Après sa belle victoire d’étape, Adrien Hardy est 2è ce matin au classement général à 12″ du 1er Nicolas Lunven. Après avoir manqué la 1ère étape de peu, il s’impose sur cette étape compliquée et reste l’un des prétendants à la victoire finale. Récit d’Adrien:
Sur les pontons de Concarneau, Adrien est groggy de fatigue, mais savoure sa victoire : « On était très proche les uns des autres, notamment lors de la dernière heure. C’était très intense, les dernières dizaines de minutes de l’étape sont difficiles à décrire. J’avais une bonne vitesse et malgré une immense fatigue, j’ai été plutôt à l’initiative : j’ai déclenché le premier empannage, je passe 3e à la Cardinale et j’ai réussi à enchaîner des empannages avec des superbes manœuvres, très fluides et rapides. Je suis revenu à hauteur des deux premiers puis Nicolas m’a repassé et dans les 500 derniers mètres on été sous génois, le vent a adonné et je suis allé à l’avant pour préparer l’envoi du spi : j’ai temporisé, Nicolas et Erwan ont manœuvré pour envoyer leur spi, ce qui les a un peu ralentis, j’ai finalement décidé d’attendre, j’ai gardé mon génois et ma bonne vitesse…
C’était une étape difficile avec des ruptures de vent et de rythmes, où il était difficile de tout comprendre en stratégie. J’ai été appliqué sur les réglages, les algues, les empannages, les manœuvres. Sur cette étape, d’autres ont été des leaders plus réguliers, je sais ce que sais que de perdre une étape si proche de la fin, comme la 1ere, je savoure celle-là !
Pour le passage de la Cardinale, je me suis dit que jamais on pourrait la rejoindre sur un bord, et donc qu’il fallait empanner. J’ai choisi de m’abriter du courant en restant au plus près de la côte. C’était très impressionnant, d’habitude on traverse la Chaussée de Sein avec ou contre le courant, mais pas de travers : il y avait quasiment 4 nœuds de courant et 50° de dérive, une marche en crabe… il fallait vite traverser pour rejoindre l’ile de Sein, puis le long de la Chaussée sinon je partais en dérive comme les autres. Il y a avait des gros remous, j’entendais le bouillonnement dans les cailloux … En plus d’être un bon moment du point de vue des sensations, ça a très bien fonctionné. Je voyais le feu des copains qui était devant : 1, 2, 3 puis les 10 se rapprocher progressivement, mais je ne pensais pas gagner autant j’avais imaginé 2 milles, mais pas 13 milles ! C’était un grand moment. »
Sans aucun doute cette 2e étape Gijon-Concarneau rentrera dans le top 10 des étapes d’anthologies de la Solitaire du Figaro : de la pétole à la fois persistante et inopinée, de la houle résiduelle harcelant les tableaux arrière des bateaux, des retournements de situation hollywoodiens et d’abondantes options stratégiques au résultat variable. Dans ce paysage, Adrien a su marquer des points aux moments cruciaux et bénéficié du zest de réussite pour s’imposer sur le fil à Concarneau. Il réussit une bonne opération au classement général en revenant un peu sur le leader et en consolidant sa 2e place par rapport à un certain nombre de favoris. Les figaristes auront peu de repos avant le départ de la 3e étape de 120 milles Concarneau-Concarneau jeudi à 12h !