Défi Atlantique. 4 jours pour rejoindre La Rochelle

Les 10 Class40 engagés sur le Défi Atlantique, 32 marins répartis en double voire jusqu’à 4 hommes d’équipage, selon le bon vouloir des skippers, après avoir rejoint Horta la semaine dernière sont repartis pour la deuxième étape qui devrait les conduire en 4 jours à la Rochelle.

Presque une semaine après son arrivée victorieuse dans la première étape du Défi Atlantique, l’équipage d’AINA Enfance et Avenir entend bien conserver la tête du classement sur ce dernier morceau de l’épreuve : 1 300 milles entre les Açores et la Charente Maritime. Le départ a été donné lundi à 15 heures, heure de Paris. Aymeric Chappellier, Rodrigue Cabaz et Éric Quesnel, qui comptabilisent aujourd’hui une avance de près de neuf heures sur leurs dauphins au classement partent favoris mais Kito de Pavant n’a pas dit son dernier mot.

« Ça s’annonce sympa, mais toujours avec des histoires de fronts », annonce Aymeric Chappellier. « On a essayer de rejouer la même stratégie, c’est-à-dire partir devant, accélérer et rester en tête pour être sûr que ce n’est pas là qu’il y a un coup à jouer ! », s’amuse le skipper du Class40 aux couleurs de l’association AINA Enfance et Avenir. Reste que s’il plaisance, le navigateur ne part pas avec un autre objectif que celui de s’imposer à La Rochelle. « Je l’avais déjà dit avant même le départ de la première étape : le but pour nous c’est d’arriver en tête à la maison ! », rappelle Aymeric, bien conscient cependant que la concurrence est des plus remontées. « J’ai effectivement l’impression que les autres n’ont pas très envie qu’on refasse la même. Je sens bien qu’ils l’ont un peu en travers et que là, ils sont un peu énervés pour cette deuxième étape », ajoute Aymeric dans un sourire.

Et cette nouvelle étape justement, à quoi va-t-elle ressembler, dans les grandes lignes ? « On va partir dans une petite dorsale, avec quand même un peu de vent dedans, mais très vite, une dépression va nous arriver dessus. Le vent va monter progressivement jusqu’à 25 nœuds avec des rafales à 30. On sera sur du portatif et la route devrait être assez rapide jusqu’au cap Finisterre. Après, en revanche, c’est plus incertain, la faute à une petite bulle. En clair, au début, la stratégie va être assez simple puisqu’on va monter au nord et jiber quand le baromètre va commencer à diminuer un peu. Dans le golfe de Gascogne, ça risque en revanche de devenir plus complexe avec des passages à niveau et, par ricochet, des coups d’élastique. Il faudra être frais et lucide jusqu’au bout. Et évidemment être devant ! », ajoute Aymeric qui sait que comme lors de la première manche, il faudra avant tout soigner ses trajectoires. « Il faudra bien se gratter la tête pour être dans le bon tempo dans le front, bien réussir à lire entre les lignes des routages, être précis, ne pas s’emballer et toujours bien savoir ce que l’on joue », termine Aymeric Chappellier qui devrait rejoindre son port d’attache samedi ou dimanche prochain, en fonction de l’évolution de la météo.

Kito de Pavant vise le top 3.  » Ca pourrait se compliquer dans le golfe de Gascogne qui va surement nous réserver quelques surprises avec probablement de la pétole. » confiait Kito avant le départ.
Si la première partie de la traversée s’annonce assez peu ouverte aux options stratégiques, la course de vitesse pourrait bien être chamboulée à l’approche de l’arrivée : « Une fois encore, les fichiers météo ne sont pas d’accord entre eux. Soit tout se passe bien et on arrive au portant, assez vite, samedi matin. Soit on traverse une zone de pétole bien dense dans le golfe de Gascogne et on arrive au près dimanche. Il y a donc beaucoup d’incertitude sur l’arrivée, on ne sait pas trop à quelle sauce on va être mangé… » ajoute Kito.

Kito et Alex ont « un job à finir et cela ne va pas être facile ». L’équipage italien d’Andrea Fantini (4ème à Horta) qui reste inchangé pour cette seconde étape*, compte bien tirer le meilleur de son « Enel Green Power ». « Les Italiens ont montré qu’ils savaient faire du bateau ! Leur Class40 est le premier de Guillaume Verdier, un excellent bateau dans tous types de temps. Ce sont des clients sérieux ! Mais je pense qu’on a tous des armes différentes selon les bateaux. Il va y avoir une belle bagarre. On ne s’attend pas à gagner des places au classement mais on s’attend surtout à essayer de ne pas en perdre ! »

Classement provisoire
1- Aïna Enfance et avenir (Aymeric Chappellier) : 9 jours, 15 heures, 46 minutes et 19 secondes

2- Earendil (Catherine Pourre) : 10 jours, 00 heure, 44 minutes et 40 secondes

3- Made in Midi (Kito De pavant) : 11 jours, 00 heure, 45 minutes et 50 secondes.

4- Enel Green Power (Andrea Fantini) : 11 jours, 06 heures, 17 minutes et 53 secondes

5- Campagne de France (Miranda Merron) : 11 jours, 08 heures, 15 minutes et 45 secondes

6- Athena Groupe Immobilier – Mer Entreprendre (Thibault Hector) : 11 jours 10 heures 42 minutes 51 secondes

7- Colombre XL (Charles-Louis Mourruau) : 11 jours 20 heures 59 minutes 27 secondes

8- Edenred (Emmanuel Le Roch) : 12 jours 01 heure 40 minutes 58 secondes

9- Yoda (Franz Bouvet) : 12 jours 07 heures 44 minutes 28 secondes

10- Esprit Scout (Marc Dubos) : 12 jours 09 heures 33 minutes 12 secondes

11- Tibco (Loïc Fequet) : DNF première étape. Toujours en mer à l’heure où nous écrivons ces lignes.