Les coureurs du Pôle Finistère en réussite

Stage Figaro au Pôle Finistère Course au Large - © DR

Christian Le Pape et son staff sont assez contents des résultats de leur poulain et sont confortés dans l’idée que les entraînements collectifs, basés sur des valeurs humaines font recette. Une philosophie, et une manière de fonctionner, qu’ils s’emploient à transmettre dès le circuit Figaro, véritable école de la course au large, où ils accompagnent les jeunes vers le haut niveau et l’excellence.

Une Transat entre New-York et la Vendée en guise de galop d’essai.
«C’est la première fois que les prétendants à la victoire pour le prochain Vendée Globe s’affrontent tous en solitaire. Cette course sera donc révélatrice. Il y a un plateau intéressant,et les bateaux semblent plus fiables même s’ils ne sont pas à l’abri de chocs avec des objets indétectables, comme ce début de course vient de le montrer» note Christian Le Pape, à propos de la New-York – Vendée, qui s’est élancée de la «Grosse Pomme» dimanche dernier. Une Transat, sur laquelle le Directeur du Pôle Finistère Course au Large déplore l’abandon prématuré d’Armel Le Cléac’h, victime d’une collision avec un OFNI (objet flottant non identifié), et suit de près, les sept skippers du centre d’excellence toujours engagés. Des marins, qui se sont préparés ensemble dans les eaux de Port-la-Forêt, entre confrontations au large, et stages météo sous la houlette de Jean-Yves Bernot. «Nos coureurs ont eu une préparation ciblée en amont, et ils ont reçu nos derniers routages avant de s’élancer. Ils devraient mettre un peu moins de dix jours à rallier les Sables d’Olonne, et naviguer au portant, dans un vent médium, 25% du temps» indique Christian. Des conditions qui, comme il le souligne, n’avantageront pas forcément les foilers, mais au-delà du débat autour de ces appendices, c’est l’humain, qui, pour le directeur du Pôle, reste prépondérant. «Le facteur technologique, même s’il est important, n’est pas totalement déterminant. C’est une traversée de l’Atlantique en solitaire, avec tous les aléas que cela comporte, et c’est avant tout la capacité à être en harmonie avec son bateau, et à tirer tout son potentiel, qui fera la différence.»

Carton plein sur la Transat Anglaise
Hors-jeu, Armel Le Cléac’h lui, ne pourra pas tirer toute la quintessence de sa machine, lui qui venait de remporter la Transat Anglaise devant Vincent Riou, le skipper de PRB, qui n’a jamais lâché, malgré la perte de deux voiles cruciales au Cap Finisterre, en début de course. Moins entraîné à la barre de son nouveau StMichel-Virbac, Jean-Pierre Dick n’a pas attaqué comme il l’aurait souhaité, mais il complète un podium 100% Pôle chez les IMOCA. «Le plateau était faible, nous devons donc relativiser et faire preuve d’humilité. Mais une fois encore, les marins les mieux préparés en IMOCA, ont été les plus performants» note Christian le Pape à propos de ce résultat. Il ajoute : «Cela confirme l’importance des stages. Ils permettent d’aller chercher les limites du bonhomme et de la machine, et il vaut mieux le faire entre Port-la-Forêt et les Glénan, qu’au large de Terre Neuve !» Une remarque valable pour les ULTIM, où la rapidité avec laquelle François Gabart a pris son multicoque en main pour s’imposer, a créé la surprise : «François a montré qu’il était capable de s’adapter rapidement. Il y a encore peu de concurrents en ULTIM, mais le plateau devrait s’étoffer l’an prochain, et nous espérons pouvoir faire des stages, comme celui organisé au mois d’avril. Nous avons prouvé que c’était constructif, et hyper intéressant !» s’enthousiasme Christian, ravi de la dynamique sportive, collective et humaine, qui prend forme autour de ces multicoques géants.

Coaching renforcé sur le Circuit Figaro
Cette dynamique qui fait recette au plus haut niveau, le Pôle Finistère l’inculque aux jeunes coureurs qui font leurs gammes sur le circuit Figaro. Dans ce cadre, Jeanne Grégoire les suit sur les épreuves importantes du calendrier, comme la Le Havre Allmer Cup, qui se courait la semaine dernière. Son coaching a été plébiscité par les bizuths, comme les skippers plus expérimentés. «On avait prévu un stage de deux jours pour prendre des repères et apprivoiser le plan d’eau, mais à leur demande, il a été prolongé d’une journée. Les skippers avaient des voiles neuves, et ils ont pu affiner leurs réglages et trouver des sensations. On a vraiment bien travaillé !» se réjouit Jeanne. «Pour avoir une bonne vitesse, prendre de bons départs, et être fluide dans les manoeuvres, il faut s’entraîner. Tout le monde l’a bien compris et s’est donné à fond. C’était super agréable de voir cette dynamique au sein des coureurs. Ils ont bossé ensemble, dans un bel état d’esprit ! » ajoute-t-elle, à propos de cette épreuve remportée par Charlie Dalin, devant Yoann Richomme et Gildas Morvan. Un nouveau podium pour le Pôle qui sera à nouveau présent auprès de ses coureurs, sur la Solitaire Bompard- Le Figaro, épreuve reine de la saison dont le départ sera donné le 19 juin prochain à Deauville.

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