateaux. On ne peut pas obliger les skippers à aller récupérer leur bateau ou à le faire sombrer. Le cas de Région Aquitaine est assez unique.»

En attendant Région Aquitaine flotte toujours au gré des flots au large de Madère. Si nécessaire, sur une idée émise par Lalou Roucayrol, Course Au Large apportera son soutien à la récupération de l’épave par la mise en place d’une souscription en ligne sur le site pour lui permettre de financer la récupération du bateau qui coûterait entre 25 000 et 70 000 € en fonction de la localisation du bateau.

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