@ C. Breschi

La skipper du Mini 6.50 TBS aura tout donné jusqu’au bout ! Au terme d’une étape de 10 jours entre La Rochelle et Gran Canaria, compliquée et fatigante en raison notamment des vents faibles à négocier lors des derniers jours de course, Clarisse Crémer s’impose sur la 3e marche du classement Série, après une belle bagarre pour la deuxième place avec Rémi Aubrun. Constamment aux avant-postes depuis le départ le 1er octobre dernier, Clarisse Crémer a prouvé une nouvelle fois qu’il faut compter avec elle sur cette Mini Transat La Boulangère.

Clarisse, tu boucles cette première étape à la 3e place, c’est une satisfaction pour toi ?
« C’est une grande satisfaction ! Surtout que je n’ai pas écouté les classements pendant toute l’étape… Etant donné que ça ne sert pas à grand-chose stratégiquement, j’écoutais uniquement la météo et après je coupais. Comme ça je faisais ma course sans me préoccuper du reste. Ce matin j’ai écouté le classement pour la première fois depuis le départ et j’ai entendu que j’étais quatrième ; je me suis dit qu’il y avait peut-être une place à gagner donc j’ai barré toute la journée. J’étais déjà trop contente d’être quatrième ce matin, alors avoir récupéré une place c’est vraiment chouette. Je suis vraiment très heureuse. Cette première étape était un gros kiff, je n’ai jamais été autant heureuse d’être en mer. J’avais vraiment l’impression d’enfin profiter, sans me demander si je serai prête pour la Mini Transat puisque de fait j’y étais ! »

Comment s’est passée cette première étape ? Comment t’es-tu sentie ?
« Je ne m’étais jamais sentie aussi bien en bateau, c’était vraiment super ! Même quand on était empétolé, je m’en fichais, ça pouvait durer plus longtemps, j’étais vraiment très contente d’être en mer. En fait je me suis rendu compte que sur toutes les courses précédentes j’avais toujours au fond de moi l’objectif de la Mini Transat. Sur cette étape je n’avais plus cette petite musique, j’y étais, donc j’ai profité de chaque moment. J’ai  adoré du début à la fin, c’était génial. D’ailleurs si on me donne quelques vêtements propres et de la nourriture, je pourrais presque repartir dès maintenant pour la deuxième étape ! »

Tu as pris la tête de la flotte à la faveur de ton option ouest au large du Portugal, comment as-tu fait ce choix ?
« Je ne me rends pas compte de ce que j’ai pu prendre comme option par rapport aux autres. Notre météo est assez basique, j’ai vraiment essayé de naviguer au plus logique à chaque fois, de faire les bords les plus rapprochants possibles, d’essayer de jouer les bascules. Je faisais des choses hyper claires dans ma tête. J’ai hâte de regarder la cartographie pour voir ma trace, voir ce que j’ai compris ou non sur le plan d’eau, de me faire mon debrief. »

Ensuite tu es tombée dans une bulle sans vent et tu as vu tes concurrents revenir sur toi, tu es même passée de la première à la dixième place, comment gère-t-on sur l’eau ? Comment rebondit-on ? Comment trouve-t-on la niaque ?
« C’est le genre de conditions dans lesquelles je suis tout à fait capable de devenir folle. Et là j’étais contente de moi parce que j’étais hyper sereine, j’ai fait marcher mon bateau autant que je pouvais dans la pétole. Et je pense que de ne pas écouter les classements m’a sauvée parce que si j’avais su que je perdais beaucoup de terrain, ça m’aurait mis un gros coup au moral. De toute façon tu ne peux rien faire, tu dois faire avec le vent que tu as, donc ça ne sert à rien de se préoccuper des autres. »

Place maintenant à quelques jours de repos. As-tu beaucoup de travaux à effectuer sur le bateau ?

Quel est ton programme des prochains jours ?« J’ai quelques bricoles à gérer sur le bateau mais dans l’ensemble il est en pleine forme. En revanche on vient de me jeter à l’eau avec mes derniers vêtements secs… Donc ma priorité va être d’en trouver d’autres car mon sac n’arrive que dans trois ou quatre jours ! » La seconde étape de la Mini Transat La Boulangère entre Gran Canaria et Le Marin (Martinique) s’élancera le mercredi 1er novembre.