Dernière ligne droite pour David Raison

Team Work Evolution David Raison
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Le skipper du Proto que l’on doit qualifier de « révolutionnaire, TeamWork Evolution, aborde la pointe du Brésil et les premières terres depuis les îles du Cap Vert, ayant paré Fernando da Noronha hors de portée de vue. Avec la proximité du continent sud américain, l’alizé toujours bien ancré à l’est sud est va mollir quelque peu et David va devoir s’adapter à un nouveau rythme de course, dicté par la prudence aux plateformes pétrolières, au trafic et bien entendu aux ralentissements sensibles du vent à la tombée de la nuit. A 450 milles de l’arrivée et avec un conséquent matelas de près d’une centaine de milles d’avance sur l’accrocheur Thomas Normand (Financière de l’Echiquier), il peut avec sérénité gérer cette approche vers la Baie de Tous les Saints.

Disposant de plus de 50 milles d’avance sur Bertrand Delesne (Zone Large), longtemps scotché à son tableau arrière,Thomas Normand est en passe de réaliser une formidable performance. L’examen de son sillage depuis la France ne devrait guère lui laisser de regrets. Il met depuis sa sortie du pot au noir tout le charbon dont il dispose pour distancer chaque heure, chaque minute davantage les prétendants au classement général. Thomas joue contre la montre afin de combler le retard accusé à Funchal sur d’aussi sérieux « clients » que l’Allemand Jorg Riechers, le Suisse Etienne David, le Breton Guillaume le Brec, sans oublier le Normand Antoine Rioux (Festival des pains) qui en doublant aujourd’hui Fernando da Noronha doit lui aussi actionner en permanence sa petite calculatrice intérieure, et rêver d’un podium toujours accessible.

Pas moins de 6 solitaires qui convergent sur des routes encore bien espacées vers l’archipel de Fernando da Noronha qu’ils doivent laisser à tribord. Un impératif qui contraint ainsi Lucas Montagne (ONG Conseil) à serrer le vent plus que ses adversaires directs. Lucas toujours 5ème, navigue « mouillé » et plus d’un noeud moins vite que son adversaire le plus pressent, Etienne David, aux voiles moins « aplaties » sur une route plus orientale. Entre ces deux solitaires, c’est un autre Lucas, le Néerlandais Lucas Schroder qui est venu s’intercaler, faisant depuis plusieurs jours jeu égal avec les Riechers, Le Brec et autre Etienne Bertrand, discret 9ème sur Chasseur de primes. Les Protos en approche de Fernado da Noronha accèlèrent sensiblement, affichant plus de 10 nœuds de moyenne entre deux relevés.

L’est fait de la résistance
Alors que les écarts ne cessent de se creuser en Proto dans le sillage du surpuissant David Raison, c’est un tout autre scénario que nous proposent pas moins de 14 voiliers de Série regroupés en moins de 60 milles, à un petit millier de milles de Salvador et sa Baie de tous les pièges. Benoit Mariette (Odalys Vacances) ne peut décidément pas s’accoutumer à tout autre fauteuil que celui de leader ; rageur et entêté, il est venu à la mi-journée placer un petit bout d’étrave d’avance quelques hectomètres seulement au vent de Clément Bouyssou (Douet Distribution). L’infernale bande des quatre s’est ainsi reconstituée à cap et vitesse quasiment égales. A la nuance près que c’est de nouveau Gwénolé Gahinet (Asso Watever) qui joue en compagnie de Vincent Kerbouriou (CGGVeritas) le rôle du dernier mousquetaire. La cavalcade royale de ces jeunes loups du circuit, si elle semble moins contestée par les adeptes d’une route ouest, Jean Marie Oger et Renaud Mary, contraints de serrer davantage le vent, risque de subir les gesticulations de plus en plus véhémentes des partisans de l’est à l’allure travers au vent plus rapide et plus débridée.

La mer très difficile va à l’évidence freiner quelques ardeurs. Benoit Laurière (www.teamkalonig.com), Robert Rosen Jacobson (NED602) et Cyril Hoebler (Ocearium du Croisic) ont ainsi légèrement levé le pied depuis hier. Rémi Fermin, constructeur de son Proto Boréal a démâté cette nuit. C’est le voilier accompagnateur Pen Ar Clos qui a croisé à proximité cette nuit et qui a pu recueillir son témoignage. Rémi a été capable de regréer seul 9 mètres de mât. A 1 029 milles de l’arrivée, il poursuit sans assistance et sous ce gréement de fortune sa route. Il était « flashé » à la mi journée à près de … 6 nœuds.

Classement de 12h
PROTOS
1 RAISON David TEAM WORK EVOLUTION à 448,78 milles de l’arrivée
2 NORMAND Thomas FINANCIERE DE L’ECHIQUIER à 96,26 milles
3 DELESNE Bertrand ZONE LARGE à 148,88 milles
4 RIOUX Antoine FESTIVAL DES PAINS à 245,33 milles
5 MONTAGNE Lucas ONG CONSEIL à 376,61 milles

SERIES
1 MARIETTE Benoit ODALYS VACANCES à 950,13 milles de l’arrivée
2 BOUYSSOU Clément DOUET DISTRIBUTION à 0,77 milles
3 KERBOURIOU Vincent CGGVERITAS à 3,22 milles
4 GAHINET Gwénolé ASSO WATEVER à 7,5 milles
5 BEAUDART Davy INNOVEA ENVIRONNEMENT à 9,64 milles