Corbella et Marin BWR
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Leur course peut être divisée en trois phases distinctes : la bataille pour la tête de course en Atlantique, la défense de leur troisième place dans l’océan Indien et la bataille pour la deuxième place depuis le Pacifique jusqu’à l’arrivée.

GAES Centros Auditivos est sorti du détroit de Gibraltar en 4e position après une descente express de la Méditerranée. Comme les autres membres du trio qui le précédait, Anna et Gerard améliorent le temps de référence de Virbac-Paprec 3 dans l’édition précédente. Le 5e Renault Captur pointe déjà à 80 milles derrière. Jusqu’aux îles Canaries, après 200 milles de batailles d’empannages intenses, GAES Centros Auditivos se mêle à la bagarre pour la tête de course. Il traverse l’archipel des Canaries, bord à bord avec Neutrogena et Cheminées Poujoulat, en empruntant le canal entre Fuerteventura et Gran Canaria. A la sortie de l’archipel, Anna et Gerard pointent à la 2e place, 25 milles derrière le leader Hugo Boss. Une bonne négociation des bascules de vent dans les alizés leur permet, le 8 janvier, de prendre la tête de la course à l’approche de l’archipel du Cap-Vert. Mais la traversée de l’archipel se révèle plus favorable à Neutrogena et Cheminées Poujoulat.

Hugo Boss reprend la tête de course, pendant que GAES Centros Auditivos retombe à la 4e place. Mais les écarts restent très faibles. Au moment d’aborder le Pot au noir, Hugo Boss passe à la vitesse supérieure. GAES Centros Auditivos se retrouve bientôt à 100 milles du leader à la sortie de la Zone de Convergence Intertropicale. Mais peu après avoir passé l’équateur, Hugo Boss démâte. Anna et Gerard sont alors à 160 milles du leader de la course. Dans le même temps Neutrogena et Cheminées Poujoulat parviennent à s’échapper par devant. Au moment d’arrondir le cap de Bonne Espérance, GAES Centros Auditivos accuse un retard de 600 milles sur les nouveaux leaders de la course, Bernard Stamm et Jean Le Cam.

Le Grand Sud : de la défense à l’attaque

Dans l’océan Indien, la première préoccupation d’Anna et Gerard est de contenir les assauts de Renault Captur qui est revenu à 150 milles du tableau arrière de GAES Centros Auditivos. Les deux équipages jouent avec les limites de la zone d’exclusion des glaces. De ce duel, GAES Centros Auditivos sort vainqueur avec 240 milles d’avance à la longitude du cap Leeuwin. Le combat change d’âme quand, le 10 février, Neutrogena annonce qu’il doit se dérouter vers la Nouvelle-Zélande. A ce moment-là, Guillermo Altadill et José Muñoz sont à 1200 milles devant l’étrave d’Anna et Gerard. Mais quand Neutrogena revient dans la course dans le Pacifique Sud, son détour et son arrêt à Bluff lui ont coûté cher. GAES Centros Auditivos n’est plus qu’à 100 milles du tableau arrière des deuxièmes. Décidés à se battre pour cette deuxième place, Anna et Gerard poussent leur bateau, n’hésitent pas à multiplier les empannages le long de la zone d’exclusion des glaces pour revenir le 21 février à 8 milles seulement du tableau arrière de leur adversaire. Pendant ce temps, Renault Captur avait annoncé son arrêt technique. La possibilité d’un podium devenait de plus en plus tangible. Malgré tout Neutrogena parvient à creuser de nouveau l’écart et passe le cap Horn avec une avance de 120 milles.

Bagarre jusqu’au bout en Atlantique

Revenus en Atlantique Sud, Anna et Gerard ne lâchent rien. Suivant les options, les effets d’accordéon jouent dans un sens ou dans l’autre. GAES Centros Auditivos traverser l’équateur avec un retard de 230 milles. En Atlantique Nord, l’avance de Neutrogena tombe à 100 milles avant que dans les alizés, l’écart ne se creuse de nouveau. En arrivant sur les Canaries, Anna se blesse au genou dans une chute. Gerard doit assumer les manœuvres en solitaire pendant plusieurs jours. Pendant ce temps, Neutrogena franchit Gibraltar avec un peu plus de 300 milles d’avance. Le 29 mars, GAES Centros Auditivos coupe la longitude de Tarifa, entrant en Méditerranée le long de la côte espagnole. La traversée de la mer d’Alboran est rapide, porté par une brise d’ouest. Mais après le Cabo de Gata, les vents d’ouest s’écroulent laissant la place à des régimes de brises thermiques. Les derniers milles sont tranquilles mais lents… Comme si la Méditerranée voulait les laver de leur tour du monde difficile et de la lutte implacable qu’ils ont dû mener jusqu’au bout.