Clap de fin pour la Martinique Flying Regatta

La première édition de la Martinique Flying Regatta s’est terminée ce dimanche après 6 jours de courses où toutes séries à foils : GC32, KiteFoil, Windfoil, Moth et Onefly, Flying Phantom s’en sont données à cœur joie. Le plan d’eau, la baie de Fort de France, a un superbe potentiel pour les supports volants.

Après une semaine de compétition, les deux meilleurs de chaque classe se sont affrontés sur un finish – une course de vitesse « le Karibea Speed Challenge » : une ligne droite depuis le large jusqu’au fort Saint-Louis de Fort de France de 0,4 mille.

Les KiteFoils à la fête
C’est assurément les KiteFoils qui ont le plus profité du plan d’eau et des conditions de vent idéales 15-20nds – ils ont démontré qu’ils étaient les plus rapides, les deux premiers Axel Mazella et Kieran Le Borgne sont respectivement arrivés premier et second sur le Karibea Speed Challenge. C’est donc Axel Mazella qui remporte le premier prix : un week-end pour deux dans un des hôtels Karibea de la Martinique. Au cours des cinq derniers jours, les Kitefoilers ont participé à 12 courses, dont un raid côtier de 26 milles hier. C’est un sans faute pour Axel Mazella systématiquement suivi par Kieran Le Borgne puis Morgan Lagravière, le skipper du Vendée Globe.

« C’était vraiment une belle journée de finish, le vent était moins fort, 10-12 noeuds en début de journée puis est monté jusqu’à 15-16 noeuds, nous avons dû utiliser des voiles plus larges » conclut Mazella, dont la vitesse maximale cette semaine a atteint les 38 nœuds. «C’était un chouette événement et dans le bon timing, nous sommes mieux ici à naviguer sous le soleil plutôt qu’en Métropole où l’hiver est déjà bien installé ! Si l’événement est reconduit en 2019, je signe tout de suite, je serai là ! »

De beaux duels en GC32
Les deux GC32 ont bien profité du plan d’eau. Logiquement, le NORAUTO de Franck Cammas a pris le dessus sur Team France Jeunes, skippé par Robin Follin mais après d’âpres batailles. Cela souligne le chemin parcouru par les équipiers de Team France jeunes et l’excellence de la filière qui a été développée à la suite du projet Team France de Franck Cammas dans la Coupe. C’est une vraie réussite quand on voit le niveau atteint aujourd’hui. « L’événement est à la hauteur de nos attentes, j’espère que d’autres GC32 répondront présents l’année prochaine. La baie est tout juste un spot idéal ici – une mer plate et des alizés. Le raid côtier jusqu’au Rocher du Diamant a ajouté une touche exotique et a pimenté l’épreuve. »

Anthony Rezzoug roi des Moths 
Sur le rond des Moths, tout s’est joué entre le français Anthony Rezzoug et le suisse David Holenweg, toujours loin devant le restant de la flotte. « Je suis très content ! » conclut Rezzoug rayonnant. « Je navigue sur des Moths depuis très longtemps et c’est ma première grande victoire, je garderai d’autant plus un merveilleux souvenir de cette première Martinique Flying Regatta ! J’espère qu’il y en aura d’autres !« . Benoit Marie, la star de la classe avait malheureusement cassé dès le deuxième jour de compétition.


Onefly, la série qui monte
7 Onefly étaient inscrits mais ce sont les membres du team Beijaflore qui se sont livrés à un beau duel toute la semaine. Julien Villion s’est battu pour conserver son avance et gagner d’un point sur son coéquipier Guillaume Pirouelle, habituellement plus devant lui.
« Cela fait trois jours que je me bats pour être aussi rapide que Guillaume qui a remporté toutes les courses des trois derniers jours« , confie Julien Villion. Guillaume Pirouelle perd le titre sur le Raid côtier d’hier avec une 5ème place et un coefficient x3 qui lui coûtent cher.

Dans la série Windfoil, il y a eu une belle bataille entre Trevor Caraes (neveu du vainqueur du Trophée Jules Verne et Vendée Globe Jacques Caraes) et Thomas Lequesne. Tout deux n’ont eu de cesse de terminer premier ou deuxième.
C’est finalement Trevor Caraes qui l’emporte. « Je suis heureux de remporter cette première édition de cette nouvelle course, c’était un superbe événement, le vent était au rendez-vous tous les jours. Je reviendrai certainement l’année prochaine. »

Hélène Noesmoen, membre de l’équipe de France de RS:X féminine olympique, a terminé cinquième au classement général dans le Windfoil. « C’était un événement incroyable avec beaucoup de navigation et du beau temps tous les jours – venteux, ensoleillé et chaud. Sur la longue distance d’hier, le paysage était époustouflant et les longues vagues étaient agréables à surfer. Je n’ai jamais navigué dans des vagues comme ça. En fonction de la date des essais olympiques l’année prochaine, j’espère être de retour accompagnée de nombreux autres planchistes en RS:X. »

Interview bilan de Manfred Ramspacher, à l’origine du concept sportif de l’événement MARTINIQUE FLYING REGATTA et responsable de SIRIUS EVENEMENTS organisateur nautique de la manifestation.

« Manfred, nous sommes à l’heure du bilan pour cette 1ére édition de la MARTINIQUE FLYING REGATTA, quel est le vôtre en tant qu’organisateur ? »
MR – Comme toute première édition créer de toutes pièces une nouvelle histoire n’a pas été simple et a demandé beaucoup de persévérance : la distance, le caractère novateur avec toutes ces séries à foil rassemblées pour la première fois, l’effort à fournir pendant près d’un an pour convaincre les coureurs à venir en terrain sportif inconnu, la nécessité pour les équipes de part et d’autre de l’Atlantique d’apprendre à se connaître ; mais quand je vois et j’entends le retour des coureurs unanimement positif après cette semaine magnifique je me dis que cela en valait la peine ; tout cela évidemment n’aurait pas pu être possible sans l’engagement fort des institutions publiques Martiniquaises que sont le Comité Martiniquais du Tourisme et la Collectivité Territoriale de Martinique, ainsi que le Grand Port Maritime de Martinique , la Ville de Fort de France, la Ligue de Voile de Martinique et tous les autres partenaires.

« Qu’est ce qui explique le succès de cette première édition si l’on en croit tous les témoignages exprimés par les compétiteurs ? »
MR – C’est d’abord l’exceptionnel plan d’eau de cette baie de Fort de France ; le mot n’est pas exagéré et l’on entendu de la bouche de coureurs qui ont régaté dans tous les meilleurs plans d’eau du monde ; l’étendue de cet espace maritime, son caractère protégé en tant que baie fermée, la régularité et la stabilité du vent, la mer plate en toutes circonstances, en font un plan d’eau à la hauteur de ceux des plus grandes manifestations internationales comme l’America’s Cup ; ces qualités sont de plus particulièrement adaptées aux supports à foils qui ont besoin de vent régulier et de mer plate ; le plan d’eau me fait penser à la baie de Palma Majorque qui accueille une des plus belles manifestations de voile en Méditerranée , la Copa Del Rey ; enfin la beauté et la diversité des paysages entres les deux rives nord et sud sont remarquables, le rocher du Diamant contourné pendant le parcours côtier de vendredi laissera à tous un souvenir très fort ; et enfin l’accueil à terre par les équipes martiniquaises en particulier pendant les 3 soirées a été fait avec beaucoup de chaleur.

« Quel est à votre avis le potentiel de développement de cet événement ? »
MR – Il est à mon sens très fort ; créant des événements depuis une vingtaine d’années et ayant dirigé les plus grandes manifestations françaises de course au large ou de régate internationale je sais que la première édition est clé : soit on recueille l’adhésion des coureurs et on peut très vite s’attendre à une croissante forte les années suivantes, soit on ne convainc pas et l’événement a peu d’avenir ; on peut construire en quelques années avec la MARTINIQUE FLYING REGATTA un événement de plusieurs centaines de supports, sur ce concept original que j’ai proposé, et qui donne à la Martinique un rayonnement international comparable à celui de la Route du Rhum en Guadeloupe

« Qu’y a t’il à améliorer après cette édition originale ? »
MR – Evidemment il y a plein de choses à améliorer : l’anticipation dans toute la préparation en amont, la cohésion entre les équipes d’organisation en mer et à terre, et à développer le lien avec la Ligue de Voile de Martinique qui a fait un superbe boulot ; il faut aussi à mon sens travailler le lien avec la population Martiniquaise pour être capable de la mobiliser comme c’est le cas par exemple dans le Tour des Yoles ; les coureurs qui étaient basés à la plage de la Française ont été frappés du nombre de martiniquais qui sont venus les voir et leur poser des questions sur le fonctionnement de leurs belles machines à foil.

« Il y aura donc une 2ème édition de la MARTINIQUE FLYING REGATTA en 2019 ? »
MR – C’est évidemment aux institutions publiques Martiniquaises de décider mais je l’espère ; dans tous les cas il faudra que je dise rapidement aux responsables des différentes séries avec qui nous travaillons aussi toute l’année sur d’autres projets de bloquer les calendriers pour l’année prochaine, le salon nautique en décembre prochain est d’ailleurs généralement le lieu de ce type d’annonce et le bon timing de préparation tant pour les coureurs que les organisateurs.