Leg 02, Lisbon to Cape Town, day 05, sunrise on board Dongfeng. Photo by Jeremie Lecaudey/Volvo Ocean Race. 10 November, 2017.

Dongfeng à hauteur des îles du Cap Vert mène toujours l’étape 2 et profites de bonnes conditions en tête pour accentuer son avance sur ses poursuivants MAPFRE et AkzoNobel situés à une dizaine de milles dans son tableau arrière.

« Au début, il ne se passait quasiment pas deux heures sans qu’on ait à manœuvrer, donc nous étions tous un peu épuisés, »Charles Caudrelier  A couteaux tirés depuis leur départ dimanche de Lisbonne, les concurrents de la Volvo Ocean Race en course vers Cape Town ont changé d’univers. Après les paquets de mer des trois premiers jours, voilà qu’ils doivent maintenant faire dans la dentelle avec un alizé instable. Le calme est donc revenu sur l’eau mais pas dans les esprits. Quel nuage ? Quel bord ? Quelle voile d’avant ? Et par quel degré couper le fameux Pot-au-Noir ? Toujours en tête d’une flotte qui s’est regroupée ces dernières heures, Charles Caudrelier et Pascal Bidégorry n’ont pas fini de faire et défaire. Le skipper et le navigateur de Dongfeng ont l’expérience et savent rester philosophes même s’ils viennent d’entrer dans une zone de vent faible…

« Nous avions une bonne avance sur tout le monde, avec Vestas (USA-DAN) pas loin de nous, mais trois autres bateaux sont revenus. Ils nous ont même doublé hier dans un nuage puis nous avons repris la main avec une option Ouest et là, nous sommes les premiers à entrer dans la bulle de vent faible, » confie Charles au reporter embarqué depuis le poste de barre. « Nous avons une avance mais pas épaisse au regard du petit temps qui arrive. On fait notre route vers le Sud, en espérant être les premiers à toucher du vent de nouveau car celui qui va réussir à repartir et accélérer jusqu’au Pot au Noir aura une bonne carte à jouer. Vestas est notre concurrent direct du moment, les autres sont plus à l’Ouest. Ce sont des situations compliquées à gérer, tu as toujours l’impression que l’autre a beaucoup plus de vent que toi…Il y a encore beaucoup de route devant nous et beaucoup de choix à faire avant l’Hémisphère Sud. »
A l’intérieur du bateau, on prend de vrais repas et on dort enfin. « On profite du soleil et de la température pour se laver. On fait tout en T-shirt, pas besoin de s’habiller pour aller manœuvrer et c’est aussi plus facile de dormir. Car, il est vrai que depuis le départ, on a eu très peu de repos. Au début, il ne se passait quasiment pas deux heures sans qu’on ait à manœuvrer, donc nous étions tous un peu épuisés, » poursuit-il.

« Depuis le départ nous avons bien navigué mais il y a aussi la frustration de nous être fait rattraper deux fois depuis Madère. Cette course va être super stressante, on le savait. Les bateaux sont proches avec quatre concurrents un peu plus top niveau (Dongfeng, Mapfre, Vestas et Akzo Nobel). Ça se joue mètre par mètre. » Et à propos de son bras droit, Pascal Bidégorry, le skipper ajoute. « On était dans une position de force hier et Pascal a pu aller bien dormir et se reposer pour attaquer la suite qui ne va vraiment pas être simple….»

De la part de Jérémie Lecaudey, reporter embarqué
« On bronze plus tranquille en terrasse, Pascal nous prépare son taboulé, Stu et Daryl font du tricot, Marie lit son bouquin, bref la routine s’est enfin installée. La prochaine fois, je passe commande, quand tu penses que Jerem’ a une boite de thon ! Horace a des nouilles et Pascal des croutons ! Je suis jaloux ! Heureusement, ils sont sympas et m’en ont donné un peu et j’ai découvert le pili-pili, ça déchire tout, surtout la bouche….«