Le coup de gueule du RORC contre la triche, les solutions en Figaro 3

Andrew McIrvine, RORC Commodore at the Opening Party, Royal Yacht Squadron

Andrew McIrvine, président du Royal Ocean Racing Club a écrit à Kim Anderson, Président de la World Sailing afin qu’il prenne des mesures contre la triche dans la voile qui devient de plus en plus développée à tous les niveaux.
Dans sa lettre, McIrvine qui est aussi le secrétaire Général de l’Association des Maxis, dénonce également la culture vélique du « ce n’est pas de la triche tant que vous n’êtes pas pris » qui se répand. Il s’insurge en particulier contre les marins professionnels qui ont désespérément besoin de vitesse pour maintenir leur niveau de vie.

McIrvine déplore cette situation alors que la voile a toujours eu l’habitude de s’auto contrôler. Il considère que ce temps-là est révolu et il estime nécessaire que le World Sailing prenne ses responsabilités et fasse la police pour gérer ce problème. La lettre a été écrite en janvier 2018 et publiée sur le site de world sailing récemment.

McIrvine n’y va pas par quatre chemins. En France le problème existe également et ce dans toute les classes où règne pour certaines, une véritable omerta au détriment de notre sport. Les classes monotypes sont forcément les plus touchées. Diam, Figaro, J80, J70 toutes sont confrontées à ce problème. Elles manquent généralement de moyens comme la FFV pour contrôler davantage. Les organisateurs se déchargent sur les classes. Les médias traditionnels ou médias de la voile (comme Course au Large) entendent des choses mais ne sortent rien faute de cas précis, tangible. On (Course au large) ne se voit pas saborder la carrière d’un skipper, on supporte les classes, on protège un écosystème que l’on sait fragile. Dans la voile, on n’est pas encore comme dans le vélo avec les affaires de dopage mais tout le monde se porterait peut-être mieux si ces questions ne se posaient pas. Le cas le plus retentissant dans la voile restera celui en AC45 avec l’équipe Oracle dont l’équipage avait rajouté sciemment du poids avant de se faire prendre. Un équipier avait écopé d’une lourde sanction.

En Figaro par exemple, avec l’arrivée du nouveau Figaro Bénéteau 3, tout un process est en train de se mettre en place pour garantir l’équité sportive et la monotypie mais surtout lutter contre certaines dérives qui se sont passées avec le Figaro 2. Un secret de polichinelle dans la classe alors que quasiment rien n’est paru ou sorti.

La classe va donc mettre en place un passeport bateau. Yannig Livory, président de la classe nous en explique son mécanisme : « « Pour faire le suivi des bateaux nous allons développer un logiciel qui comprendra trois parties, la 1re étant la carte d’identité du bateau (numéro, avec mât, quille, etc.), la 2e le certificat de conformité du bateau – qui sera suspendu automatiquement dès que l’on fera une modification et redeviendra actif après une contre-visite, ce qui permettra d’avoir un meilleur contrôle –, la 3e la vie du bateau, où seront consignés tous les événements (déquillage, changement d’équipement, batterie, etc.) permettant une meilleure traçabilité. Pour cela, nous allons étoffer notre équipe de mesureurs.

Ce que l’on souhaite, c’est de pouvoir contrôler l’état de la carène. Nous n’avons pas trouvé de solutions techniques pour faire des contrôles visuels. Il n’y aura pas d’antifouling spécifique, mais des adhésifs sur des œuvres vives ou œuvres mortes de la coque.

Toute personne qui veut intervenir sur un bateau devra être membre de la Classe, sous la terminologie « membre intervenant technique ». Ce qui nous permettra de savoir qui fait quoi sur les bateaux. Ces personnes s’engageront à respecter les règles de la Classe, ou à défaut seront exclues. Nous devons être irréprochables. C’est le bon moment avec ce nouveau bateau pour instaurer de bonnes règles pour la Classe. »