Ne quittant jamais les premiers rôles depuis le départ de Saint-Nazaire le 3 avril dernier, Eric Drouglazet était passé en tête le 16 avril à 5 h. Il était privé de liaison satellite et ne pouvait donc plus communiquer avec la terre depuis douze jours. De plus, Eric Drouglazet ne disposait que d’informations météo extrêmement limitées pour le finish palpitant qui s’est dessiné au large de la base américaine de Guantanamo, quand toute la flotte s’est resserrée pour le sprint final.
C’est la première fois que l’arrivée d’une course transatlantique est fêtée à Cuba. A Cienfuegos, ville de 100 000 habitants surnommée « la perle du sud », l’accueil des autorités et de la population locale est à la hauteur de l’exploit d’Eric Drouglazet : formidable. Visiblement fatigué et très ému, le navigateur satisfait en ce moment même aux exigences d’une première conférence de presse. Ses suivants immédiats, Gildas Morvan (Cercle Vert) et Charles Caudrelier (Bostik) sont attendus sur la ligne dans les deux heures qui viennent. Et la lutte pour le podium est acharnée dans la baie de Cienfuegos où un incroyable regroupement général a eu lieu, alors que pendant la traversé de l’Atlantique, les écarts entre les bateaux ont été parfois jusqu’à 450 milles, soit plus de 830 kilomètres.