Code orange pour Spindrift

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Offshore training with Maxi Spindrift 2 in preparation for the Jules Verne Trophy. (Photo © Chris Schmid/Spindrift racing)

La fenêtre pour partir battre le record du Trophée Jules Verne semble enfin se présenter pour l’équipage de Spindrift après une longue attente. Le bateau est à Brest et pourrait partir dans les 4 jours qui viennent. Yann Guichard veut se donner toutes les chances de réussir à battre le record de Francis Joyon et d’Idec en visant le meilleur chrono jusqu’au Cap de Bonne-Espérance. Une stratégie qu’il nous décrivait l’année dernière.

 » Le record va être dur à battre. On sait exactement quel temps on doit atteindre sur le premier tronçon Ouessant-Cap de Bonne Espérance. En partant on a une visibilité météo à 7-8 jours. On sait donc au moment où on décide de partir à peu près où on sera. L’important pour nous ce n’est pas l’Equateur, c’est le Cap de Bonne Espérance. C’est ce qu’on a vu avec le record que tente François Gabart où il a pu couper « le fromage » là où Thomas était descendu plus au sud le long des côtes brésiliennes. Quand on sera à l’Equateur, on saura exactement le temps qu’on est capable de faire au Cap de Bonne Espérance. Pour moi, c’est la limite où on peut décider alors de faire demi-tour ou pas. Après 3-4 jours de mer, on va se retrouver au Cap Vert, puis 7-8 jrs de visibilité devant nous, cela fait 10-11 jours qui nous amène au Cap. On n’a donc pas besoin d’attendre l’Equateur pour savoir si on continue ou pas.

En regardant Joyon (Idec Sport), ils sont passés dans un trou de souris et ils ont pris le risque d’y aller…
C’est vrai mais ils sont arrivés au Cap pas dans un super temps mais ils ont vu, quand ils étaient au large du Brésil, se former un train de dépressions qu’ils pouvaient prendre pour dérouler tout l’Indien. Francis savait qu’il avait 45 jours à battre mais pas 40 jours comme nous aujourd’hui ! Si on se retrouve dans les mêmes temps qu’Idec au Cap de Bonne Espérance alors que dans l’Indien ils sont allés très vite, il faudrait que nous ayons la même chance que lui plus un meilleur Atlantique nord où là, il a enfoncé encore plus le clou. Il est allé aussi vite à l’aller qu’au retour sur cette portion du parcours.

Il te faudrait plus d’1 jour d’avance au Cap de Bonne Espérance…
L’idéal c’est de passer le Cap de Bonne Espérance en 11-11,5 jours. Après on peut le passer en 12,5 jours mais avec un Indien qui serait aussi bien que celui d’Idec. Ce record va être dur à aller chercher. C’est pour cela que cela ne servirait à rien de continuer si on arrive au Cap de Bonne Espérance en 13 jours avec un Indien qui ne s’annoncerait pas fantastique. On ne pourrait pas battre ce record. Il vaut mieux faire demi-tour et se remettre en Stand-By. On a des points de passage assez précis et le Cap de Bonne Espérance est vraiment important. On le voit avec François.

Tu es prêt à descendre beaucoup plus sud…
Cela dépend de beaucoup de paramètres. Descendre sud, cela a un intérêt si la météo est bonne mais ce n’est pas toujours le cas. On peut très bien passer au nord des Kerguelen parce qu’en-dessous il n’y a pas de vent ou les conditions ne sont pas adaptées. Maintenant, c’est clair que si on peut raccourcir le parcours, c’est une option à envisager avec les glaces et les conditions météos qu’on aura devant nous. La dernière fois, on n’est pas descendu parce qu’on était en course à deux bateaux et on n’avait pas eu les conditions météos. Francis les a eues l’année dernière et il a pu aller tout droit. Là, cette année, on va pouvoir naviguer complètement en mode record, sans surveiller un adversaire en mode course.

Ce trophée Jules Verne, c’est une belle aventure, c’est un voyage avec une équipe formidable et un bateau exceptionnel. Cela va être très très difficile de battre ce record.