Départ ce mardi vers les Dardanelles

Cercle vert au large de la Turquie
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Pour cette dernière étape, les prévisions météorologiques annoncent un vent de sud-est modéré, accompagné de pluies persistantes. Le franchissement des Dardanelles, en convoyage au moteur, n’aura rien d’une sinécure. Mais, compte tenu des conditions que les solitaires risquent de rencontrer, la mer de Marmara devrait proposer un cocktail particulièrement indigeste : vents d’est faibles à modérés, pluies, risques d’orages, oscillations importantes en direction ; toutes les conditions sont en place pour donner une étape à forts rebondissements.

Il ne faut pas sous-estimer les pièges de cette dernière étape. Les éditions précédentes l’ont déjà montré : entre le courant contraire provoqué par le déversoir de la mer Noire, les vents souvent erratiques et les jeux de cache cargos, les possibilités de faire l’erreur fatale qui coûte la victoire sont multiples. A l’heure de quitter Bozcaada, les solitaires abordent cette dernière épreuve avec des motivations diverses.

Gildas Morvan, fort du coup d’éclat de sa dernière étape, aborde l’ultime chapitre avec une évidente sérénité. « Il y a beaucoup d’enjeu pour ce dernier acte : Fabien (Delahaye) joue le podium, voire la victoire de la course; François (Gabart) joue comme moi à la fois la course et le championnat… et Jeanne, il ne faut pas l’oublier, n’a que 9 minutes de retard sur François… J’attends les derniers modèles pour me faire une idée plus précise, mais a priori il y aura assez de vent pour progresser et jouer : ce serait du près, à tirer des bords dans 10 à 15 nœuds de nord-est. C’est plutôt un avantage pour moi car bien moins aléatoire qu’une pétole ou du vent arrière très faible. »

Pour François Gabart, la donne est plus complexe. Victime d’une panne de ballast, l’ancien leader de l’épreuve oscille entre la frustration de voir la première place s’éloigner, de même que le titre de Champion de France de Course au Large en Solitaire, et le sentiment d’avoir jusque là navigué très proprement. Pour les autres, il flotte déjà un petit air de vacances sur la Cap Istanbul. Difficile en effet, de se motiver encore à 100% quand on n’a plus grand chose à espérer au classement général.