Derniers préparatifs

Alexis Courcoux

Les 15 équipages se préparent pour le départ de la Transat qui partira dimanche. Une transat en double en monotype avec 3890 milles (7200 km) et 21 jours de navigation, c’est une épreuve de résistance, de combativité, une aventure humaine en huis clos. C’est sur ces fondamentaux qu’elle a construit sa légende…

Tous les 2 ans, depuis 1992, les plus grands marins s’y sont engagés et ont fait d’elle un passage obligé de la course au large. Mais à côté des cadors chercheurs d’or, amateurs éclairés et néo-figaristes y trouvent aussi une formule idéale. Traverser l’océan en compagnie d’un co-skipper qui vous suppléera 12 heures à la barre et à la moindre défaillance, compter sur une paire de bras et un cerveau supplémentaires pour manœuvrer et échafauder une stratégie, est un exercice plus rassurant et plus abordable que celui du solitaire. De même, la Transat AG2R a souvent été une rampe de lancement pour les équipages ultra-marins, une occasion pour les Antillais de mettre un pied dans un circuit dont le cœur bat en métropole. Cette 13e édition ne déroge pas à ces grands fondamentaux. Les 30 marins (15 équipages) présents aujourd’hui à Concarneau forment un melting pot d’hommes et de femmes (elles sont deux cette année) aux profils et aux parcours bigarrés. Il y a la poignée de favoris, issus de l’élite du circuit Figaro ; un équipage britannique de l’Artemis Offshore Academy ; deux tandems mixtes ; trois duos caribéens formés à l’école de Guadeloupe Grand Large et pas moins de 15 « bizuths » dont 9 n’ont jamais traversé l’Atlantique.

34 ans : la moyenne d’âge de cette 13e édition

Mais le signe distinctif de cette édition 2016 est l’arrivée d’une nouvelle génération de coureurs. Les Desjoyeaux, Le Cam ou Jourdain, présents dès les origines et qui figuraient encore sur la ligne de départ il y a deux ans, voguent désormais vers d’autres objectifs. Ils ont fait place nette pour une brochette de trentenaires représentant l’avenir de la course au large : les Hardy, Macaire, Loison, Lunven, Dalin, Brasseur, et les plus jeunes Simon, Le Turquais, Matson ou Elsey sont prêts à marcher sur les traces de leurs ainés. En 2014, avec Paul Meilhat et Gwénolé Gahinet, c’est un tandem représentant cette génération-là qui l’avait emporté à Saint-Barth.

Chacun son rêve, chacun ses ambitions

Les 15 équipages qui s’élanceront de Concarneau le 3 avril prochain vont tous vivre, pendant trois semaines, une expérience à la mesure de leurs objectifs.

Ceux qui visent la gagne (Cercle Vert, Bretagne –CMB Performance, Agir Recouvrement, Gedimat, Generali, entre autres) savent que cette course est d’une exigence folle, qu’elle demande un engagement extrême sur la durée, que son issue repose parfois sur un seul grand choix stratégique entre la route directe et la route sud. Dans cette catégorie-là, naviguer en double n’est pas qu’une histoire de partage ou de confort, c’est un moyen de pousser plus loin les bateaux.

Pour ceux qui débutent dans le circuit Figaro, La Transat AG2R LA MONDIALE est un rêve accessible. C’est celui, par exemple, des très jeunes équipages guadeloupéens Kéni Piperol (19 ans)/Benjamin Augereau (25 ans) et Arthur Bouwyn (23 ans)/Aliénor Fleury (20 ans). Pour eux, la course est un tremplin idéal, l’occasion idéale de rentrer « à la maison » auréolés d’une expérience conquise aux côtés des meilleurs figaristes du moment.

Ils ont dit :
Thierry Chabagny, GEDIMAT : « Je ne l’ai jamais gagnée, tout comme la Solitaire, donc tant que ne je ne signerai pas de victoire, je la ferai. Il y a deux ans, nous étions en tête aux Canaries, nous avons abandonné, ce fut hyper frustrant. Nous remettons le couvert cette année avec envie et détermination. »

Xavier Macaire, BRETAGNE – CMB PERFORMANCE : « J’adore le slogan de la TRANSAT AG2R LA MONDIALE : « Entrez dans la légende ». Ca me parle bien ! J’ai envie de bien faire sur cette course pour inscrire mon nom au palmarès de cette belle épreuve. C’est une course longue, un engagement important au niveau stratégique. Souvent, il y a une décision importante à prendre au milieu de l’Atlantique qui va définir la place à l’arrivée. Il n’y a aucun droit à l’erreur. La recette de la réussite ? Beaucoup d’entraînement, une bonne préparation, un bon équipier, prendre du plaisir et de bonnes options ! Ca fait pas mal d’ingrédients finalement. »

Sébastien Simon, BRETAGNE – CMB PERFORMANCE : « C’est une compétition incontournable dans le monde de la course au large. Avec Xavier (Macaire), nous sommes vraiment prêts. Nous avons beaucoup anticipé. Je suis très scolaire et cartésien, et parfois cela me bloque. C’est pourquoi j’ai fait appel à Xavier qui marche plus aux sensations et va m’apporter énormément de choses, pour la transat et tout le reste de la saison. »

Aliénor Fleury, GUADELOUPE : « C’est un rêve depuis toute petite de faire une transat en course. Nous avons été sélectionnés par Guadeloupe Grand Large. C’est une course renommée, quand on voit tous les grands noms de la voile qui y ont participé. Je ne réalise pas encore que le départ approche, l’appréhension risque d’arriver vendredi soir. »

Arthur Bouwyn, GUADELOUPE : « C’est un rêve qui se réalise. On va tout donner, pour arriver jusqu’au bout sans casse. C’est une première transat pour nous en double, ce sera une expérimentation malgré tous les entraînements. Nous avons participé à la RORC 600 où nous avons terminé premier bateau de la Caraïbe. Cela met en confiance. »

Pierre Brasseur, FULGUR EVAPCO : « C’est une transat qui compte. Il y a de bons marins qui l’ont gagnée, on sait que c’est une course difficile. La monotypie sur des bateaux lents, cela fait des écarts faibles donc une course intense du début à l’arrivée. C’est rare de faire une transat de plus de 20 jours avec potentiellement toujours des bateaux au contact. Il y a aussi une notion d’équipe qui rentre en jeu. Le dialogue est primordial, il faut être vrai tout le temps. »

Kéni Piperol, MARIE GALANTE: « Je suis passionné de mer, de voile. Ce sera un baptême, une grande première cette Transat AG2R LA MONDIALE. On va essayer de faire le mieux possible. Nous n’avons pas de pression. Benjamin, mon équipier a déjà traversé l’atlantique, il est expérimenté. Je suis trop content d’être ici à côté de Figaristes de renoms. On va essayer de rester dans leur rétroviseur le plus longtemps possible.»

Benjamin Augereau, MARIE GALANTE: « C’est un tremplin pour nous, un premier pas dans le monde du Figaro et vers le haut niveau. Si la performance suit ce sera une belle opportunité pour nous. C’est redoutable, mentalement difficile, les bateaux vont tous à la même vitesse, pour grappiller le moindre mille il va falloir s’arracher. C’est l’école de la rigueur. La monotypie est l’atout majeur de cette Transat AG2R LA MONDIALE. »

Eric Péron, BELLOCQ PAYSAGES: « La Transat AG2R en trois mots ? Transatlantique, armes égales, super compétition. J’y reviens car j’y prends beaucoup de plaisir, le niveau de jeu est excellent. La course au large, c’est encore plus sympa quand on partage. On pousse les bateaux encore plus, le niveau de jeu est plus élevé en double. J’ai fait deux fois deux podiums et j’aimerais bien la gagner. C’est vrai que figurer au palmarès de la transat aux côtés de grands noms comme Michel Desjoyeaux, ce n’est pas rien. »

Sam Matson, ARTEMIS : « C’est un gros challenge. Nous n’avons jamais fait de course transatlantique. Ce sera une grande première. C’est excitant, nous allons nous frotter aux meilleurs et avons envie de créer une petite surprise. Nous nous connaissons bien avec Robin Elsey. Même si la transat est longue, très longue, notre mot d’ordre à tous les deux, ce sera de crocher dedans, ne rien lâcher et arriver de l’autre côté ! »

A noter le départ en direct sur France3
Ce dimanche, le magazine Littoral vous propose de vivre le départ de la Transat AG2R La Mondiale en direct avec comme invité Michel Desjoyaux. De nombreux sujets viendront ponctuer cette émission spéciale : le pôle Finistère Course au large, l’équipage débutant Le Turquais – Aubry, la vie à bord d’un Figaro, mari et femme dans la course, le virage des Canaries, l’équipage confirmé Lunven – Mahé, les frères Livory (lauréats de la Master Class) dans la course, etc…

> Retrouvez les temps forts de la course dans les éditions du 12>13 et du 19>20 Bretagne ainsi que dans le Grand Soir 3.

>>> Suivez également le départ de la course en streaming sur bretagne.france3.fr

 

LES INSCRITS
Adrien HARDY / Vincent BIARNES (AGIR RECOUVREMENT)
Sam Matson / Robin Elsey (ARTEMIS)
Sébastien SIMON / Xavier MACAIRE (BRETAGNE – CMB Performance)
Gildas MORVAN / Alexis LOISON (CERCLE VERT)
Tanguy LE TURQUAIS / Hervé AUBRY (CUISINES IXINA)
Tolga PAMIR / Stéphanie JADAUD (FREE DOM SERVICES A DOMICILE)
Milan KOLACEK / Pierre BRASSEUR (FULGUR – EVAPCO)
Thierry CHABAGNY / Erwan TABARLY (GEDIMAT)
Nicolas LUNVEN / Gildas MAHE (GENERALI)
Arthur BOUWYN / Aliénor FLEURY (GUADELOUPE)
Arthur PRAT / Nicolas THOMAS (LES SAINTES)
Yannig LIVORY / Erwan LIVORY (LORIENTREPRENDRE)
Keni PIPEROL / Benjamin AUGEREAU (MARIE GALANTE)
Charlie DALIN / Yoann RICHOMME (SKIPPER MACIF)
Martin LE PAPE / Eric PERON (BELLOCQ PAYSAGES)

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