Class40. Multiplast a commencé la construction de son premier Class40 avec VPLP

Le Class40 par VPLP et Multiplast Clak40

Il y a une vrai effervescence au sein de la class40 avec la Route du Rhum en perspective et deux tours du monde en préparation. Devant la forte demande, Multiplast se positionne avec VPLP comme un nouvel acteur fort de son expérience en Imoca.

Multiplast a démarré le 1er décembre la construction du moule de son tout premier Class40, qui sera mis à l’eau en juillet prochain. Fruit d’une collaboration avec le cabinet VPLP, ce 40 pieds commandé par l’Italien Andrea Fornaro (voir ci-dessous) sera suivi d’un deuxième exemplaire mi-août pour Nicolas d’Estais (voir ci-dessous), voire d’un troisième en vue de la Transat Jacques Vabre. Yann Penfornis, directeur général du chantier vannetais, explique ce tournant stratégique.

Etait-ce une volonté de votre part de mettre un pied dans la Class40 ?
Oui, c’est une décision stratégique pour nous, à laquelle nous réfléchissions depuis un an et demi. Pour plusieurs raisons : d’abord parce que ce sont des bateaux intéressants techniquement ; ensuite parce que la Class40 est clairement en train de s’étoffer, avec des courses qui vont de l’inshore à l’offshore – y compris, désormais, des tours du monde – et touchent à la fois l’amateur éclairé et le skipper professionnel ; et enfin parce qu’on imagine, dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale, que les sponsors s’intéresseront sans doute dans les mois qui viennent à des projets plus raisonnables. Ce qui nous plaît aussi, c’est de collaborer avec VPLP : nous avons des habitudes ensemble depuis longtemps et un voisinage immédiat qui rend les choses très simples.

Est-ce un pari sur l’avenir ?
Oui, c’est un pari économique, parce que nous avons décidé de casser la logique de faire payer les moules au premier client, qui est celle des projets Ultimes et Imoca : ces équipes se paient des moules pour faire des bateaux, avec la possibilité derrière de les amortir partiellement en les louant à d’autres teams. En Class40, comme les budgets sont plus petits, nous nous sommes dit que c’était au chantier de prendre le risque d’investir dans le moule, en misant sur le fait de fabriquer plusieurs bateaux derrière. C’est extrêmement rare pour nous de prendre ce risque. La dernière fois, c’était pour le Formule 40 Jet 40 en … 1986 ! Et il n’y avait pas eu de second bateau construit, ce qui avait un peu refroidi Gilles Ollier (fondateur de Multiplast). Là, nous avons considéré avec Dominique Dubois que c’était le bon moment pour le faire. Et pour l’instant, ce pari nous donne raison, puisque nous avons obtenu un accord de principe pour un deuxième bateau pour Nicolas d’Estais (voir ci-dessous). Le premier sera livré mi-juillet, le second mi-août, et nous sommes en mesure de sortir un troisième bateau dans les délais pour la Transat Jacques Vabre. L’objectif est de trouver un troisième client.

Est-ce aussi un challenge technique pour vous ?
Oui, parce que c’est notre premier Class40, nous avons donc envie de nous donner les moyens de construire un très bon bateau. La complexité de ce projet est de faire un bateau léger en infusion, ce qui nécessite d’aller très loin dans le traitement des détails. L’autre chose intéressante, c’est que les équipes clientes n’ont pas la même dimension que celles auxquelles on peut avoir à faire sur des Ultimes ou des Imoca. Ici, on va livrer le bateau clés en main, alors que d’habitude, les postes accastillage, peinture ou gréement sont traités directement par les teams. Et je dois dire que c’est assez agréable de gérer la totalité du projet, ce que nous ne faisions plus ces dernières années sur les bateaux de course.

Andrea Fornaro et Nicolas d’Estais, premier servis !

« Le projet s’est lancé le jour où on a vu des scows arriver et marquer une différence assez sensible au niveau des performances, ce qui allait forcément induire un renouvellement de flotte, explique Vincent Lauriot-Prévost, cofondateur de VPLP. Cela faisait un bout de temps que l’on voulait entrer dans cette classe, c’était l’occasion d’y aller, d’autant que Multiplast était d’accord pour jouer le jeu et construire plusieurs exemplaires. Une rencontre avec un skipper a fini de nous convaincre. »

En l’occurrence avec l’Italien Andrea Fornaro, qui, après deux participations à la Mini-Transat (16e en série en 2015 et 5e en proto en 2017), souhaitait se lancer en Class40 sur un projet ambitieux après s’être d’abord familiarisé au support sur Tales II, loué à Loïc Féquet. « J’ai été mis en relation avec VPLP et Multiplast par un ami, je suis très content de travailler avec eux. Nous avons pas mal échangé autour du bateau, mon objectif est qu’il soit polyvalent, je suis aussi très attentif au confort à bord, à la facilité de manœuvres et à la fiabilité, mais là-dessus, j’ai 100% confiance, je suis sûr qu’ils vont me faire un bateau solide », confie le Transalpin. Andrea Fornaro mène ce projet, en vue de la Transat jacques Vabre, avec un skipper russe, Igor Goikhberg, (ils ont terminé 7e de la Normandy Channel Race en septembre), avant de s’attaquer l’année suivante à la Route du Rhum.

L’attelage VPLP/Multiplast et la possibilité de disposer d’un bateau neuf dès l’été prochain ont également convaincu un autre marin issu de la classe Mini, Nicolas d’Estais, de passer commande : « VPLP et Multiplast, c’est la dream team ! s’enthousiasme celui qui a terminé deuxième de la Mini-Transat 2019 en série. J’ai eu l’occasion de visiter Multiplast, on a plus l’impression d’être dans un chantier d’aéronautique qui fait aussi des bateaux de course, on sent qu’il y a zéro concession sur la qualité, c’est très carré. Quant à VPLP, j’ai adoré leur approche, ils ont pris le temps d’interroger des navigants, des maîtres voiliers, des entraîneurs comme Tanguy Leglatin, pour avoir leurs retours d’expérience afin d’être le plus juste possible. On sent que c’est vraiment leur volonté de se développer sur ce circuit. »

Ce que confirme Vincent Lauriot-Prévost : « On a effectivement mené notre petite enquête, on a redessiné les bateaux existants en les passant dans notre logiciel de CFD pour déterminer les avantages et les inconvénients des différentes options. Toute cette période préparatoire et exploratrice, qui nous a pris trois mois, a clairement représenté un investissement pour nous, mais on avait décidé de le faire. »

A quoi ressemblera ce premier Class40 « made in » VPLP/Multiplast ? « Nous n’avons pas essayé de concevoir un bateau très optionnel, mais plus de miser sur la polyvalence, répond l’architecte. “Il y a beaucoup de côtes contraignantes dans la jauge qui empêchent d’aller chercher des gros bords de cadre, mais on bénéficiera tout de même des dernières évolutions, notamment au niveau des formes avant et sur la ligne de franc-bord. » Résultat des courses en juillet prochain.