Début des (vraies) hostilités

Jeanne Grégoire - Banque Populaire
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Il suffit de jeter un œil rapide aux trajectoires suivies depuis la nuit dernière pour s’apercevoir que cette fois, les douze solitaires de ce Trophée BPE Saint-Nazaire Cienfuegos de Cuba sont dans le vif du sujet. Après avoir dessiné un premier étranglement, les routes ont éclaté en bouquet, puis se sont de nouveau rapprochées. En un mot, les trajectoires ne sont plus parallèles. Même si tous ont dans la tête d’aller chercher dans l’ouest pour passer un front qui les autoriserait ensuite à descendre sous spi vers les Açores, on note avec intérêt que les sudistes – Total, Entreprendre au Pays de Lorient, Little Black Shark et Coutot Roehrig – ont une nette tendance à rejoindre l’idée du peloton de tête sur sa route médiane.
A l’opposé, Dominic Vittet sur Atao Audio System revient lui aussi dans cet axe : alors qu’il semblait confiant dans sa route nord voilà 12 heures, il a étonnamment accepté de perdre du terrain en croisant copieusement la route de Gedimat, lequel persiste au plus nord de la flotte. Comme il n’a pu être joint à la vacation de ce midi, on ne sait pas quelle est l’idée exacte de Dominic. L’espoir d’Armel Tripon, lui, est de toucher le premier une rotation au nord-ouest qui lui permettrait de recoller au peloton de tête. A la vacation de ce midi, en duplex entre le PC presse de Saint-Nazaire et le Yacht Club de France, il était d’ailleurs intéressant de constater que le nordiste évoluait dans un flux différent des autres Figaro Bénéteau. « Je touche du sud-ouest de l’ordre de 18 nœuds » expliquait Armel Tripon, alors que tous les autres concurrents évoluaient au près dans  «un flux d’ouest de 13 à 15 nœuds », comme notaient Marc Emig (Total) et un Gildas Morvan qui avait hissé son Cercle Vert en deuxième position, juste derrière le Banque Populaire de Jeanne Grégoire, en tête pour la première fois depuis le départ.
« C’est la belle et la bête en tête » , s’amusait Lionel Péan. «Avec Gildas, on ne se quitte pas » confirmait Jeanne, évidemment pas mécontente d’être la première femme en tête d’une course en solitaire depuis l’odyssée d’Ellen MacArthur.  «Jeanne m’a un peu énervé à me doubler cette nuit », répondait le principal intéressé, « mais il y a du vent, grand soleil et ciel bleu…  ça ne peut pas aller beaucoup mieux !»